Malgré les progrès accomplis dans la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et autres maladies infectieuses répandues dans le monde, beaucoup de travail reste à faire.
Depuis quelques décennies, on enregistre d'importants progrès en matière de santé dans le monde. Mais ces progrès ne sont pas répartis de façon égale : le fardeau de la maladie pèse toujours plus sur les pauvres. Le nombre de personnes nouvellement infectées par le VIH a connu un sommet en 1996, pour ensuite diminuer en 2011, se chiffrant alors à 2,5 millions de personnes dans le monde. Toutefois, le nombre de personnes qui vivent avec le VIH continue de croître, en grande partie parce que les personnes infectées par le virus vivent désormais plus longtemps, grâce aux médicaments antirétroviraux. Les femmes représentent la moitié des personnes vivant avec le VIH dans le monde et 60 % des personnes atteintes en Afrique subsaharienne, principalement à cause des inégalités, de la violence et de la discrimination dont elles sont victimes.
En 2010, le paludisme était endémique dans 106 pays, et environ 3,3 milliards de personnes — soit près de la moitié de la population de la terre — couraient le risque d'être infectées. La même année, sur les 655 000 personnes mortes du paludisme, 91 % vivaient en Afrique. La maladie ne frappe pas au hasard : c'est parmi les enfants de moins de cinq ans qu'on trouve de loin le plus de victimes, car 86 % des décès se produisent dans ce groupe d'âge.
La production mondiale de moustiquaires de lit imprégnées d'insecticide a plus que décuplé entre 2004 et 2012, passant de 30 millions à 310 millions. Entre 2000 et 2011, la proportion de foyers d'Afrique subsaharienne possédant au moins une moustiquaire de ce genre est passée de 5 % à 50 %. Le paludisme diminue, mais pas assez rapidement pour qu'on atteigne l'objectif de 2015.
Le fardeau universel de la tuberculose diminue lentement. L'incidence de cette maladie était de 139 cas par 100 000 personnes en 2008, après avoir connu un sommet en 2004, avec 141 cas par 100 000 personnes. On estime qu'il y a eu 8,8 millions de nouveaux cas de tuberculose en 2010, soit une diminution par rapport à 2008 où l'on en avait recensé 9,4 millions. Le rapport le plus récent de l'Organisation mondiale de la Santé, publié en 2012, indique qu'on devrait atteindre l'objectif de réduire de moitié le taux de mortalité causée par la tuberculose d'ici 2015, par rapport au taux de 1990, ce qui constitue un élément clé de l'OMD 6.
Le Canada joue un rôle actif dans les efforts déployés pour combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies dans le monde.
Depuis 2006, l'ACDI a fourni plus de 1,1 milliard de dollars pour financer la prévention du VIH/sida, ainsi que le traitement et les programmes de soin liés à cette maladie, dans les pays en voie de développement. En septembre 2010, le Canada s'est engagé à fournir une nouvelle somme de 540 millions de dollars au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Depuis la création de ce fonds en 2002, le Canada y aura ainsi versé plus de 1,58 milliard de dollars, soit la plus grosse somme jamais versée par le Canada à un organisme international du domaine de la santé.
L'ACDI joue un rôle actif, s'efforçant de prévenir et de soigner le paludisme en distribuant des moustiquaires imprégnées d'insecticide ainsi que des médicaments destinés à traiter les cas de paludisme soupçonnés. Le Canada est aussi un chef de file dans la lutte mondiale contre la tuberculose. De 2005-2006 à 2011-2012, l'ACDI a consacré presque 334 millions de dollars à la prévention et au contrôle de la tuberculose, et 363 millions de dollars au contrôle du paludisme.
Les sommes consacrées par l'ACDI à la lutte contre d'autres maladies que le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose ont plus que doublé par rapport à 2007-2008, pour atteindre 130 millions de dollars en 2011-2012.
Meilleur accès aux médicaments d'importance vitale : Le Canada est le principal donateur de l'Organisation mondiale de la Santé, qui appuie les efforts visant à accroître la prévention du VIH et le traitement du sida. En 2011 par exemple, l'ACDI s'est engagée à verser 20 millions de dollars sur quatre ans à l'Organisation mondiale de la Santé pour financer les mesures destinées à éliminer la transmission du VIH entre la mère et l'enfant. Par ailleurs, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, auquel l'ACDI contribue, estime que le financement du Canada a permis d'offrir à deux millions de personnes séropositives un traitement antirétroviral.
Programmes de traitement plus étendus : Avec l'aide de l'ACDI, le fonds sud-africain de lutte contre le sida a permis à 124 organismes communautaires d'améliorer leurs compétences et d'éduquer la population à propos du VIH/sida, ce qui a par la suite permis à 17 autres organismes de gérer plus efficacement leurs activités. Le projet a ainsi servi à améliorer les services fournis à plus de 1,5 million de personnes pour prévenir la propagation du VIH, améliorer l'accès aux médicaments et leur utilisation et s'assurer que les personnes vivant avec le VIH/sida bénéficient de soins et d'un soutien adéquats.
Activités de prévention et de soutien plus vastes : En Éthiopie, un projet de l'ACDI facilite la distribution de matériel sanitaire, comme des moustiquaires, des trousses d'accouchement et de l'équipement de gynécologie. On a ainsi pu augmenter la proportion d'enfants vaccinés contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos : cette proportion est passée de 73 % en 2007 à 88 % en 2011-2012. Quelque 37 millions de moustiquaires ont été distribuées aux ménages habitant dans les régions particulièrement touchées par le paludisme; ainsi, 100 % de la population a reçu des moustiquaires, comparativement à 91 % en 2007.