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Donner une chance aux enfants du Mozambique

Une fille et un garçon avec une ardoise © ACDI-CIDA/Jean-François LeBlanc
Des enfants font leurs devoirs sur leurs ardoises individuelles dans un bâtiment solide, tous fournis par Aide à l'enfance.
Les enfants qui jouent à l'extérieur de la garderie ont l'air heureux. Ils chantent, ils dansent et ils jouent ensemble ― tout en riant.

Or, il n'en a pas toujours été ainsi pour un bon nombre d'entre eux. Lorsque ces enfants arrivent à cette garderie de Guemulene, dans le sud du Mozambique, ils ont souvent l'air effrayés, ne sourient et ne rient jamais et sont renfermés.

Ce sont des orphelins et des enfants vulnérables. Certains ont perdu un parent, parfois les deux ― habituellement en raison du sida. D'autres ont été abandonnés ou ont été victimes d'abus.

« Ces enfants ont beaucoup souffert », déclare Verónica Sitoe, coordonnatrice de la garderie. Et les répercussions de leur traumatisme se traduisent souvent par un manque d'aptitudes sociales. « Parfois, lorsque les enfants arrivent ici, ils ont peur des gens, explique Monica Langa, coordonnatrice d'une garderie affiliée de Chizavane, à 40 km de là. Ils ne jouent pas avec les autres enfants. »

Une autre raison qui pourrait expliquer pourquoi les enfants qui viennent d'arriver sont renfermés est qu'ils peuvent seulement communiquer en shangana, la langue locale, et non en portugais ― la langue franque du Mozambique. « Ici, on leur apprend à socialiser et à parler le portugais », explique Mme Langa.

Créées en 2002, les garderies permettent chacune d'accueillir environ 65 enfants âgés de trois à cinq ans. Elles reçoivent l'appui d'Aide à l'enfance, une organisation non gouvernementale (ONG) financée par l'Agence canadienne de développement international (ACDI).

« Aide à l'enfance nous a aidés à découvrir comment nous voulions être aidés, déclare Mme Sitoe. Elle ne nous donne pas d'argent, mais nous aide plutôt à assurer le bon fonctionnement de notre garderie. »

Par exemple, Aide à l'enfance a construit des bâtiments solides d'une pièce dotés de toits de tôle afin que les enfants puissent apprendre leurs leçons et jouer dans un environnement sain et confortable. L'ONG fournit aussi du matériel scolaire comme des ardoises individuelles. Il s'agit là d'une nette amélioration, puisque les enfants n'ont désormais plus à tracer des lettres et des chiffres dans le sable.

Même si les enfants apprennent les rudiments du développement personnel ― se laver régulièrement, se brosser les cheveux, s'habiller correctement ― l'objectif principal du personnel, dont les cuisiniers qui préparent des repas chauds aux enfants, est de faire en sorte que les enfants d'âge préscolaire s'intègrent bien dans la société et qu'ils soient prêts à entrer à l'école primaire. « Lorsque les enfants quittent cet endroit, nous voulons qu'ils soient avisés et en mesure de réussir leurs études, affirme Mme Sitoe. Un enfant peut participer grandement à l'avenir de cet endroit et travailler pour le bien de ce pays. »

Évidemment, on peut toujours faire mieux. Et Aide à l'enfance relève ce défi. « Ils nous ont promis de construire plus de salles de classe, soutient Mme Langa. Nous aurions aussi bien besoin de jouets. »

L'éducation des enfants représente l'un des Objectifs du Millénaire pour le développement et l'un des trois secteurs de concentration de l'ACDI au Mozambique, les deux autres étant la santé et le VIH/sida, et l'agriculture et le développement rural.


L'ACDI obtient des résultats
  • Grâce au soutien des donateurs, le gouvernement du Mozambique, par l'entremise du Conseil national de lutte contre le sida, a apporté son aide à plus de 325 000 orphelins et enfants vulnérables en 2008.
  • De plus, le soutien des donateurs a permis au gouvernement du Mozambique d'augmenter le nombre d'enfants qui s'inscrivent à l'école, qui la fréquentent et qui terminent leurs études, et de fournir du matériel scolaire, ce qui incite les enfants à rester à l'école.


Aider les enfants vulnérables au Mozambique
  • Au total, 1,6 millions d'enfants mozambicains sont orphelins ou vulnérables en raison du VIH/sida, ce qui représente de 12 % à 16 % de la population totale.
  • On compte 90 000 enfants séropositifs au Mozambique.
  • Les études démontrent que les enfants ― particulièrement les enfants vulnérables ― qui fréquentent des établissements préscolaires sont mieux préparés pour l'école primaire, sont moins susceptibles d'abandonner leurs études et ont un meilleur rendement que les enfants qui n'y sont pas allés.
  • Le gouvernement du Mozambique a pour objectif de fournir aux orphelins et aux enfants vulnérables en raison du VIH les six services essentiels suivants : la santé, l'éducation, la nutrition et l'alimentation, l'aide juridique et psychologique, et le soutien financier. La fourniture de trois de ces services constitue la norme minimale de soins.