« Ventre affamé n'a pas d'oreilles », un vieux proverbe qui illustre bien une situation qui devenait encore plus préoccupante en Haïti après le tremblement de terre qui a détruit une grande partie du réseau scolaire de ce pays.
On a beau reconstruire des bâtiments, les enfants qui ne mangent pas n'ont pas l'énergie nécessaire pour apprendre. Magalie George, directrice de l'école République des États-Unis à Port-au-Prince n'a pas hésité à demander l'aide du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), dont le Canada est le plus important bailleur de fonds, pour les cantines scolaires en Haïti.
La directrice est consciente que bien des enfants sont encore marqués par le séisme de janvier 2010. Elle-même a vécu le drame, ensevelie pendant plusieurs heures sous son bureau. Un enseignant et un élève de son école ont péri sous les décombres.
À la reprise des classes, on dénombrait de nombreux bancs vides. Dès que la nouvelle s'est propagée, selon laquelle l'école offrait le repas aux élèves le midi, les classes se sont remplies du jour au lendemain. On retrouve maintenant 1 400 élèves et 20 enseignants.
La contribution canadienne au programme des cantines scolaires permet de nourrir quotidiennement 400 000 enfants en Haïti, soit plus du tiers des élèves bénéficiant de l'initiative du PAM et du Programme national de cantines scolaires de l'État haïtien.
Des parents arrivent à l'école de Magalie George en milieu de matinée et s'installent pour préparer un plat traditionnel du pays : du riz et des lentilles. Il s'agit d'un repas nourrissant pour les élèves et malheureusement quelquefois, l'unique qu'ils auront au cours de la journée.
L'école, installée dans un quartier où résident des petits marchands et des commerçants, permet de rassurer les parents qui voient leurs enfants acquérir des connaissances et bénéficier d'un repas sain et consistant.
Une enseignante de maternelle, Dominique Bénéche, est un témoin privilégié des bienfaits de cette pratique : « Tous les enfants à l'école ont droit à un repas. Dès qu'ils voient la nourriture, ils deviennent plus actifs. Un bon repas leur permet de mieux apprendre ».
L'alimentation scolaire est un programme capital dans le Plan d'action pour la reconstruction et le développement d'Haïti, qui a été mis en place en mars 2010. L'ACDI travaille de concert avec l'État haïtien, le PAM et une vingtaine d'autres partenaires internationaux et haïtiens pour poursuivre sa mise en œuvre.
Le programme garantit un repas aux élèves, et il permet également aux parents de vaquer à d'autres tâches tout aussi importantes pour la reconstruction du pays. Comme ils n'ont pas à se soucier de trouver de la nourriture pour les enfants, ils sont soulagés.
Jean Hénoc Pernier est l'agent de suivi pour le PAM en Haïti. Lui aussi en constate les bienfaits : « C'est le programme qui rejoint le plus d'enfants en Haïti, soit 50 % des enfants qui fréquentent une école dans le pays ».
En plus d'augmenter la fréquentation scolaire, ce simple repas fait en sorte que les élèves haïtiens obtiennent de meilleurs résultats, et ces jeunes peuvent rêver eux aussi d'un avenir meilleur pour eux-mêmes et pour Haïti.
Le projet de cantines scolaires que finance l'ACDI comporte également un volet économique important pour le pays, car actuellement, jusqu'à 25 % des denrées alimentaires servant à nourrir les élèves doivent être achetées auprès des producteurs locaux. Le riz et le maïs viennent ainsi des quatre coins d'Haïti. Les retombées économiques sont importantes non seulement pour les producteurs, mais aussi pour les personnes qui traitent ou transportent cette nourriture.
La stratégie de sécurité alimentaire de l'ACDI comporte les volets suivants : accroître la disponibilité des aliments avec une productivité agricole supérieure, améliorer l'accès à cette nourriture, et assurer une salubrité aux différentes étapes de production et de transport.
Comme l'agriculture est la principale activité économique du pays et à laquelle se consacre près de la moitié de la population, l'ACDI collabore à cet essor par l'entremise de sa collaboration aux cantines scolaires, mais aussi en matière d'accroissement de la sécurité alimentaire.
Dans un pays où les besoins sont si grands, les écoles deviennent un endroit où on nourrit l'esprit et le corps.
Profil de projet pour Appui au programme de cantines scolaires
Permettre à 400 000 élèves haïtiens d'apprendre le ventre plein (PDF, 371 Ko, 2 pages)
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