Le Vietnam a fait d'importants progrès sur le plan du développement au cours de la dernière décennie, et il est de mieux en mieux intégré dans l'économie mondiale. Le gouvernement a fermement pris en charge son programme de développement et il a démontré avec constance qu'il utilise efficacement l'aide qu'il reçoit à ce titre. Le taux de pauvreté n'a jamais été si bas : le nombre de Vietnamiens gagnant moins de 1,25 $US par jour est passé de 64 % en 1992 à 21,5 % en 2006. Selon les estimations, le produit intérieur brut du pays s'est accru au rythme de 6 % en 2008, et ce, en dépit de la récession mondiale.
Ces succès obtenus par le Vietnam se reflètent dans ses indicateurs sociaux, qui se sont grandement améliorés. Le pays a déjà atteint les Objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies pour ce qui est de l'éradication de l'extrême pauvreté et de la faim et de l'amélioration de la santé maternelle. Il a réduit les taux de mortalité juvénile de moitié entre 1990 et 2007 et devrait réussir sous peu à garantir à tous les Vietnamiens un accès à l'éducation primaire.
En 2011, le Vietnam occupait le 128e rang sur 187 pays pour ce qui est de l'indice du développement humain établi par le Programme des Nations Unies pour le développement. Selon la Banque mondiale, le Vietnam est un pays à faible revenu; le revenu moyen par habitant y était de 790 $US en 2007. Ce piètre résultat est en partie attribuable au fait que certains groupes de population ― particulièrement les pauvres vivant en région rurale et les minorités ethniques ― profitent moins que les autres de la croissance économique. En outre, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale sont d'avis que le Vietnam est très vulnérable aux effets du ralentissement économique mondial, principalement en raison des répercussions sur les échanges commerciaux, les investissements et les envois de fonds.
Bien que le système politique du Vietnam soit dominé par un parti unique, certains signes donnent à penser que le gouvernement fait preuve d'une transparence et d'une responsabilisation accrues. Par exemple, le gouvernement a davantage recours aux approches participatives et a amélioré la gestion des finances publiques. Les réformes se font surtout sentir dans le cadre des travaux de l'Assemblée nationale. Cela dit, le droit à la liberté d'expression et le droit à l'association demeurent une grande source de préoccupations.
Le passage prévu du Vietnam à la tranche inférieure des pays à revenu intermédiaire soulève des défis nouveaux et plus complexes. Par exemple, les réformes du système de justice et du régime de réglementation du pays devront être approfondies et élargies pour permettre au pays d'assurer le maintien d'une croissance équitable. De telles réformes sont également nécessaires si le Vietnam souhaite favoriser le bon fonctionnement des marchés et un sain climat d'investissement. Parallèlement, le processus actuel de décentralisation des comptes de finances publiques et de la prestation de services gouvernementaux exacerbe la pression exercée sur les gouvernements provinciaux, relativement moins solides. Le Vietnam devra accorder une importance particulière à l'agriculture et au développement rural pour réussir à réduire la pauvreté de manière durable.
En 2009, dans le cadre du nouveau plan d'action pour accroître l'efficacité de l'aide du Canada, le Vietnam a été désigné comme l'un des pays ciblés par l'ACDI. Le programme actuel de l'ACDI cadre avec les priorités du gouvernement du Vietnam en matière de réduction de la pauvreté. Il met l'accent sur la mise en place d'un environnement propice à l'investissement et sur l'appui au développement des entreprises rurales et à la productivité agricole. Les objectifs de développement du Vietnam sont énoncés dans son plan quinquennal en matière de développement économique pour 2006-2010 (PDF, 774 Ko, 147 pages) (en anglais). Les réformes et les objectifs de croissance économique et de réduction de la pauvreté y sont présentés pour quatre grands domaines :
L'ACDI accorde une importance particulière à l'accroissement de la productivité agricole, particulièrement à l'échelle des provinces, en facilitant l'accès des agriculteurs et des organismes gouvernementaux à une assistance technique et à d'autres services, et ce, afin de contribuer au perfectionnement des techniques de production et de récolte et d'améliorer la sécurité alimentaire et la qualité des aliments.
L'ACDI met surtout l'accent sur les réformes du système de justice et des politiques, sur les changements institutionnels nécessaires à une croissance axée sur le marché ainsi que sur la stimulation du développement des petites et moyennes entreprises (PME) rurales. L'ACDI accorde aussi une importance particulière à l'accroissement des compétences professionnelles, en améliorant l'accès aux programmes de formation technique et professionnelle ainsi que la gestion de ces programmes.
Le Vietnam est reconnu mondialement comme un chef de file de l'utilisation efficace de l'aide, et ce, grâce à une vision locale bien ancrée, à sa capacité de prise en charge et à la mise en œuvre d'une stratégie vietnamienne cohérente de réduction de la pauvreté.
Le Vietnam fait figure d'exemple en matière de coordination et d'harmonisation de l'aide des donateurs, tant sur le plan des politiques que sur le plan opérationnel. Ses principes d'engagement et de coopération sont énoncés dans la Déclaration d'Hanoi sur l'efficacité de l'aide (PDF, 38 Ko, 4 pages) (en anglais), qui adapte la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide (PDF, 1,55 Mo, 26 pages) au contexte vietnamien. L'ACDI et d'autres donateurs et partenaires du développement participent activement au processus de coordination lancé par le gouvernement du Vietnam relativement au groupe consultatif de donateurs.
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