Dans le cadre de formation, une femme fournit des renseignements sur le VIH/sida et la santé en général auprès des représentants de la communauté, avant la construction d'une pompe à eau, Mozambique.
En milieu rural au Bangladesh, des écoles d'éducation primaire non formelle offrent un enseignement à 1,3 million d'enfants, des filles pour la plupart, qui sont exclus du système scolaire. Au Sénégal, un réseau de collectifs de femmes sensibilisent la population à leurs droits par le théâtre de rue, organisent des cliniques d'information juridique, protègent les femmes victimes de violence et s'occupent d'activités en alphabétisation. En Équateur, des groupes de productrices agricoles bénéficient de prêts, d'une formation technique et d'une formation en gestion d'entreprise, ainsi que d'une aide pour promouvoir les droits humains, l'égalité entre les sexes et l'estime de soi. Au Mozambique, un programme d'une grande envergure porte sur la vulnérabilité particulière des femmes à l'infection au VIH/sida, en accordant une attention
particulière à la transmission du virus de la mère à l'enfant.
L'ACDI appuie ces projets, et bien d'autres encore, afin que l'Agence et ses partenaires soient davantage en mesure de promouvoir et de favoriser l'égalité entre les sexes dans les pays en développement. L'ACDI entreprend une analyse comparative entre les sexes pour tous les enjeux de développement qui relèvent de son mandat. Elle veille à faire ressortir la complexité des relations de pouvoir entre les hommes et les femmes et à promouvoir l'égalité entre les sexes dans tous ses programmes afin d'éviter que l'inégalité se perpétue.
Le défi du développement dans le monde
L'égalité entre les sexes, c'est l'égalité des conditions permettant aux femmes et aux hommes de s'épanouir et de bénéficier pleinement de leurs droits, de contribuer au développement politique, économique, social et culturel de leur pays et d'en tirer parti de façon équitable.
À l'heure actuelle, il n'y a que dix-neuf pays où les femmes occupent plus de 30 % des sièges parlementaires et, à l'échelle mondiale, les femmes n'occupent que 17 % des sièges parlementaires.
Dans les pays en développement, au moins 60 % des travailleuses sont concentrées dans le secteur informel (à l'exclusion de l'agriculture) et occupent souvent les emplois les plus précaires, ce qui restreint leur accès aux ressources et leur contrôle sur celles-ci.
En 2001, l'Organisation mondiale de la Santé a estimé que les problèmes de santé sexuelle et génésique, qui touchent les femmes et les filles de manière disproportionnée, constituaient 18 % du fardeau des maladies dans le monde.
À cause des inégalités persistantes entre les femmes et les hommes, la proportion de femmes et de filles qui vivent avec le VIH est en croissance. En Afrique, 75 % des jeunes (de 15 à 24 ans) atteints du VIH sont de jeunes femmes.
La violence à l'égard des femmes demeure un problème généralisé qui touche toutes les sociétés et tous les pays. Le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) estime qu'une femme sur trois a été battue, a été forcée d'avoir des relations sexuelles ou a été victime, au cours de sa vie, d'une forme quelconque violence sexospécifique.
La violence à l'égard des femmes est souvent intensifiée dans les pays fragiles ou frappés par un conflit. Dans l'étude intitulée Étude approfondie de toutes les formes de violence à l'égard des femmes - Rapport du Secrétaire général, parue en 2006, il est estimé qu'entre 250 000 et 500 000 femmes ont été violées lors du génocide de 1994 au Rwanda. De plus, la violence sexuelle est largement répandue dans les conflits qui font rage en République démocratique du Congo et au Darfour.
Députées et députés à une séance parlementaire, Ghana.
Cette inégalité limite sérieusement le progrès socioéconomique, surtout dans les pays en développement. En réalité, les femmes sont les principales responsables de la production vivrière, de la corvée de l'eau et de bois et de l'enseignement au primaire, elles sont plus nombreuses à fournir des soins de santé et constituent la majorité de la main-d'œuvre de l'économie informelle.
La viabilité de l'environnement repose sur la contribution égale des femmes et des hommes. Afin d'assurer la participation égale des femmes au développement de leur société, celles ci doivent, à la fois, être en mesure d'y contribuer et avoir la possibilité de le faire. C'est pourquoi il faut améliorer la condition féminine, entre autres dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l'accès aux ressources et de la prise de décisions. Il faut par ailleurs tout mettre en œuvre pour que les femmes aient également voix au chapitre pour influer sur le processus de développement.
La communauté mondiale se rallie de plus en plus pour promouvoir l'égalité entre les sexes depuis 1975, date qui marque le début d'une série de conférences mondiales sur les femmes. Le dossier de l'égalité entre les sexes prédominait également dans le contexte de conférences mondiales portant sur les droits humains, l'éducation, la population, le développement social et bien d'autres domaines. Ces rencontres sont à l'origine d'importants accords et engagements tels que :
Pour la communauté internationale, le troisième OMD - promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes - est d'une importance fondamentale pour réaliser l'ensemble des OMD.