Deux tragédies frappent le développement international. La première est que la pauvreté soit le lot d'un si grand nombre sur la planète, et la deuxième, que l'aide au développement ne donne pas toujours les résultats escomptés dans les pays en développement.
Le gouvernement du Canada, par l'intermédiaire de l'Agence canadienne de développement international, est déterminé à trouver une solution à ces deux tragédies et à faire preuve d'efficacité et de transparence dans la façon dont il fournit l'aide internationale.
Le présent rapport indique aux Canadiens comment l'ACDI a investi quelque 3,6 milliards de dollars (entre avril 2008 et mars 2009), dans quels domaines et quels résultats ont été obtenus.
L'ACDI a vécu une période inoubliable. Le Canada a doublé son aide à l'Afrique et devient, de ce fait, le premier pays du G8 à remplir cet engagement. Notre pays n'a cessé d'accroître son aide globale. Nous avons aussi augmenté le nombre d'employés de l'ACDI sur le terrain où ils sont mieux en mesure d'évaluer les besoins locaux et d'y répondre. Le déliement de l'aide est peut-être notre plus importante innovation. Cela signifie que nous fournissons de l'aide sans condition et que nous pouvons en avoir plus pour notre argent en achetant les biens et services dans les marchés locaux. D'ici 2013, le Canada aura délié la totalité de son aide au développement.
Les pages qui suivent montrent comment l'ACDI influence le cours des choses. Nous améliorons le mode de vie de populations vivant dans certains des pays les plus pauvres au monde. Nous nous attaquons également à la tragédie de l'inefficacité de l'aide en ciblant nos efforts dans les secteurs où ils seront les plus efficaces.
L'honorable Beverley J. Oda
Ministre de la Coopération internationale
Notre qualité de vie est liée à l'aide que nous offrons aux collectivités, régions et pays les plus démunis au monde. Nous leur apportons notre aide parce que la pauvreté dans le monde nous tient à coeur et parce que notre soutien aux pays les plus démunis permettra d'assurer une plus grande stabilité et sécurité pour tous. Nous estimons que le travail de collaboration avec nos partenaires nous permettra d'influer sur les problèmes et les défis du développement international.
L'Agence canadienne de développement international (ACDI) a la responsabilité de la majeure partie du budget de l'aide internationale accordée par le Canada. Durant la période couverte par le présent rapport, soit d'avril 2008 à mars 2009, le Parlement a voté l'octroi de 3,6 milliards de dollars à l'ACDI. Le Canada rend plus efficaces, plus ciblés et plus transparents ses programmes d'aide internationale afin qu'ils puissent mieux aider ceux qui en ont le plus besoin. C'est la raison pour laquelle l'ACDI prend des mesures pour utiliser ces fonds de façon ciblée et efficace.
Après examen de nos options durant la période couverte par le présent rapport, nous avons annoncé, en mai 2009, que l'aide canadienne se concentrera sur trois priorités thématiques :
Le gouvernement du Canada a aussi fait savoir que l'ACDI investirait 80 % de ses ressources bilatérales — soit environ la moitié de son budget — dans 20 pays ciblés. Ces pays ont été choisis en fonction de leurs besoins, de leur capacité à tirer avantage de l'aide qui leur est fournie et de leur accord avec les priorités de la politique étrangère du Canada.
Le gouvernement canadien vient tout juste d'annoncer que l'aide au développement sera complètement déliée. Il s'agit d'une étape d'une énorme importance. Sans augmenter les dépenses associées au développement d'un sous, le Canada vient d'ajouter approximativement 90 à 180 millions de dollars à notre contribution, simplement en éliminant les inefficacités de l'aide liée. [Trad.]
- Danny Howard, Directeur à la sensibilisation et à la défense des intérêts Ingénieurs sans frontières
Le Canada et les Canadiens continueront, bien sûr, à jouer un rôle crucial au sein de la communauté internationale en apportant leur aide lorsque surviendra une catastrophe.
Le présent rapport vise à montrer aux Canadiens à quoi a servi leur argent versé à l'aide internationale. Les Canadiens veulent savoir si nous dépensons judicieusement leur argent. Ils veulent savoir si nous aidons le plus grand nombre de gens possible et si nous le faisons en tirant le maximum des fonds consacrés à l'aide internationale. Ils veulent savoir que la vie des citoyens d'autres pays du monde s'est améliorée grâce à notre travail et que ces populations ont espoir en l'avenir.
Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, plus d'un milliard de personnes dans le monde sont incapables de satisfaire leurs besoins alimentaires quotidiens. Il y a quand même lieu d'espérer. La Banque mondiale estime que la croissance du produit intérieur brut (PIB) dans le secteur agricole contribue à accroître de deux à quatre fois plus les revenus des pauvres que la croissance du PIB dans d'autres secteurs. Quand la production alimentaire est plus forte, non seulement le nombre de personnes nourries est plus élevé, mais les revenus d'un plus grand nombre de personnes augmentent.
Avec ses canadiens, internationaux et locaux, l'ACDI contribue à l'accroissement de l'aide alimentaire d'urgence, en améliorant la productivité des petits exploitants agricoles et en appuyant la recherche et le développement dans les domaines de la nutrition et de l'agriculture.
En 2008-2009, en plus de la crise économique mondiale, le monde faisait face à une crise alimentaire. Les catastrophes naturelles qui ont frappé l'Asie et les Caraïbes ont détruit des années de travail alors qu'ailleurs, des conflits ont éclaté entre des pays qui étaient en paix depuis des décennies. Les plus pauvres et les plus vulnérables ont lutté pour survivre dans des États fragiles. L'augmentation des coûts des aliments, des transports et d'autres intrants a aggravé cette crise alimentaire.
En réponse à cette situation, le Canada a dépassé l'engagement annuel qu'il avait pris dans le cadre de la Convention relative à l'aide alimentaire en fournissant 318 millions de dollars au total pour nourrir plus de 102 millions de personnes vivant dans 78 pays.
Nous avons aussi augmenté nos contributions à nos deux principaux en matière d'aide alimentaire : le Programme alimentaire mondial (PAM) et la Banque de céréales vivrières du Canada (en anglais) qui regroupe 15 organismes d'églises.
Nous avons délié notre budget d'aide alimentaire, c'est-à-dire que notre aide peut servir à acheter des biens et des services locaux. Cela permet une utilisation encore plus efficace des fonds d'aide et de fournir celle-ci plus rapidement tout en favorisant le développement des marchés régionaux et locaux. L'Organisation de coopération et de développement économiques estime que l'aide non liée peut augmenter de 35 % la rentabilité des coûts.
Le Canada est un véritable défenseur des pauvres et des vulnérables et l'un des pionniers du développement international. En étant l'un des premiers organismes à répondre à l'appel du PAM pour prendre des mesures à l'égard de la montée des prix des aliments et des carburants et en prenant la décision importante de délier la totalité de l'aide alimentaire, l'ACDI a démontré, une fois de plus, qu'elle joue un rôle stratégique et de premier plan.
En 2008-2009, la contribution du Canada a permis de sauver de nombreuses vies au sein d'une population de plus de cinq millions de personnes victimes des ouragans qui ont frappé Haïti et la Birmanie [Myanmar], des sécheresses dans la Corne de l'Afrique et en Afrique australe et des conflits incessants au Soudan, en Afghanistan et dans d'autres pays. [Trad.]
- Josette Sheeran, Directrice exécutive
Programme alimentaire mondial
De concert avec ses , l'ACDI a cherché des solutions à long terme au problème de la sécurité alimentaire en aidant les pays en développement à devenir plus autosuffisant. Il s'agit d'une étape essentielle à la réduction de la pauvreté.
Nous sommes résolus à améliorer la stabilité des approvisionnements alimentaires, la gouvernance du système alimentaire mondial ainsi que l'accès à des aliments nutritifs et de qualité.
Selon la Banque mondiale, les micronutriments, comme les vitamines et les minéraux, offrent la meilleure façon d'améliorer la santé à peu de frais et à court terme. Le Canada est un chef de file mondial pour ce qui est de fournir aux enfants du monde entier des nutriments indispensables pour un sain développement physique et mental. Avec le soutien de l'ACDI, l'Initiative pour les micronutriments permet d'enrichir les aliments de fer, d'iode, de vitamine A, d'acide folique et de zinc, et procure aux plus vulnérables reçoivent des doses supplémentaires de ces micronutriments.
L'ACDI a été un chef de file en insistant pour que l'aide alimentaire destinée aux réfugiés et aux pauvres soit enrichie de vitamine A. Aujourd'hui, d'autres pays suivent le pas. [Trad.]
- Sue Horton, professeure en science économique
Université Wilfrid Laurier
La culture des haricots est l'une des plus courantes en Afrique. Les haricots poussent vite, ils contiennent du fer et du zinc et ils fertilisent le sol.
L'ACDI appuie l'Alliance africaine pour la recherche sur le haricot (PA BRA) (anglais seulement) qui regroupe des organismes de recherche et des cultivateurs — principalement des femmes — de 24 pays. L'Alliance élabore des variétés de haricots nutritifs et résistants aux insectes, aux maladies et à la sécheresse, teste ceux-ci et les met à disposition de la population.
Une femme d'Ivwanga, un village en Tanzanie, a bénéficié de ce partenariat. La famille de Mme Kambona avait de plus en plus de mal à subvenir à ses besoins alimentaires. Elle a donc acheté 30 kg de haricots enrichis et les a plantés. À sa grande surprise, la récolte était supérieure d'environ 30 % qu'à l'habitude — soit près de 320 kg. Non seulement elle a pu nourrir sa famille, mais elle a vendu une partie de l'excédent de la récolte. Mme Kambona continue de cultiver des haricots enrichis.
La PA BRA a livré plus de 101 variétés de haricots à plus de sept millions de ménages africains, soit à environ 35 millions de personnes.
Des études indiquent que les enfants affamés ont des difficultés d'apprentissage.
En 2008, l'appui de l'ACDI au projet de repas dans les écoles lancé par le PAM au Honduras a permis de nourrir plus de 300 000 enfants dans 2 000 écoles.
En plus des repas nutritifs servis le midi, le programme offrait aux élèves des rations alimentaires pour leurs familles.
Le Canada a versé 32 millions de dollars pour nourrir des écoliers du monde entier. Grâce à ce projet, les taux d'inscription et de fréquentation scolaires ont augmenté, le taux d'abandon a diminué et la nutrition s'est améliorée.
Deux Boliviens sur trois vivent dans la pauvreté. Flavio Duran était l'un de ces pauvres parce qu'il ne trouvait pas d'acheteur pour ses excédents de récolte de légumes — pommes de terre, maïs et oignons.
Aujourd'hui, il est un cultivateur d'origan prospère, tout comme près d'un millier d'autres agriculteurs de 93 collectivités du Sud-Est de la Bolivie. La coopérative agricole GROCENTRAL a travaillé avec la SOCODEVI, une organisation non gouvernementale (ONG) canadienne appuyée par l'ACDI, pour trouver des débouchés commerciaux à cette plante herbacée bien connue qu'est l'origan.
Le produit de la récolte rapporte en moyenne, aux cultivateurs comme Flavio, 205 dollars de plus chaque année. « Je peux maintenant acheter des aliments comme du riz et de l'huile de cuisson, acheter des vêtements pour mes enfants et les envoyer à l'école, alors qu'il m'était impossible de le faire auparavant », a déclaré Flavio.
Plus de la moitié de la population des 20 pays que le Canada a ciblés est âgée de moins de 25 ans. Dans le monde, un milliard d'enfants vivent dans la pauvreté. L'une des plus terribles tragédies de notre époque est la mort de millions d'enfants chaque année à cause de maladies qui auraient pu être évitées si seulement ils avaient eu accès à des médicaments qui ne coûtent que 12 cents l'unité ou à des moustiquaires d'à peine quatre dollars chacune. Mais, garder les enfants en vie n'est qu'une partie de l'équation ; nous voulons également qu'ils grandissent et s'épanouissent.
Au cours de la prochaine décennie, les pays les plus pauvres compteront les plus fortes populations de jeunes au monde. Cette situation offrira à la fois des possibilités et des défis. Avec de l'aide, cette génération pourra mettre fin au cycle continuel de la pauvreté et bâtir des sociétés efficaces, stables et prospères.
En travaillant à renforcer les systèmes de santé, nous permettons que les plus vulnérables aient accès aux soins de santé de base. La présence de travailleurs de la santé qualifiés au moment de l'accouchement et durant la première semaine de vie de l'enfant contribue à réduire la mortalité chez les nouveau-nés.
Dans le cadre de l'Initiative sur les systèmes de santé en Afrique (ISSA), le Canada verse 450 millions de dollars sur une période de 10 ans pour former, équiper et employer des travailleurs de la santé (actuels et futurs) dans un continent qui porte plus du quart du fardeau mondial des maladies mais ne compte que 3 % des professionnels de la santé de la planète. L'Initiative pour sauver un million de vies a été lancée pour former des milliers de travailleurs en santé communautaire et offrir des traitements contre le paludisme, la rougeole et la malnutrition.
La pneumonie, la diarrhée, le paludisme et le VIH/sida sont responsables de la plupart des décès chez les enfants. Le Canada affecte 60 millions de dollars pour élargir l'accès aux traitements contre le paludisme et la pneumonie à l'échelon des collectivités. Or, ces deux maladies peuvent entraîner la mort dans les 24 à 48 heures. Il est donc essentiel que les travailleurs en santé communautaire puissent diagnostiquer ces maladies et traiter rapidement les enfants atteints pour sauver des vies.
L'ACDI s'est engagée à verser jusqu'à 20 millions de dollars à Aide à l'enfance Canada pour son programme communautaire de lutte contre le paludisme et la pneumonie. Des travailleurs de la santé seront formés pour évaluer les enfants qui présentent des signes d'infection, établir la liste des priorités et traiter ces enfants. Les familles apprendront à reconnaître les signes de maladie grave chez les enfants. Plus d'un million d'enfants de moins de cinq ans bénéficieront de ce programme qui permettra de sauver la vie de quelque 45 000 petits Africains.
Le Canada a participé à la création de partenariats internationaux comme le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (FMLSTP). Chaque année, dans les pays en développement, ces trois maladies dévastatrices provoquent la mort de quelque cinq millions de personnes. Des programmes de prévention et de traitement existent, mais les pauvres n'y avaient pas accès jusqu'à tout récemment.
En 2008, l'ACDI a octroyé 450 millions de dollars au FMLSTP, ce qui porte le total de l'aide versée depuis 2002 à cet organisme à près d'un milliard de dollars - la somme la plus importante que le Canada n'ait jamais octroyée à un organisme international de santé. Cette aide a permis au Fonds d'offrir des services médicaux, éducatifs et de soins communautaires à 4,5 millions d'orphelins du sida; d'apporter un appui à 790 000 femmes séropositives pour prévenir la transmission du VIH de la mère à l'enfant; de distribuer près de 104 moustiquaires de lit imprégnés d'insecticide à de jeunes familles afin de prévenir le paludisme.
En partenariat avec la Croix-Rouge canadienne, l'UNICEF et Vision mondiale Canada (anglais seulement), l'ACDI a participé à la distribution de 7,9 millions de moustiquaires de lit en Afrique depuis 2003.
L'Afghanistan est l'un des quatre pays au monde où la polio est encore endémique. Le Canada s'est engagé à consacrer jusqu'à 60 millions de dollars pour vacciner plus de sept millions d'enfants de moins de cinq ans contre la polio par l'intermédiaire de l'Organisation mondiale de la santé, de l'UNICEF et du gouvernement afghan. En 2008-2009, plus de 350 000 enfants vivant dans le sud de la province de Kandahar ont été vaccinés.
Au Mozambique, une personne sur six est atteinte du VHI/sida. La ville de Massinga, située dans la province d'Inhambane, Sud-Est du pays, ne compte qu'un seul médecin pour 250 000 habitants.
Cipriano Dyeja multiplie ses efforts pour sensibiliser davantage la population à l'égard du VHI/sida, traiter ceux qui sont touchés et assurer la formation d'une nouvelle génération de travailleurs de la santé qui poursuivront sa lutte. Au Centre Massinga d'éducation permanente en santé, qui bénéficie de l'aide de l'ACDI et de l'Université de la Saskatchewan, M. Dyeja et son personnel mettent les bouchées doubles pour former de futurs travailleurs de la santé dans les collectivités rurales.
Le Centre de formation Massinga est situé en face d'un hôpital qui fournit un traitement antirétroviral aux personnes atteintes du VHI/sida. En 2005, moins de 20 000 personnes recevaient chaque année un traitement, alors qu'en 2008, grâce à l'aide de l'ACDI, le nombre est passé à presque 120 000 personnes.
Au Canada, une femme sur 11 000 risque de mourir durant la grossesse ou à l'accouchement; en Bolivie, ce taux est de 1 sur 89. Mais, grâce au soutien du Canada envers les programmes de santé maternelle et infantile, le taux de mortalité en Bolivie diminue considérablement.
Dans le cadre d'un partenariat avec le Centre d'étude et de coopération internationale, une ONG canadienne, l'ACDI finance une clinique qui jumèle la médecine moderne à la médecine traditionnelle assurée par des sages-femmes locales. En 2006, seulement 15 % des femmes de la collectivité venaient donner naissance à la clinique, alors qu'en 2008, 85 % sont venues y accoucher.
Dans le village montagneux d'El Edén, les insectes hématophages transmettent la maladie de Chagas. Un lien direct existe entre cette maladie et l'extrême pauvreté. L'éradication de cette maladie nécessite la mise en oeuvre de toute une série de mesures.
« Tous les habitants du village participent à la lutte contre la maladie », a déclaré Isaac López, technicien de l'hygiène de l'environnement.
Des infirmières identifient les enfants atteints de la maladie. Ensuite, les experts pulvérisent un insecticide dans les maisons. Une armée de travailleurs communautaires sensibilisent les gens aux causes et aux symptômes de la maladie. Pour se débarrasser de ces insectes, le chaume des toits doit être remplacé par du fer blanc.
L'ACDI a contribué à l'élimination de la maladie dans ce village et dans trois régions du Honduras. En 2008, 50 000 enfants ont passé une visite médicale pour déceler la maladie et 170 000 foyers dans 178 municipalités ont été protégés contre les insectes.
« Le processus ne se limite pas à la fumigation des maisons ou au traitement de la maladie, a dit le Dr Carlos Ponce. Il prend fin quand les conditions de vie ont été réellement améliorées. »
Un des meilleurs investissements que tout pays puisse faire, c'est l'éducation de base de ses jeunes.
Les avantages sont multiples : accroissement de la participation communautaire, augmentation des possibilités d'emploi et des revenus, réduction de la criminalité, accroissement de la stabilité des collectivités et amélioration de la santé. Des études montrent, par exemple, que les filles qui ont au moins une éducation de base se marient plus tard, ont des enfants moins nombreux et en meilleure santé, et sont plus en mesure de répondre aux besoins de leur famille et de contribuer à la croissance économique.
Comme plus de la moitié de la population mondiale a moins de 25 ans, l'ACDI accorde une grande importance à l'éducation de base, en particulier à l'accès des filles à l'éducation.
L'ACDI améliore aussi la qualité de l'éducation par le recrutement et la formation des enseignants, l'élaboration de programmes scolaires, la distribution de manuels scolaires et le renforcement du lien entre l'école et le travail. Dans les zones touchées par un conflit, l'ACDI met l'accent sur la sécurité du milieu d'apprentissage.
Le Canada a énormément amélioré son soutien à l'éducation de base dans le monde en développement; depuis 2000, il a plus que doublé l'aide publique au développement allouée à ces fins. [Trad.]
- Mme Karen Mundy, professeure
Institut d'études pédagogiques de l'Ontario
Au cours des dix dernières années, l'ACDI a appuyé la réforme pédagogique dans un réseau de quelque 2 500 écoles primaires au Sénégal afin d'améliorer la qualité de l'éducation de base. L'inscription à l'école primaire est passée 69 % en 2002 à 90 en 2008.
Au Sénégal, l'ACDI joue un rôle clé dans l'amélioration des programmes d'enseignement primaire qui sont inspirés du modèle canadien axé sur les compétences. L'ACDI a aussi contribué à la formation de 8 000 enseignants aux nouveaux programmes scolaires, à la production et à la distribution de manuels et d'autres fournitures scolaires.
Âgée de dix ans, Shanta Akher doit travailler pour subvenir aux besoins de sa famille, comme 7,4 millions d'autres enfants au Bangladesh. Toutefois, contrairement à plusieurs, Shanta va aussi à l'école — une des 6 500 écoles financées par l'ACDI, le gouvernement du Bangladesh, l'UNICEF et l'Agence suédoise de coopération au développement international.
Tout comme 200 000 autres travailleurs juvéniles en milieu urbain, Shanta fréquentera l'école pendant trois ans, à raison de 2,5 heures par jour, six jours par semaine. Elle apprend à lire et écrire le bengali, et étudie les mathématiques de base en anglais. Un programme de dynamique de la vie lui enseigne aussi à prendre de meilleures décisions, à éviter les comportements à risque et à affronter les difficultés de la vie quotidienne.
Âgé de 14 ans, Sameh Sei'id était jusqu'à tout récemment incapable de lire ou même d'écrire son nom. Aujourd'hui, comme 15 000 autres adolescents, il peut lire et écrire grâce à la contribution de l'ACDI au projet Espaces d'apprentissage pour les adolescents, piloté par l'UNICEF à Hébron. Il se prépare à commencer des cours de mathématiques.
Le projet a permis d'aider les jeunes Palestiniens défavorisés qui vivent dans un environnement extrêmement difficile et agité. Ils ont accès à un endroit sûr, exempt de violence et de pauvreté. Ils perfectionnent leurs capacités en matière de lecture, d'écriture et de technologie de l'information, apprennent la musique et pratiquent des sports. Les organisateurs du projet rapportent qu'ils sont en train de devenir des participants constructifs de leur collectivité et des personnes capables de s'exprimer d'une manière pacifique.
Âgée de dix ans, Jossy Lopez marche durant une heure de son village jusqu'à l'école de La Quemazon dans la région de Piura, dans le Nord du Pérou. Avec les autres écoliers, elle a maintenant accès à une éducation de meilleure qualité grâce à Agriteam Canada, une entreprise privée qui s'emploie au nom de l'ACDI à la formation de centaines d'enseignants, de directeurs d'école et de fonctionnaires locaux.
« Avant la mise en place du projet, de nombreux élèves de 5e année ne pouvaient lire que des textes très rudimentaires, souligne l'enseignante de Jossy, Marilú Yovera. Nous avons appris comment rendre les salles de classe plus propices à l'apprentissage et comment motiver les élèves. Notre programme d'enseignement est maintenant plus adapté à la vie en milieu rural au Pérou. »
Pour la première fois, les autorités ont posé des affiches le long des routes, dans les édifices publics et les commerces afin d'entourer les enfants de mots et les inciter à la lecture. Par conséquent, la compréhension de la lecture des élèves de 6e année est passée de 10 % à 74 %, et leur capacité de résoudre des problèmes mathématiques est passée de 10 % à 45 %. Ce modèle novateur est utilisé dans 125 écoles de la région de Piura et rejoint plus de 4 650 élèves, ainsi que des enfants d'autres districts de Piura et d'autres régions du Nord du Pérou.
En Asie, en Amérique latine et en Afrique, des pays ont déjà démontré que l'amélioration de l'économie est le meilleur moyen d'aider les gens à se sortir de la pauvreté une fois pour toutes. La croissance économique durable signifie l'augmentation et le renforcement des entreprises commerciales et industrielles par un meilleur accès aux services financiers et à l'investissement, la mise en place de cadres règlementaires et législatifs, la formation d'une main-d'oeuvre qualifiée et l'amélioration des compétences en affaires.
L'ACDI appuie des projets qui visent à augmenter le taux de croissance économique, surtout par l'entremise du secteur privé qui crée neuf emplois sur dix dans les pays en développement.
En 2008, le Rapport de la Commission sur la croissance et le développement de la Banque mondiale, présentait trois caractéristiques des pays qui avaient un taux de croissance économique durable :
Dans le domaine des services financiers, l'ACDI a travaillé avec des canadiens, internationaux et locaux pour favoriser l'accès des petits entrepreneurs à ces services , y compris l'accès au crédit pour les microentreprises qui ont prouvé leurs compétences en affaires.
Sur le plan de la formation en gestion d'entreprises et de l'acquisition de compétences, l'ACDI a mis sur pied un projet de 95 millions de dollars : Des compétences pour l'emploi. Cette initiative porte sur la formation professionnelle et technique dans les pays en développement et vise à habiliter les jeunes à pouvoir accéder à l'économie officielle et rechercher les possibilités d'emploi.
L'ACDI aide les gouvernements à élaborer des cadres réglementaires et législatifs favorables à la croissance économique. Selon la Banque mondiale, même de petites améliorations dans ces secteurs peuvent entraîner d'importantes améliorations sur le plan économique. Un système juridique plus efficace peut favoriser l'accélération de la croissance de petites et grandes entreprises. Des tribunaux qui fonctionnent bien peuvent aider à rétablir la confiance chez les investisseurs et les entrepreneurs potentiels.
Un projet de l'ACDI a aidé à améliorer le système juridique en Ukraine, ce qui a permis de réduire le temps requis pour la rédaction des décisions judiciaires, de simplifier les processus juridiques, et de faire connaître les dispositions législatives de l'Ukraine en matière d'égalité des droits et des chances. Au cours des six premiers mois de 2008, plus de 400 000 cas en instance devant les tribunaux de ce pays concernaient des entreprises.
Les sociétés considèrent maintenant qu'il est plus facile de résoudre les différends.
Au Pakistan, l'ACDI collabore depuis 25 ans avec la Fondation Aga Khan pour rassembler les collectivités des villages locaux et les aider à définir leurs priorités et à travailler à réaliser leurs objectifs. Les collectivités ont commencé à investir dans de petits projets d'infrastructure pour augmenter la productivité agricole et relier leurs villages aux marchés. Elles ont mis sur pied de modestes programmes d'épargne et de crédit, et ont fait de l'éducation leur priorité, surtout pour les filles. Au cours des 25 dernières années, les revenus ont triplé, la mortalité infantile a diminué de 25 % et l'alphabétisation a dépassé les indicateurs dans d'autres parties de la région.
Le Canada aide des collectivités du monde en développement à se sortir de la pauvreté tout en conservant leur dignité et leur fierté. Grâce à ces contributions, le Canada est non seulement considéré comme un pays généreux, mais aussi comme un leader mondial empreint de respect et d'humanité. [Trad.]
- Khalil Z. Shariff, président-directeur général
Fondation Aga Khan Canada
Avec l'appui de l'ACDI, le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (en anglais) — Campus de Bathurst travaille avec le ministère de l'Éducation du Mali afin de dispenser un enseignement pratique et technique à des étudiants qui terminent leur éducation de base, pour les aider à trouver du travail ou à créer une entreprise. Au mois de mars 2009, plus de 50 enseignants et une douzaine de techniciens avaient reçu une formation et, à leur tour, ces personnes ont formé 250 étudiants en charpenterie, construction électrique, infographie, informatique, maçonnerie, construction métallique, peinture et couture. Au total, sept nouveaux laboratoires ont été mis sur pied pour former de futurs étudiants. Le gouvernement du Mali veut élargir à tout le pays le programme de formation élaboré dans le cadre de ce projet.
Oxfam-Québec travaille avec ses à mettre sur pied des bureaux de développement des affaires en région rurale au Vietnam. Vu Thi Ha possède une fabrique de pots de terre cuite et dix employés. Elle a suivi un cours offert par le bureau local pour apprendre à rédiger un projet d'entreprise et un plan de marketing, afin d'obtenir du financement. Le cours lui a aussi permis de rencontrer d'autres entrepreneurs et d'explorer de nouvelles technologies qui l'aideront dans ses activités commerciales.
« J'aimerais que ma petite entreprise prenne de l'expansion et fasse appel à de nouvelles technologies, puisque nos procédés sont principalement manuels. Nous serions plus compétitifs », dit-elle.
Grâce aux efforts de l'ACDI, plus de 1 100 petites et moyennes entreprises ont amélioré leurs affaires.
Depuis les années 1980, l'Afrique a doublé son produit intérieur brut. Au cours des cinq dernières années, elle a réduit de 5 % les taux de pauvreté. Ce sont des résultats encourageants pour le développement, mais la récession mondiale menace ces gains et d'autres avancées. Le Canada poursuit son engagement en faveur du développement de l'Afrique et continuera d'aider les pays africains à devenir plus forts, autosuffisants et capables de surmonter les difficultés.
En 2008-2009, le Canada a fourni à l'Afrique une assistance chiffrée à 2,1 milliards de dollars, et a réalisé son engagement à doubler son aide à l'Afrique. Nous avons été le premier pays du G8 à atteindre cet objectif.
Les résultats sont impressionnants dans chacun des secteurs d'aide de l'ACDI, par exemple :
Gouvernance : plus de 30 000 fonctionnaires de 40 pays ont reçu une formation en gestion de la fonction publique.
Le Canada a aussi été présent au plan de l'aide humanitaire lorsqu'il le fallait. En 2008-2009, nous avons fourni plus de 200 millions de dollars, dont plus de 61 millions de dollars pour aider à nourrir plus de huit millions de personnes dans la Corne de l'Afrique (Éthiopie, Kenya et Somalie). L'ACDI a aussi aidé 5,5 millions de personnes touchées par le conflit au Soudan, ainsi que les réfugiés soudanais au Tchad, en allouant 52 millions de dollars en aide humanitaire. L'ACDI a aussi prêté assistance aux personnes touchées par des crises en République démocratique du Congo et au Zimbabwe.
De plus, l'ACDI a joué un rôle dans le soutien au processus démocratique dans certains pays africains. Après l'élection la plus serrée de son histoire, le Ghana a célébré la passation pacifique des pouvoirs d'un dirigeant démocratiquement élu à un autre d'un parti opposé. Le Canada a appuyé le processus électoral par la formation de candidats, de greffiers de scrutin et de fonctionnaires électoraux.
Les manuels scolaires sont essentiels à l'apprentissage scolaire et à l'éducation de base. En 2000, l'élève moyen au Mali n'avait pas de manuel scolaire; aujourd'hui chaque élève en a trois.
« Lorsque tous les enfants ont un manuel scolaire, ils peuvent suivre ce que dit l'enseignant dans la classe et aussi l'étudier à la maison », dit Modibo Diarra, expert en éducation.
Au mois de mars 2009, l'ACDI avait travaillé avec le ministère de l'Éducation du Mali afin d'acheter et de distribuer plus de 6,4 millions de manuels scolaires, dont plus de 1,25 million au cours de l'année passée seulement. Des écrivains, illustrateurs et éditeurs maliens ont travaillé avec l'ACDI pour produire et imprimer les manuels scolaires dans les langues nationales du Mali.
L'ACDI a aussi aidé à créer une nouvelle activité commerciale : la réparation des manuels scolaires. « Il faut comprendre les conditions particulières d'utilisation de ces manuels, explique M. Diarra. La colle ne peut résister à la chaleur élevée : elle fond ! Les manuels ne durent pas très longtemps s'ils sont mal entreposés ou mangés par les termites. »
Aujourd'hui, des travailleurs formés réparent plus de 350 manuels par mois, soit presque 40 000 manuels scolaires jusqu'à maintenant.
Haïti est un des pays les plus pauvres du monde. Ces dernières années, il a été frappé par une série de catastrophes naturelles, ainsi que par la hausse drastique des prix des aliments en 2008.
La dévastation provoquée par le séisme catastrophique de janvier 2010, et l'intervention du Canada, débordent le cadre de ce rapport et seront plutôt traitées dans le rapport de l'an prochain. Durant la période 2008-2009 cependant, Haïti a aussi été dévasté par des ouragans, des tempêtes tropicales et des inondations qui ont entraîné la destruction de milliers de foyers et d'entreprises.
L'ACDI a consacré plus de dix millions de dollars aux secours d'urgence suite à la destruction causée par les ouragans et les tempêtes tropicales, et 15 millions de dollars en réponse à la crise alimentaire, en plus de l'appui au pays chiffré à 110 millions de dollars en 2008-2009.
Un des objectifs prioritaires de l'ACDI est de renforcer la capacité du gouvernement d'Haïti à fournir des services de santé au peuple haïtien. En 2008-2009, nous avons aidé à immuniser 620 000 enfants et jeunes contre les maladies évitables comme la poliomyélite, la rougeole et la rubéole. De plus, 22 000 femmes ont pu avoir accès à des services médicaux gratuits pour les soins prénataux et l'accouchement dans 47 institutions. Plus de 320 000 élèves dans 642 écoles ont reçu un repas nutritif chaque jour.
L'ACDI a appuyé la formation des fonctionnaires, et l'amélioration de la planification et la prestation des services dans des institutions clés, dont le Bureau du premier ministre d'Haïti. Après 6 ans, l'École nationale de la magistrature a été rouverte, 70 juges de paix ont été formés et plus de 40 palais de justice remis en état. Le public a pu avoir accès à des services juridiques, dont l'aide juridique. L'ACDI a aussi favorisé l'inscription de 600 000 adultes de plus sur la liste électorale. En 2005, seulement 60 % des électeurs admissibles étaient inscrits sur la liste; aujourd'hui, 92 % sont inscrits.
Sur le plan du développement économique et de la sécurité alimentaire, le secteur industriel est faible et les deux tiers de la population sont sans emploi. En 1973, l'ACDI avait travaillé avec la Congrégation des Frères du Sacré-Coeur à établir le Centre de formation professionnelle d'Haïti. En 2008, l'ACDI a entrepris un programme de six ans pour mettre à niveau les programmes éducatifs du Centre, améliorer les installations et les ateliers, et permettre aux femmes et aux hommes de répondre à la demande du marché du travail.
Un programme appuyé par l'ACDI a permis à 212 000 membres de 50 caisses populaires d'avoir un meilleur accès aux services financiers, y compris au microcrédit. Quelque 40 000 fermiers et leur famille ont amélioré leur sécurité alimentaire et leur situation économique. Le financement de l'ACDI a aussi permis la construction d'une nouvelle route entre Le Borgne et Limbe; un voyage qui durait autrefois 4,5 heures ne prend maintenant que 45 minutes.
J'aimerais souligner les mesures et la coopération continues mises en oeuvre dans le cadre des efforts de l'ACDI au cours des 40 dernières années, afin de rendre le monde plus équitable et juste, en réduisant l'écart entre les riches et les pauvres. [Trad.]
- Jean-Max Bellerive,
premier ministre d'Haïti
Bel Air était auparavant considéré comme un des quartiers les plus dangereux de Port-au-Prince. Il était patrouillé 24 heures par jour par un service de police international.
Bel Air se transforme peu à peu en une collectivité plus tranquille et autosuffisante. L'ACDI et Viva Rio, une ONG brésilienne, ont rassemblé les dirigeants communautaires pour discuter de ces problèmes. Cette initiative a été un premier pas dans la recherche de solutions de rechange aux gangs de rue et à la violence pour les jeunes du secteur : un programme d'arts martiaux et de danse nommé Capoeria.
« Les jeunes de différentes communautés qui s'affrontaient dans des gangs de rue se rencontrent maintenant dans un environnement positif et apprennent à développer leur expression personnelle et leur confiance en eux », affirme Éline Joseph, travailleuse sociale. Elle mentionne que les morts violentes dans le district ont diminué de 66 % depuis l'année précédente.
Les résidants ont aussi mis sur pied des projets à petite échelle qui aident à améliorer les conditions de vie à Bel Air. Par exemple, un groupe de femmes gère maintenant des postes d'alimentation en eau qui fournissent plus de 13 000 litres d'eau potable chaque jour. Les résidants prévoient aussi planter 3 000 arbres.
Le Canada participe à un effort international majeur sous l'égide des Nations Unies pour reconstruire l'Afghanistan, le plus important bénéficiaire de l'aide bilatérale du Canada.
L'ACDI a versé environ 224 millions de dollars pour la reconstruction et l'aide au développement en 2008-2009, ce qui a contribué au renforcement de la capacité institutionnelle en Afghanistan, à la promotion de la croissance économique et de la prestation de services de base, à la fourniture de l'aide humanitaire et à la progression vers une meilleure gouvernance.
L'ACDI met en oeuvre ces trois projets de premier plan dans le cadre de l'engagement du Canada dans la province du Kandahar :
Ces projets illustrent bien la volonté du Canada d'améliorer les conditions de vie des Afghans et de leur permettre d'entrevoir un avenir meilleur.
Le Canada a fait oeuvre de pionnier dans la lutte pour faire disparaître la poliomyélite de la face du monde. Je tiens à féliciter le gouvernement pour sa générosité stratégiquement ciblée au profit du Nigéria et de l'Afghanistan, deux des quatre pays du monde où la poliomyélite reste endémique. [Trad.]
- Wilfrid Wilkinson, ancien président du Rotary International,
président de Rotary's Polio Eradication Advocacy for Canada
Bâtis au cours des années 1950, le barrage Dahla et son réseau d'irrigation répondent aux besoins en eau à des fins agricoles de 80 % de la population du Kandahar. En raison de décennies de guerre et du manque d'entretien, le barrage et les canaux fonctionnent à un niveau bien inférieur à leur potentiel. Il y a un gaspillage d'eau précieuse, ce qui nuit à la productivité de l'agriculture.
Le Canada s'est engagé à remettre le barrage et ses canaux en bon état. En 2008, on a construit un nouveau pont en béton ainsi qu'une nouvelle route afin d'accéder au projet. Il est maintenant possible d'amener l'équipement lourd jusqu'au chantier pour effectuer les travaux de réparation. Lorsque le projet sera terminé, les résidants de la province du Kandahar pourront bénéficier d'une distribution d'eau plus durable et efficiente. Il en résultera une amélioration de la gestion des ressources, une plus grande productivité agricole et une croissance de l'emploi.
En 2008, le Canada s'est engagé à soutenir l'éradication de la poliomyélite en Afghanistan. L'ACDI a contribué de façon importante à l'Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite par l'entremise de l'Organisation mondiale de la santé et de l'UNICEF , et a soutenu les efforts de ces deux organisations dans le cadre de la campagne nationale d'immunisation contre la poliomyélite.
Les campagnes nationales ciblent quelque 7,1 millions d'enfants de moins de cinq ans, y compris environ 400 000 enfants dans la province du Kandahar.
Bien que l'on ait réussi à arrêter la transmission de la maladie dans le Nord, 31 cas ont été signalés dans le reste du pays en 2008. De nouvelles approches dans l'éradication de la poliomyélite sont en voie d'élaboration, notamment le ciblage de la transmission transfrontalière en provenance du Pakistan.
Il y a sept ans, seulement 700 000 enfants fréquentaient les écoles officielles en Afghanistan; mais aucune fille. Et il n'y avait que 21 000 enseignants; parmi eux, peu de femmes.
Aujourd'hui, près de six millions d'enfants fréquentent l'école, dont un tiers sont des filles. Le nombre d'enseignants dépasse maintenant 145 000, dont 30 % sont des femmes. En 2009, plus de 9 400 écoles dans tout le pays dispensaient un enseignement formel.
Les attitudes sociales face à l'éducation des filles sont encore une préoccupation. Les familles sont soumises à des menaces constantes, et même à des attaques, pour les empêcher d'envoyer leurs filles à l'école.
L'ACDI favorise des modèles qui permettent aux filles et aux garçons d'étudier en toute sécurité. Grâce au Projet d'éducation des filles mené par le BRAC, une ONG du Bangladesh, plus de 2 500 écoles communautaires ont été établies dans 11 provinces. Il en résulte qu'environ 80 000 enfants fréquentent l'école, dont 85 % sont des filles.
Il y a encore du travail à faire pour bâtir, agrandir ou réparer les écoles. En 2008-2009, dans le cadre d'un des trois projets de premier plan du Canada, 5 écoles ont été construites et 28 autres sont en construction. Nous sommes en voie d'atteindre l'objectif fixé par le Canada de construire ou remettre en état 50 écoles dans la province du Kandahar d'ici 2011.
Avec l'appui du Canada et d'autres pays, le Programme alimentaire mondial (PAM) a fourni des vivres à la province de Kandahar, tout en facilitant le retour des réfugiés et des personnes déplacées. L'ACDI a fourni plus de 300 000 tonnes de nourriture à six millions d'Afghans. Dans la seule province de Kandahar, 15 000 tonnes de nourriture ont été distribuées à plus de 580 000 personnes.
En Afghanistan, les femmes et les filles font face à des barrières sur le plan de l'éducation, des soins de santé et d'autres services essentiels. Dans la province de Kandahar, l'ACDI a participé à la construction d'un service d'obstétrique à l'Hôpital Mirwais qui est dirigé par le Comité international de la Croix-Rouge. Ce service était le premier de ce type en Afghanistan, et il fait partie d'un projet visant à augmenter le nombre d'accouchements assistés par du personnel de santé qualifié. Le nouveau service devrait recevoir un millier de patientes chaque année. L'ACDI a aussi aidé l'Hôpital Mirwais à mettre en place un nouveau service de chirurgie d'urgence, une salle d'opération, une salle de triage et des laboratoires.
L'ACDI a appuyé la promotion de l'hygiène et la formation en soins de santé, notamment en assumant les coûts de fonctionnement de neuf centres de santé de base du Croissant-Rouge afghan et de six centres de réadaptation.
En favorisant l'accès au microfinancement, le Canada a aidé de nombreux Afghans à démarrer de nouvelles entreprises. Le fait d'avoir de l'argent pour acheter une machine à coudre ou fonder une boulangerie, par exemple, a généré des emplois et des revenus pour les femmes et les hommes entrepreneurs de la province de Kandahar.
Plus des deux tiers des collectivités dans les districts clés de la province de Kandahar ont mené à bien quelque 28 000 petits projets d'infrastructure. Ces projets comprennent 180 km de systèmes d'irrigation, 170 km de routes et 30 km de lignes de transport d'énergie électrique. Le Canada a aidé à mettre en place un nouveau service pour permettre aux entreprises locales de soumissionner aux contrats d'approvisionnement du gouvernement et des organismes internationaux.
Le Canada appuie des initiatives qui contribuent à donner un nouveau souffle à l'architecture et aux arts traditionnels afghans tout en offrant des emplois et en multipliant les possibilités de développement économique.
Depuis 2006, la Turquoise Mountain Foundation (en anglais) a réuni des maîtres afghans de la sculpture et de la menuiserie pour qu'ils transmettent leurs compétences à une nouvelle génération de jeunes artisans (hommes et femmes) afin de préserver cette tradition. Par ses programmes, la Turquoise Mountain Foundation contribue à la préservation des bâtiments historiques de Kaboul. De plus, elle construit un nouveau bazar et des galeries pour les entreprises d'artisanat afghan et leur fournit également des services de base.
Les femmes d'Afghanistan sont parmi les plus défavorisées au monde, le marché du travail leur ouvre lentement ses portes et elles ont davantage d'occasions de réaliser leur potentiel économique. De nombreuses Afghanes et leurs familles ont maintenant l'espoir d'un avenir meilleur. Des organismes canadiens tels que War Child (en anglais) et MEDA (Mennonite Economic Development Associates) (en anglais) collaborent avec l'ACDI sur le plan du microfinancement et de la formation professionnelle. En 2008-2009, environ 1 600 femmes ont reçu de l'aide de cette façon. MEDA encourage aussi les femmes à cultiver un jardin chez elles.
L'ACDI est le premier donateur au Mécanisme de microfinancement et de soutien en Afghanistan (MISFA). Créé en 2003, le MISFA est maintenant un des plus importants programmes de microfinancement au monde. Il fournit de petits prêts et des services d'épargne à plus de 440 000 personnes - dont plus des deux tiers sont des femmes -, et ce, dans 23 provinces. Jusqu'en 2008-2009, plus d'un million de prêts ont été versés, pour un total de plus de 384 millions de dollars américains.
En janvier 2009, environ 10 000 Afghans, dont 80 % de femmes, ont terminé avec succès un programme d'alphabétisation mené par l'UNICEF et le PAM, et appuyé par l'ACDI. Le mois suivant, plus de 450 adultes ont terminé un cours de formation professionnelle de 10 mois.
Dans la province du Kandahar comme dans le reste du pays, l'ACDI a contribué au renforcement de la capacité du gouvernement de l'Afghanistan à répondre aux besoins du peuple afghan. Par l'entremise du Bureau canadien d'appui à la gouvernance, une équipe dirigée par des civils fournit un soutien technique spécialisé et des conseils éclairés au gouvernement afghan dans les six secteurs prioritaires canadiens. Les experts canadiens sont déployés dans les ministères afghans, dans des secteurs clés tels les services de maintien de l'ordre, la législation en matière de droits de la personne, les processus électoraux, la formation professionnelle et l'éducation, ainsi que l'ingénierie.
La plupart des clients du MISFA utilisent les prêts pour investir dans de petits projets de commerce de détail, d'agriculture ou d'élevage. Une des bénéficiaires de l'organisme est Nasreem. Elle voulait utiliser ses talents en broderie et en confection de tapis pour lancer sa petite entreprise avec ses filles. Grâce à un premier emprunt de 700 $, elle a acheté des fournitures et a commencé à travailler. Depuis, elle a reçu deux autres petits prêts qui lui ont permis d'engager 20 femmes. « C'est un grand honneur pour moi, et je suis très heureuse d'aider ces femmes », dit Nasreem.
Lorsque survient une catastrophe naturelle, les Canadiens ont montré à maintes reprises qu'ils sont prêts à aider les sinistrés. Que ce soit un séisme en Chine, un cyclone en Birmanie (Myanmar) ou un ouragan à Haïti, le Canada a dépêché des secours d'urgence là où les besoins étaient les plus pressants. Le programme d'aide humanitaire de l'ACDI sauve des vies et fournit de la nourriture, de l'eau, des abris et des soins de santé.
En 2008-2009, le Canada a consacré 73 millions de dollars à l'intervention suite à des catastrophes. Cette somme s'inscrit dans notre contribution d'ensemble à l'aide humanitaire de l'ordre de 546 millions de dollars. Nos interventions de secours d'urgence se réalisent par l'intermédiaire d'organisations comme les organismes de l'ONU, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et les ONG canadiennes.
Le cyclone Nargis a frappé la Birmanie (Myanmar) en mai 2008 et a fait près de 140 000 victimes décédées ou disparues. De concert avec nos , l'ACDI a envoyé un avion des Forces canadiennes chargé de 2 000 trousses d'abris d'urgence en Birmanie (Myanmar). Grâce à un partenariat avec Aide à l'enfance Canada, l'ACDI a intensifié les efforts de secours et a fourni des unités sanitaires mobiles pour desservir 90 000 personnes.
Dix jours après le cyclone Nargis en Birmanie (Myanmar), un terrible tremblement de terre a frappé la province du Sichuan en Chine. Par l'entremise de l'ACDI, le Canada a distribué 700 tentes de sa réserve d'urgence qui ont servi d'abris temporaires à 3 500 personnes.
Le Canada a aussi annoncé qu'il verserait un montant équivalent aux contributions des particuliers canadiens à des organismes de bienfaisance canadiens admissibles pour appuyer les secours en Birmanie (Myanmar) et en Chine. L'ACDI a donc fourni plus de 31 millions de dollars pour de la nourriture, des abris et de l'eau potable destinés à plus d'un million de survivants en Chine.
En Birmanie (Myanmar) , l'ACDI a versé 26 millions de dollars supplémentaires, y compris 70 000 tonnes de nourriture pour un million de personnes dans des secteurs isolés.
L'ACDI collabore aussi avec des organismes régionaux dans le but de réduire les incidences possibles de futures catastrophes. Aux Antilles, nous avons appuyé l'Agence caraïbe pour les secours d'urgence en cas de catastrophe, et financé des programmes pour aider les collectivités à se préparer pour la saison des ouragans.
En 2008, le peuple haïtien a d'abord subi une hausse vertigineuse des prix des aliments, et a ensuite été frappé par une série d'ouragans et de tempêtes tropicales qui ont provoqué des inondations catastrophiques. Plus de 800 000 personnes ont été touchées, et les pertes sont estimées à 900 millions de dollars américains.
Aux Gonaïves, la région la plus dévastée par les tempêtes, près de 7 000 personnes ont bénéficié d'un projet qui aide les petits exploitants agricoles à ajouter à l'alimentation de leur famille des légumes nutritifs comme les patates douces, les tomates et les aubergines, et à augmenter leurs maigres revenus en vendant leurs surplus de légumes.
En peu de temps, ce projet a permis aux résidants locaux de passer de l'état d'urgence à un état de reconstruction active et à la participation au rétablissement de l'économie. [Trad.]
- Miranel Pierre, ex-coordonnatrice du projet humanitaire
Oxfam-Québec
Après que le tsunami de 2004 ait détruit les maisons, les villages et les moyens de subsistance, le peuple indonésien a commencé à reconstruire.
À Banda Aceh, Mona Saroinsong a travaillé avec GenAssist, un organisme d'aide local. « Quand nous avons commencé, les gens n'avaient rien : pas d'électricité, pas d'eau, pas de maison. Nous étions logés dans des baraques et des tentes, se souvient-elle. Lorsque nous leur avons dit que nous allions construire des maisons pour eux avec l'aide des Canadiens, leurs yeux s'illuminaient, ils étaient si excités à cette idée. »
Au mois de mars 2009, plus de 6 800 maisons avaient été construites. Le paysage de dévastation a été remplacé par des rangées de maisons neuves. « Les gens me disent qu'ils sont fiers de leur nouvelle maison de béton. Ils ont retrouvé leur dignité », dit Mme Saroinsong.
Elle a un message à transmettre aux Canadiens de la part des nouveaux propriétaires : « Ils prient pour que les gens qui ont donné de l'argent pour les aider soient bénis. »
Les ONG canadiennes du secteur de l'aide humanitaire apprécient le travail de l'ACDI, sans lequel nous ne pourrions faire tout ce que nous faisons» [Trad.]
- Kevin McCort,, président et directeur général
CARE Canada
L'ACDI est l'organisme du gouvernement du Canada qui s'occupe du développement international, mais elle n'agit pas seule. L'ACDI travaille avec des douzaines de ministères et des centaines d'organismes de la société civile au Canada. L'ACDI compte aussi sur la compassion et l'engagement bénévole des particuliers canadiens qui contribuent temps, argent et savoir-faire.
Dans le monde en développement, l'ACDI oeuvre avec les collectivités et les organisations, les gouvernements locaux et nationaux. Elle travaille dans le monde entier avec d'autres organismes et gouvernements, avec des organisations internationales, multilatérales et de la société civile.
Une des raisons du succès de l'ACDI est la participation des Canadiens. L'Agence peut tirer parti d'une vaste gamme de compétences et de ressources d'un bout à l'autre du pays. Les Canadiens contribuent ainsi de multiples façons à aider les plus pauvres du monde.
L'ACDI appuie le développement de ressources scolaires pour encourager les nouvelles générations à jouer leur rôle. Un million d'étudiants et d'éducateurs canadiens explorent les enjeux du développement international, font connaissance avec leurs voisins du monde entier et apprennent à apprécier le monde et les différentes façons de le regarder.
En 2008, les participants au Programme de stages internationaux pour les jeunes de l'ACDI ont partagé leurs connaissances et leur enthousiasme en se mettant au service de quelque 55 organismes dans 60 pays en développement. Ils ont acquis une expérience directe des difficultés auxquelles sont confrontés les pauvres partout dans le monde entier. Par ailleurs, 2 500 Canadiens ont apporté leur savoir-faire dans le cadre du Programme de coopération volontaire.
Ces bénévoles changent les choses de plusieurs façons. Ils partagent leurs connaissances et expériences pour aider à renforcer les compétences et capacités des gens dans les pays partenaires. Ils favorisent la création de liens avec d'autres pays, et aident à lutter contre la pauvreté sur le terrain. Au Canada, ils sensibilisent aussi le public et améliorent la compréhension des enjeux du développement international afin que plus de Canadiens fassent leur part pour l'amélioration des conditions de vie dans le monde.
Ce coup d'oeil sur les résultats de développement obtenus au cours de la dernière année devrait vous permettre d'apprécier la formidable différence que fait l'aide canadienne dans le monde en développement.
*Entre autres secteurs, mentionnons l'éducation supérieure, la promotion de la sensibilisation au développement et le soutien à la société civile.
Ces chiffres comprennent les coûts administratifs et, dûs aux fluctuations du taux de change, les changements de valeur des investissement dans les institutions financières internationales.
Données provisoires (en M$)
1. L'appellation « programme-pays/programme-région géographique seulement » renvoie à l'instrument principal de l'ACDI pour l'aide bilatérale destinée à un pays ou à une région en particulier. Le Fonds canadien d'initiatives locales en est exclus.
2. Le taux de concentration est calculé en fonction de la proportion des dépenses de programme-pays ou de programme-région de l'ACDI qui passe par les programmes géographiques et qui est décaissée dans les pays ciblés de l'ACDI.
Le développement axé sur les résultats 2009
ACDI en 2008-2009 (PDF 468 Ko, 2 pages)
Note : Si vous ne pouvez accéder aux formats de rechange, veuillez visiter la page d'Aide.