Le Sénégal est l'un des pays les plus pauvres du monde, environ 36 % de ses habitants subsistant avec moins de 1,25 $US par jour. Il occupe le 166e rang parmi les 182 pays au classement du Programme des Nations Unies pour le développement, selon l'indice du développement humain de 2009. La distribution de la richesse est très inégale, si bien que le taux de pauvreté est relativement plus élevé en milieu rural.
Les pressions démographiques sont très préoccupantes : le Sénégal compte environ 12,4 millions d'habitants dont 68 % ont moins de 25 ans et 58 % habitent en milieu rural. Il affiche un faible taux de productivité et les taux de chômage et de sous-emploi sont très élevés, surtout chez les jeunes. Le taux de croissance démographique annuel du pays est d'environ 3 %, ce qui signifie que quelque 100 000 jeunes s'ajoutent à la population active chaque année. Tous n'ont pas accès à une éducation de base et l'analphabétisme est très répandu, principalement chez les femmes et les filles. La détérioration de l'environnement fait obstacle au développement dans certaines régions, où la sécurité alimentaire est aussi menacée par l'érosion accélérée, par la salinisation et par la disparition de la couverture végétale.
À l'heure actuelle, la Banque mondiale juge que le degré de vulnérabilité du Sénégal face à la sécurité alimentaire est modéré. En 2008, le pays a connu une crise alimentaire qui était principalement attribuable à la rareté des pluies, à la moins grande production d'aliments et à la forte hausse des prix des produits de base. Dans ces circonstances, les femmes prennent des mesures pour assurer la survie de leurs familles. Par exemple, elles acceptent des emplois peu rémunérés ou des emplois dangereux pour nourrir les leurs. Cette pratique renforce les disparités entre les femmes et les hommes et, de ce fait, nuit au développement.
Depuis 1982, la Casamance, région pauvre et géographiquement isolée du Sud du Sénégal, est perturbée par un conflit de faible intensité entretenu par un mouvement indépendantiste. En dépit de la signature d'un accord de paix en 2004, le conflit et ses conséquences continuent de nuire au développement de la région. Le retour d'une paix durable dépendra en partie de la création, pour les habitants de la région, d'occasions d'améliorer leur situation économique, notamment par l'augmentation de la production agroalimentaire.
Le Sénégal, qui joue un rôle de premier plan sur le continent, est un exemple de stabilité économique et politique en Afrique occidentale. Il joue aussi un important rôle dans les négociations de paix et les missions de maintien de la paix en Afrique, notamment au Soudan.
Dans le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP II) - 2006-2010, le Sénégal a défini ses besoins les plus pressants en fonction des quatre grands axes suivants :
En 2009, dans le cadre du nouveau plan d'action pour accroître l'efficacité de l'aide du Canada, le Sénégal a été désigné comme l'un des 20 pays ciblés par l'ACDI. Au Sénégal, l'ACDI vise à contribuer à réduire de moitié la pauvreté des ménages d'ici 2015, objectif concordant avec celui énoncé dans le DRSP II.
L'ACDI contribuera :
Pour contribuer à la sécurité alimentaire au Sénégal, l'ACDI étendra le programme d'aide visant l'agriculture et l'agroalimentaire, ce qui appuiera le développement économique dans les régions de la Casamance et des Niayes. L'aide servira :
L'ACDI appuiera les efforts de décentralisation du gouvernement du Sénégal en aidant notamment les administrations locales à fournir des services. Parallèlement, elle poursuivra ses efforts visant à accroître la disponibilité des institutions de microfinancement en milieu rural, et ainsi d'y fournir des produits et services financiers.
L'harmonisation et la coordination de l'aide des donateurs, sous la direction du gouvernement du Sénégal, s'améliorent chaque année, si bien que ce dernier assume de plus en plus la responsabilité du processus de développement et que la coopération des donateurs en vue d'opérer des changements est de plus en plus efficace.
Il y a un bon partage des tâches entre les donateurs. Le Canada est récemment devenu le principal donateur dans le domaine de l'éducation, ce qui donne à l'ACDI l'occasion de contribuer davantage à améliorer l'organisation et l'harmonisation de l'aide des donateurs.
En mai 2008, un plan d'action conjoint pour l'efficacité de l'aide au Sénégal a été adopté pour 2008-2010. Ce plan énonce un certain nombre de mesures et d'objectifs, y compris la concordance accrue de l'aide des donateurs et des programmes sectoriels, d'ici 2010.