Action antimines : le combat se poursuit après la fin de la guerre
- Environ 100 millions de mines terrestres sont en réserve dans le monde et quelque 2 millions sont posées chaque année.
- Selon les conclusions d'une étude réalisée par le Comité international de la Croix-Rouge sur l'utilisation de mines terrestres dans le cadre de 26 conflits de 1940 à 1995, celles-ci ne procurent aucun avantage stratégique au moment d'une guerre.
- En conformité avec l'article 7 de la Convention d'Ottawa, le Canada a détruit sa dernière réserve de mines terrestres le 3 novembre 1997.
- Le Canada s'était engagé à verser 172 millions de dollars au Fonds canadien contre les mines terrestres entre 1998 et 2008.
Action antimines
Le défi du développement dans le monde
La vision internationale
La stratégie de l'ACDI à l'égard des mines terrestres
Action antimines
En Afghanistan, une équipe de déminage fait preuve d'une grande prudence en ratissant le sol pour débusquer les tueurs redoutables qui s'y cachent, détectant et désamorçant les mines terrestres. En Colombie, une équipe d'éducateurs renseignent les membres des collectivités sur les dangers des mines enfouies dans leur milieu. Enfin, dans la région minée de Casamance, au Sénégal, un collège canadien partage son savoir-faire avec les cliniques locales dans le domaine du développement d'orthèses et de la technologie des prothèses. Il s'agit de quelques exemples des activités réalisées avec l'aide de l'ACDI pour réparer les dommages infligés aux particuliers et aux collectivités par les mines et travailler avec d'autres pays à un monde sans mines.
Le défi du développement dans le monde
Largement utilisées au cours de la Deuxième Guerre mondiale, les mines terrestres sont depuis fabriquées dans le monde entier. Comme le prix d'une mine terrestre oscille entre 3 $ et 30 $, il s'agit d'une arme peu coûteuse et privilégiée dans les pays les plus pauvres, qui sont pourtant les plus mal équipés pour faire face à leurs conséquences à long terme. Des compétences et un matériel très spécialisés sont nécessaires pour les désamorcer, ce qui entraîne des coûts pouvant atteindre 1 000 $ par mine. Toutefois, le coût réel des mines terrestres est incalculable.
Les mines enfouies dans le sol sont des engins qui disposent d'une capacité meurtrière pendant des décennies. Or, au fil des ans, les frontières sont redessinées, les populations se déplacent et les registres des endroits où elles ont été posées sont égarés. Leurs victimes, si elles n'en meurent pas sur le coup, sont sérieusement blessées. Elles imposent un lourd fardeau aux familles et laissent des cicatrices psychologiques qui ravivent les souvenirs douloureux de la guerre. S'inscrivant dans le contexte des grands enjeux associés au dossier de la personne handicapée et du développement, l'aide aux victimes est une entreprise à long terme, car les besoins des victimes ne se résorberont jamais. Malgré les progrès réalisés, il y a encore beaucoup à faire.
Les mines terrestres ont des répercussions plus graves sur la vie des pauvres en milieu rural. De plus, le déminage est la condition préalable à tout autre type de développement, ajoutant ainsi aux défis à relever pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement :
- Réduire de moitié l'extrême pauvreté et la faim ― Des hectares de terre arable sont laissés en jachère parce que les gens ne cultivent pas le sol de crainte de frapper une mine, empêchant ainsi l'accès au secteur économique le plus susceptible d'offrir un emploi aux plus démunis et de les rendre autonomes.
- Réduire des deux tiers la mortalité des enfants de moins de cinq ans ― Parmi les victimes des mines terrestres, on compte un nombre démesuré d'enfants, qui souvent sont inconscients des dangers et de l'emplacement des champs de mines. Les mines papillons, par exemple, ressemblent à s'y méprendre à un jouet et ont blessé un nombre incalculable d'enfants curieux.
- Assurer l'éducation primaire pour tous ― Les mines terrestres empêchent les enfants et les enseignants de se rendre à l'école. De plus, bon nombre d'enfants doivent abandonner l'école pour remplacer les travailleurs et les soutiens de famille tués par des mines terrestres.
La vision internationale
Chef de file d'une démarche diplomatique novatrice et dynamique, le Canada a mis de l'avant le processus qui a conduit à la Convention d'Ottawa. En plus de sensibiliser l'opinion mondiale aux divers aspects du problème des mines terrestres, la Convention incite les États membres à ne pas produire, stocker ou employer de mines terrestres, exige que les États aux prises avec ce fléau nettoient les champs de mines dans un délai de 10 ans, détruisent les réserves de mines au plus tard quatre ans après la ratification de la Convention et veillent à fournir une aide aux survivants blessés par l'explosion d'une mine.
En 1997, en raison de l'empressement de la communauté mondiale à créer un monde sans mines, les 122 États parties à la Convention au départ sont parvenus rapidement à une entente. Les négociations ont duré moins d'un an, et la Convention d'Ottawa est entrée en vigueur le 1
er mars 1999. Il s'agit du premier accord liant les parties en réponse au problème des mines terrestres et d'un appel en vue de faire progresser l'action humanitaire.
La stratégie de l'ACDI à l'égard des mines terrestres
Le Canada a créé le Fonds canadien contre les mines terrestres, lui consacrant 172 millions de dollars entre 1998 et 2008.
Du fait de l'omniprésence des mines terrestres et de la nécessité d'intégrer l'action antimines à d'autres aspects du développement durable, un esprit de coopération et de relations complémentaires a animé dès le départ l'action mondiale antimines. L'ACDI intègre des aspects de l'action antimines à ses projets d'aide humanitaire bilatéraux et internationaux.
L'ACDI travaille en étroite collaboration avec MAECI et le MDN pour assurer une approche intégrée pangouvernementale dans l'action antimines. Le MAECI fournit un leadership en matière de politique et surveille la conformité à la Convention, alors que le MDN appuie la recherche et le développement portant sur le déminage et la technologie pour venir en aide aux victimes. Par l'intermédiaire des directions générales bilatérales, l'ACDI exécute des programmes dans trois domaines clés qui sont précisés dans la Convention : l'aide aux victimes, la sensibilisation aux dangers des mines et le déminage.