Le défi du développement dans le monde
La vision internationale
La stratégie de l'ACDI
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Au Bangladesh, plus d'un million d'enfants non inscrits dans le système scolaire, des filles pauvres qui habitent en milieu rural pour la plupart, ont bénéficié d'une éducation de base grâce à un programme novateur d'enseignement non formel. Au Guyana, les enseignants approfondissent leurs connaissances des matières à enseigner et se familiarisent avec de nouvelles techniques pédagogiques, dont l'utilisation de l'ordinateur. En Ukraine, le programme Promotion de la santé chez les jeunes intègre les activités de sensibilisation au VIH/sida au nouveau programme d'éducation à la santé dans les écoles. En Colombie, les étudiants du secondaire apprennent la communication, le respect de la diversité ainsi que la résolution pacifique de conflits. Au Sénégal, les mesures de réforme de l'éducation ont favorisé l'alphabétisation de
163 000 femmes et hommes et les ont aidé à maintenir leurs compétences à jour grâce à la diffusion d'un éventail de publications en langues locales. L'ACDI appuie ces projets, et bien d'autres encore, pour aider ses partenaires à améliorer l'éducation dans certains pays parmi les plus pauvres du monde.
Le défi du développement dans le monde
Bilan de l'éducation
- Le cinquième de la population adulte mondiale, soit environ 770 millions de personnes, ne savent ni lire ni écrire, près des deux tiers étant des femmes.
- Encore de nos jours, plus d'une centaine de millions d'enfants ne fréquentent pas l'école. Près des trois quarts d'entre eux, dont 55 % de filles, vivent en Afrique subsaharienne ainsi qu'en Asie du Sud et de l'Ouest.
- En vue d'assurer l'Éducation pour tous, nous ne sommes pas parvenus à atteindre l'objectif fixé pour 2005 de parvenir à la parité entre les sexes en milieu scolaire. Selon les données fournies par les pays qui ont soumis un rapport, seulement 50 % l'avaient atteint au niveau primaire, 20 % au niveau secondaire et 5 % au niveau postsecondaire.
- La qualité de l'enseignement est un défi majeur dans toutes les régions du monde. Selon des études portant sur l'Afrique, aussi peu que 10 % des enfants maîtrisent la matière enseignée. Au Pakistan, moins de 17 % des enfants qui ont terminé le primaire ont acquis le niveau de compétence visé en lecture.
L'éducation est un droit humain. Elle est essentielle au plein épanouissement des gens et des sociétés.
- L'éducation, en particulier au niveau primaire, permet à un enfant d'acquérir et de perfectionner des compétences de base, notamment en mathématiques, en lecture et en écriture, ainsi que des compétences logiques et analytiques, qui sont essentielles à son apprentissage continu. Elle le plonge également dans un milieu qui lui apprendra comment vivre en société et lui transmettra des valeurs clés, comme la tolérance et la coopération.
- L'éducation contribue à une meilleure santé, à un accroissement de la productivité, à l'augmentation des revenus ainsi qu'à la paix et à la démocratie. L'éducation des filles, en particulier, entraîne une nette amélioration du taux de survie des nouveau-nés et des enfants, de la santé et de la nutrition des familles, de l'éducation des enfants et du revenu familial.
- Dans l'économie mondiale du savoir d'aujourd'hui, l'éducation prépare plus que jamais le terrain en vue de la réduction de la pauvreté, d'une croissance économique soutenue et d'une bonne gouvernance.
Des progrès considérables ont été enregistrés au cours des 15 dernières années quant au nombre d'enfants, en particulier de filles, inscrits à l'école primaire. Par contre, au rythme actuel, il est impossible d'atteindre à l'échelle du monde l'objectif de l'éducation de base pour tous d'ici 2015 ou celui de la parité entre les sexes, dont l'échéance pour le réaliser avait été fixée à 2005, et ce, même d'ici 2015.
Il y a de nombreux obstacles à l'inscription scolaire et à la fréquentation assidue de l'école, notamment :
- les coûts, entre autres les frais, les uniformes et les fournitures scolaires;
- l'éloignement des écoles, de même que le surpeuplement ou le manque de sécurité dans les écoles;
- la mauvaise qualité de l'enseignement ou le peu de pertinence des programmes;
- les conditions obligeant les enfants à travailler pour subvenir aux besoins de la famille.
Pour les filles, il y a encore d'autres obstacles :
- dans certaines cultures, les filles demeurent au foyer pour aider leur mère alors que les garçons fréquentent l'école;
- dans de nombreux pays, les écoles ne réservent pas un bon accueil aux filles qui sont entre autres souvent exposées à la violence et à l'exploitation sexuelles;
- les filles sont par ailleurs désavantagées en raison des méthodes pédagogiques démodées et des programmes sexistes.
Les enfants appartenant à des groupes minoritaires ethniques, les enfants déplacés par un conflit et les enfants handicapés sont exposés à des problèmes semblables d'accès qui les empêchent d'obtenir une éducation de base. Il y a également des obstacles à surmonter pour atteindre une qualité d'enseignement qui incite les enfants à demeurer à l'école et leur permet d'atteindre les niveaux de compétence visés. Mentionnons entre autres l'absence d'installations et de ressources adéquates, les programmes mal conçus, les lacunes de la formation des enseignants et la mauvaise gestion des systèmes d'éducation. La faim constitue également un obstacle de taille.
Le programme d'alimentation scolaire du
Programme alimentaire mondial (PAM) contribue à encourager les enfants à fréquenter l'école. Les repas scolaires les aident à se concentrer davantage sur leurs études. La formule est fort simple : la nourriture attire les enfants affamés à l'école, et l'éducation leur ouvre la voie à un plus grand nombre de possibilités dans leur vie active et les aide à sortir de la pauvreté. Le Canada a fourni 25 millions de dollars par année depuis 2003 pour appuyer les activités d'alimentation scolaire du PAM dans cinq pays africains : le Sénégal, le Mali, le Mozambique, l'Éthiopie et la Tanzanie. Le programme s'adresse à plus de 568 000 enfants et à 115 000 autres personnes vulnérables (dont les personnes vivant avec le VIH/sida) chaque
année dans ces cinq pays.
La vision internationale
La communauté internationale a de tout temps mis l'accent sur l'éducation à titre de priorité de développement humain. À l'occasion de la conférence
Éducation pour tous (EPT) en 1990, les pays du monde ont convenu de tout mettre en œuvre en faveur de l'éducation de base universelle et pour réduire considérablement l'analphabétisme.
Cet objectif a été réitéré en 2000 lors du Forum mondial sur l'éducation, où les participants ont fait état de certains progrès quant aux taux d'inscriptions, mais ont aussi cerné des disparités considérables entre les filles et les garçons et de sérieux écarts de la qualité de l'enseignement offert d'un pays à l'autre et à l'intérieur même d'un pays. Cela a entraîné la création de l'
Initiative des Nations Unies en faveur de l'éducation des filles (UNGEI).
Les
Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) soulignaient l'importance de l'éducation en mettant l'accent sur deux des objectifs de l'EPT :
- assurer l'éducation de base pour tous;
- promouvoir l'égalité entre les sexes et l'autonomisation des femmes, notamment en éliminant les disparités entre les sexes aux niveaux primaire et secondaire.
En 2002, dans le cadre de la rencontre du G8 à Kananaskis, en Alberta, un partenariat mondial des pays en développement et industrialisés a été mis de l'avant pour accélérer les progrès en vue d'assurer une éducation de qualité pour tous d'ici 2015 grâce au Programme accéléré - Éducation pour tous (PA-EPT), maintenant appelé
Partenariat mondial pour l'éducation.
La stratégie de l'ACDI
Dans le contexte de l'apprentissage continu, l'ACDI appuie l'éducation à tous les niveaux, en accordant la priorité à l'éducation de base :
- soins et éducation de la petite enfance;
- éducation primaire et secondaire de premier cycle;
- acquisition de compétences pratiques dans la vie courante;
- formation, partage des connaissances et renforcement des capacités.
Le Canada possède un savoir-faire de calibre mondial en matière de services et de systèmes d'éducation et est un véritable chef de file dans le domaine de l'
égalité entre les femmes et les hommes et de l'adoption d'approches conviviales pour les enfants en salle de classe.
Appuyant pleinement les OMD, l'ACDI participe par ailleurs activement au Programme accéléré - Éducation pour tous.
L'éducation est une priorité de programmation dans le cadre des activités de coopération au développement du Canada. De 2000 à 2005, l'ACDI a quadruplé ses investissements destinés à l'éducation de base, notamment par un niveau soutenu d'investissements dans ce secteur de 100 millions de dollars par année en Afrique. L'ACDI a pour objectif d'aider les pays à progresser plus rapidement pour veiller à ce que chaque fille et chaque garçon puissent avoir accès à une éducation gratuite, obligatoire et de qualité et parfaire leur formation. Les efforts viseront à :
- améliorer la qualité et la pertinence de l'éducation de base, dans un climat de sécurité, entre autres pour l'acquisition de compétences pratiques dans la vie courante;
- enlever les obstacles à l'élimination des disparités entre les sexes dans le domaine de l'éducation;
- sensibiliser la population pour prévenir le VIH/sida;
- fournir une éducation aux filles et aux garçons pendant et après un conflit ou au cours de situations d'urgence.
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