Au fil des ans, des progrès considérables ont été réalisés en matière de réduction du taux de mortalité infantile. Entre 1990 et 2009, le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans dans les pays en développement a été réduit d'un tiers, soit de 12 000 décès de moins par jour. Certains des pays les plus pauvres de la planète, y compris l'Éthiopie, la Bolivie et le Bangladesh, ont réduit de plus de moitié leur taux de mortalité des enfants de moins de cinq. Toutefois, en Afrique subsaharienne, un enfant sur huit décède encore avant l'âge de cinq ans.
Les deux tiers des décès d'enfants de moins de cinq ans dans les pays en développement sont attribuables à cinq maladies : la pneumonie, la diarrhée, le paludisme, la rougeole et le VIH/sida. On pourrait sauver la majorité de ces vies au moyen de mesures de prévention et de traitement à faible coût, notamment la vaccination, les antibiotiques, la supplémentation en micronutriments, les moustiquaires de lit imprégnées d'insecticide et les traitements de réhydratation. La discrimination envers les femmes et les filles au sein de leurs propres familles joue également un rôle, puisque les garçons sont souvent privilégiés sur le plan de l'alimentation et des soins de santé, ce qui peut empêcher les filles d'obtenir les traitements et les soins nécessaires.
Certaines régions sont en bonne voie d'atteindre l'OMD 4 d'ici 2015. Malheureusement, de nombreux pays en sont loin. En 2009, les 31 pays où les taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans excédaient 100 pour 1 000 naissances vivantes se trouvaient tous en Afrique subsaharienne. C'est dans cette région où l'on perdait la moitié des 8,1 millions d'enfants de moins de cinq ans morts de par le monde cette année-là. Certaines données probantes indiquent que l'OMD 4 peut encore être atteint à l'échelle mondiale, mais seulement si les pays de l'Afrique subsaharienne et de l'Asie du Sud s'améliorent au chapitre de la gestion des maladies infantiles.
Comme en témoigne la Stratégie de l'ACDI sur les enfants et les jeunes, le Canada continue de jouer un rôle de premier plan en matière de santé des enfants en améliorant l'accès aux soins de santé maternelle afin de réduire les décès chez les mères et les nouveau-nés. L'ACDI offre un soutien dans plusieurs domaines, dont les suivants :
En 2010, le paludisme a tué près de 655 000 personnes, dont 91 % vivaient en Afrique et 86 % étaient des enfants de moins de cinq ans. Avec l'aide du Canada et d'autres donateurs, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a financé la distribution de 260 millions de traitements antipaludiques et de plus de 310 millions de moustiquaires de lit imprégnées d'insecticide pour protéger les familles contre le paludisme.
Lors du Sommet du G-8 de 2010, dont l'hôte était le premier ministre Stephen Harper, les leaders mondiaux ont entériné l'Initiative de Muskoka sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, une initiative qui a mobilisé des engagements de l'ordre de 7,3 milliards de dollars américains en nouveaux fonds sur une période de cinq ans, y compris 1,1 milliard de dollars du Canada, pour accélérer les progrès relatifs aux OMD 4 et 5.
Plus de personnes vaccinées : L'ACDI a appuyé une campagne nationale d'immunisation contre la rougeole lancée par l'UNICEF et le gouvernement du Mozambique à l'intention des enfants de moins de cinq ans. La campagne, qui a été menée dans le cadre de la Semaine nationale de la santé maternelle et infantile en 2011, a dépassé les objectifs ciblés : la vaccination contre la rougeole de 2,7 millions d'enfants; la distribution d'une dose de vitamine A à 3,6 millions d'enfants et l'administration d'un traitement vermifuge à 3,2 millions d'enfants.
Meilleure nutrition : Le Canada est le plus important fournisseur de vitamine A dans les pays en développement. Entre 1999 et 2010, grâce à l'appui du Canada, le nombre d'enfants qui ont reçu deux doses de vitamine A par an a plus que triplé, passant de 16 % à 86 %. Cette initiative a contribué de manière significative à la réduction du nombre de décès chez les enfants, qui est passé de 12,4 millions par année en 1990 à 7,6 millions en 2010.
Uniquement en 2011, la contribution de l'ACDI a permis à l'Initiative pour les micronutriments de distribuer des suppléments de vitamine A à plus de 200 millions d'enfants et des aliments fortifiés de vitamines et de minéraux essentiels à plus de 1,75 million de personnes.
Meilleurs systèmes de santé : Le Canada aide le Mali, le Mozambique, la Tanzanie et la Zambie à mettre en œuvre leurs plans stratégiques en santé dans le cadre de l'Initiative sur les systèmes de santé en Afrique. Entre 2002 et 2007 au Mali, par exemple, le financement de l'ACDI a contribué à réduire la mortalité des mères en augmentant de 24 à 50 % le nombre de naissances assistées par un travailleur de la santé qualifié.
Au moyen de l'Initiative catalytique pour sauver un million de vies, le Canada appuie les systèmes de santé nationaux dans leurs efforts visant à accroître le nombre de travailleurs de la santé de première ligne et à renforcer leurs capacités. Ces efforts leur permettront de réduire la mortalité chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Entre 2007 et 2012, on estime que le financement du Canada, à lui seul, aurait sauvé 200 000 vies et aurait en plus prévenu des infirmités chez un nombre encore plus élevé d'enfants, notamment des déficiences mentales et des troubles de cécité causés par la malnutrition, ou encore des maladies comme le paludisme.