- Format FLV, 52,1 Mo, 4 m 27 s
Transcription
Le Dr Mark Walker a fondé l'Obstetrics and Maternal Newborn Investigations Reasearch Group, un groupe de recherche en obstétrique et en santé des mères et des nouveau-nés. Il travaille à l'Hôpital d'Ottawa à titre de spécialiste en périnatalogie.
Il a récemment effectué un séjour au Kenya dans le but de comprendre pourquoi tant de mères y meurent durant la grossesse ou l'accouchement.
Quel était le motif de votre dernier voyage en Afrique ?
J'ai toujours souhaité me rendre dans un pays quelconque et agir sur la mortalité maternelle, car nous savons tous que dans les pays en développement, les taux sont cent fois plus élevés qu'en Amérique du Nord ou que dans le reste du monde.
Quel accueil vous a-t-on réservé ?
Un accueil incroyable à tous les égards, que ce soit de la part du monde politique, du monde de la santé ou de la population même. Ils savent très bien que la mortalité maternelle est un fléau, et ils sont très ouverts à tout moyen qui permettrait de la réduire.
Chaque année, 500 000 femmes décèdent en raison de complications liées à la grossesse ou à l'accouchement.
Où les décès chez les mères surviennent-ils le plus souvent ?
La majorité des décès surviennent à la maison. Parmi les femmes que nous avons rencontrées, sept sur dix ne reçoivent pas de soins prénataux de la part d'un personnel qualifié autre que les sages-femmes traditionnelles. Elles ne disposent d'aucun médicament pour enrayer des problèmes comme une hémorragie post-partum ou pour traiter une infection post-partum. Elles donnent donc naissance dans des conditions qui sont loin d'être optimales.
Quels sentiments cela a-t-il fait naître chez vous ?
Cela m'inspire beaucoup. Je pense que nous avons un bon système de santé ici. Je suis très fier d'être Canadien. Je pense que ce serait merveilleux si, en tant que citoyens du monde, nous pouvions aider d'autres pays dans une certaine mesure. Nos interventions n'ont pas besoin d'être complexes, elles peuvent être très simples et en même temps très efficaces.
« À titre de président du G8 en 2010, le Canada prendra la tête d'une initiative majeure visant à améliorer la santé des mères et des enfants dans les régions les plus pauvres du monde. » Stephen Harper, premier ministre du Canada
Que pensez-vous de l'initiative du premier ministre Harper ?
Encore une fois, je suis très fier d'être Canadien. Je me réjouis que notre gouvernement aille de l'avant et pose un geste aussi responsable. Savez-vous pourquoi, à mon avis, cet objectif est le plus important de tous les Objectifs du Millénaire [pour le développement] ? Le taux de mortalité maternelle est probablement le seul indice d'efficacité du système de soins de santé d'un pays donné. Les données sur les taux de mortalité maternelle en disent long sur toutes les autres statistiques du système de santé. Les répercussions favorables de la réduction de la mortalité maternelle sur la famille, sur la prochaine génération d'enfants, sont majeures. J'ai donc été ravi et heureux que notre premier ministre prenne cette mesure.
Quelles répercussions cette initiative pourrait-elle avoir ?
Je crois qu'elle influera positivement sur l'infrastructure dans chaque pays en développement, car elle améliorera la santé des populations. Ce serait là un pas important vers l'éradication de la pauvreté, vers le développement de l'économie et vers la santé des collectivités.
Quelle incidence cette initiative pourrait-elle avoir sur les mères, surtout celles qui sont infectées par le VIH ?
Elle aura pour effet de réduire le taux de mortalité, mais aussi, et cela est tout aussi important, elle donnera aux mères la chance de s'adresser pour la première fois de leur vie à un travailleur de la santé, de se faire tester pour le VIH, de commencer à prendre des antirétroviraux au besoin, de prolonger leur vie de plusieurs années et de protéger leur famille. De plus, il est possible d'empêcher la transmission du VIH pendant l'accouchement.