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Permettre à 275 000 élèves haïtiens d'apprendre le ventre plein

Des élèves sont assis à un pupitre et écrivent.© ACDI-CIDA/Jean-François Leblanc
En plus d'augmenter la fréquentation scolaire, le programme de cantines scolaires fait en sorte que les élèves haïtiens obtiennent de meilleurs résultats. Ces jeunes peuvent rêver d'un avenir meilleur.

« Ventre affamé n'a pas d'oreilles » : ce vieux proverbe illustre bien une situation devenue encore plus préoccupante en Haïti après le tremblement de terre qui a détruit une grande partie du réseau scolaire de ce pays.

A quoi sert, en effet, de reconstruire des bâtiments si les enfants, qui les fréquentent,  n'ont pas l'énergie nécessaire pour apprendre? C'est avec cette pensée en tête que  Magalie George, directrice de l'école République des États-Unis à Port-au-Prince, a fait appel au Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM)pour que son école fasse partie du projet de cantines scolaires en Haïti, dont le Canada est le plus important bailleur de fonds.

La directrice est consciente que bien des enfants sont encore marqués par le séisme de janvier 2010. Elle-même a vécu le drame, ensevelie pendant plusieurs heures sous son bureau. Un enseignant et un élève de son école ont péri sous les décombres.

Des élèves assis à une table mangent un repas.© ACDI-CIDA/Jean-François Leblanc

Si l'on observe de nombreux bancs vides à la reprise des classes, la situation se redresse rapidement dès que la nouvelle se propage que des repas sont servis gratuitement aux élèves le midi. L'école compte maintenant 1 350 élèves et 32 enseignants.

La contribution canadienne au programme des cantines scolaires permet de nourrir quotidiennement 275 000 enfants en Haïti.  En 2011-2012, grâce à l'initiative du PAM et du Programme national de cantines scolaires de l'État haïtien, près de 1,1 million de jeunes haïtiens ont reçu un repas tous les jours. Le Canada appuie le Programe alimentaire mondial depuis 2006. En août dernier, le Canada a fait l'annconce du renouvellement de sa contribution au PAM.

Il en a résulté une diminution de la faim chronique et de la sous-alimentation parmi les jeunes haïtiens, une hausse du taux de scolarisation et de fréquentation scolaire, ainsi qu'une amélioration des capacités d'apprentissage des jeunes.

Des parents arrivent à l'école de Magalie George en milieu de matinée et s'installent pour préparer un plat traditionnel du pays fait de riz et de lentilles. Il s'agit d'un repas nourrissant pour les élèves, le seul parfois  qu'ils auront au cours de la journée.

L'école se trouve dans un quartier qui loge de nombreux commerces et petites entreprises.  Plusieurs parents ont donc la possibilité d'observer à courte distance le travail et le comportement de leurs enfants.  

Une enseignante de maternelle, Dominique Bénéche, est un témoin privilégié des bienfaits de cette initiative : « Tous les enfants à l'école ont droit à un repas. Dès qu'ils voient la nourriture, ils deviennent plus actifs. Un bon repas leur permet de mieux apprendre ».

L'alimentation scolaire est un programme pivot du Plan d'action pour la reconstruction et le développement d'Haïti, mis en place en mars 2010. Le Canada travaille de concert avec l'État haïtien, le PAM et une vingtaine d'autres partenaires internationaux et haïtiens pour poursuivre sa mise en œuvre.

Le programme garantit un repas aux élèves, et il permet également aux parents de vaquer à d'autres tâches tout aussi importantes pour la reconstruction du pays. Jean Hénoc Pernier est l'agent de suivi pour le PAM en Haïti. Lui aussi en constate les bienfaits : « C'est le programme qui rejoint le plus d'enfants en Haïti, soit 21 % des jeunes qui fréquentent une école dans le pays ».

En plus d'augmenter la fréquentation scolaire, ce simple repas fait en sorte que les élèves haïtiens obtiennent de meilleurs résultats, et peuvent envisager un avenir meilleur pour eux-mêmes et pour Haïti.

Le projet de cantines scolaires que finance le Canada comporte également un volet économique important pour le pays, car actuellement jusqu'à 25 % des denrées alimentaires servant à nourrir les élèves doivent être achetées auprès des producteurs locaux. Le riz et le maïs viennent ainsi des quatre coins d'Haïti. Les retombées économiques sont importantes non seulement pour les producteurs, mais aussi pour les personnes qui traitent ou transportent cette nourriture.

La stratégie de sécurité alimentaire du Canada comporte les volets suivants : accroître la disponibilité des aliments avec une productivité agricole supérieure, améliorer l'accès à cette nourriture, et assurer une salubrité aux différentes étapes de production et de transport.

Comme l'agriculture est la principale activité économique du pays et que ce secteur économique emploie près de la moitié de la population, le Canada collabore à cet essor en aidant à assurer la sécurité alimentaire et en collaborant au bon fonctionnement des cantines scolaires.

Dans un pays qui manque cruellement de tout, il est bon de voir les écoles répondre à plus d'un besoin.

Profil de projet pour Appui à un programme de cantines scolaires durable