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Aider les Philippines à se relever

Par Laura Sheahen, en collaboration avec CARE, à Ormoc, aux Philippines

© CARE/ Peter Caton
Michelle Gestopa, six ans, jette un coup d'oeil par-dessus un panneau au milieu de son village détruit près d'Ormoc, aux Philippines.

« Bangon Ormoc! »

Cette phrase est gribouillée en Tagal sur des murs qui ont été dénudés de leurs balustrades par le typhon Haiyan. Elle est écrite sur des planches de contreplaqué empilées près de poteaux électriques tordus.  Elle est inscrite sur des t-shirts. Dans la ville d'Ormoc, qui a pratiquement été rasée par la force destructrice du typhon, cette phrase signifie : « Levez-vous! »

La population des Philippines est en train de se lever.

La force du typhon Haiyan était paralysante, mais les habitants d'Ormoc, eux, ne sont pas paralysés. Des tas de câbles entourent des équipes d'électriciens qui tentent de rétablir le courant. Plusieurs magasins rouvrent leurs portes. Bien qu'ils manquent de provisions et qu'ils ne soient éclairés que par la lumière extérieure, ils sont là. Dans un marché à ciel ouvert, on s'échange d'importants produits comme des lampes de poche, des barbecues, des oranges et, bien entendu, des bouteilles d'eau, dont on a grandement besoin.

Des personnes qui ont vu leurs biens projetés par des vents de 370 km/h me sourient et me saluent en anglais. Malgré leur grand nombre, ils font la queue et attendent patiemment devant les banques et les stations de recharge de téléphone alimentées par génératrice. Par deux fois, j'ai acheté quelque chose et je suis partie sans demander la monnaie; des personnes m'ont couru après pour me la remettre.

Les villages aux abords de la ville s'activent au son des marteaux et des scies. Prenez n'importe lequel d'entre eux, et vous verrez que la moitié de ses hommes sont sur les toits à effectuer les réparations nécessaires pour se protéger de la pluie. Ils retirent des clous de morceaux de bois repêchés et les redressent pour les réutiliser. Bien qu'ils n'aient pas assez de matériaux de construction, ils tirent le maximum de ce qu'ils ont à leur disposition.

CARE travaille avec ses partenaires pour offrir des secours d'urgence aux communautés dévastées par le typhon Haiyan. Dans le cadre de notre réponse initiale, nous tenterons d'envoyer de la nourriture, des abris et d'autres articles salutaires non alimentaires à 200 000 personnes (40 000 familles). CARE travaille non seulement pour répondre aux besoins humanitaires urgents, mais tente aussi d'aider les communautés à se relever au cours des mois et des années à venir.

Le gouvernement du Canada a contribué de façon significative à ces efforts en offrant des fournitures d'abris et de quoi équiper des cuisines, en plus d'avoir généreusement versé un million de dollars canadiens à CARE pour offrir des abris d'urgence à 20 000 familles matriarcales et vulnérables dans les provinces de Leyte et de Leyte du Sud.

Cette semaine, CARE a distribué de la nourriture à ces villages. En attendant patiemment leur tour sous un soleil de plomb, les membres de la communauté parlent de leurs maisons et me protègent avec leurs parasols.

« Si on pleure, ça ne nous rendra pas nos maisons », me confie dans un village une petite fille de 14 ans remarquablement calme. Sa maison a été décimée par le typhon et elle vit maintenant avec des proches. Alors que nous observons des hommes retirer des débris des salles de classe, je lui demande ce qu'elle fait pour passer le temps maintenant que l'école est fermée. « Nous chantons », me dit-elle avant de s’exécuter.

Bien entendu, ce ne sont pas toutes les victimes du typhon Haiyan qui ont le coeur à chanter. Plusieurs familles ont subi des pertes douloureuses. Mais dans cette région des Philippines, la population démontre une patience et une résilience extraordinaires alors qu'elle commence à reconstruire.

Un panneau affichant la phrase « Bangon Ormoc! » se trouve au sommet d'un bâtiment démoli où flotte le drapeau des Philippines. Sous le slogan, on retrouve un autre message, cette fois écrit en anglais : « Nous sommes sans abris, sans toit—mais nous ne sommes pas sans espoir. »