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Une solution à portée de main

© ACDI-CIDA/Jean-François LeBlanc
Un jeune garçon prend un verre d'eau potable tirée d'un puits grâce à une pompe manuelle.
Dans le district de Zavala de la province d'Inhambane, au Mozambique, de nombreuses femmes et filles consacraient plusieurs heures par jour à aller chercher de l'eau. Elles devaient marcher jusqu'à 15 kilomètres pour se rendre à une rivière. Au retour, elles transportaient sur leur tête de gros récipients en plastique de 20 litres remplis d'eau; plusieurs d'entre elles portaient aussi leur bébé.

Cette façon de faire avait plusieurs conséquences négatives. Souvent, les filles ne pouvaient fréquenter l'école parce qu'elles devaient aller chercher de l'eau. Même celles qui fréquentaient l'école devaient se charger de cette corvée après la classe.

De plus, l'eau des rivières n'était pas toujours potable. « Nous avons souffert à cause de l'eau que nous puisions dans la rivière Dongane », explique Catarina, une femme âgée qui vit dans la collectivité de Ngulele. « L'eau était très sale et nous a causé des problèmes de santé. » La maladie la plus souvent contractée lorsque l'on consomme des eaux non traitées est le choléra. L'espérance de vie moyenne au Mozambique, l'un des pays les plus pauvres au monde, est de 49 ans.

La solution aux problèmes était évidente : il fallait créer un réseau de puits placés à des endroits stratégiques et faciles d'accès. En 2000, Cowater, une entreprise canadienne financée par l'ACDI, a accepté de relever le défi et de concevoir et mettre en place un réseau durable d'approvisionnement en eau dans la province. Le but du Programme d'aménagement hydraulique en milieu rural de l'Inhambane est de s'assurer que personne n'ait à marcher plus de cinq kilomètres pour avoir accès à de l'eau potable.

Deux femmes à un puits © ACDI-CIDA/Jean-François LeBlanc
Des femmes remplissent leur récipient d'eau potable grâce à une pompe à énergie solaire.
Deux types de puits ont été construits, en fonction de la profondeur de la nappe phréatique. Lorsque celle-ci se trouvait à moins de 45 mètres, des pompes manuelles ont été installées; au-delà de 45 mètres, on a privilégié des pompes électriques alimentées par des cellules solaires.

Les pompes à énergie solaire coûtent plus cher que les pompes manuelles; toutefois, en plus d'être très efficaces dans les puits profonds, elles tombent moins souvent en panne. Par temps ensoleillé, les panneaux solaires produisent assez d'énergie pour recueillir de l'eau continuellement; celle-ci est gardée dans de gros réservoirs en plastique. Le remplissage d'un réservoir de 5 000 litres prend environ une heure et demie. Plusieurs gros réservoirs sont nécessaires pour répondre aux besoins des habitants lorsque le temps est nuageux et que les pompes à énergie solaire ne fonctionnent pas. Qu'arrive-t-il pendant la saison des pluies lorsque le temps est souvent nuageux ? On récolte la pluie dans des récipients en terre cuite.

La construction de puits a porté ses fruits. Il y a maintenant des points d'eau dans 260 collectivités, ce qui permet à 130 000 personnes dans cinq districts d'avoir accès à de l'eau potable. Les gens qui bénéficient des puits sont aussi des intervenants dévoués. Dans chaque communauté, les familles donnent 50 meticais (environ 2,50 $) pour contribuer au projet et un comité d'habitants gère l'exploitation et l'entretien des puits.

Selon Catarina, le puits qui a été construit en 2004 a vraiment eu un effet positif dans sa collectivité : « Maintenant, l'eau est bonne. Elle n'est pas contaminée, explique-t-elle, et nous ne sommes plus obligés d'aller chercher de l'eau à la rivière puisque le puits est tout près. »

La population du Ngulele augmente, et cette croissance se traduit évidemment par une demande plus grande en eau potable, une ressource si précieuse. « Maintenant qu'il y a de plus en plus de gens ici, on serait heureux d'avoir un autre puits ! », déclare Catarina.

L'approvisionnement en eau potable fait partie intégrante du thème prioritaire de l'ACDI qui est d'améliorer la sécurité alimentaire. Il contribue aussi à l'atteinte du septième Objectif du Millénaire pour le développement, qui vise entre autres à réduire de moitié le pourcentage de la population qui n'a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable.

L'ACDI obtient des résultats
  • Grâce au Programme d'aménagement hydraulique en milieu rural de l'Inhambane, environ 130 000 hommes, femmes et enfants ont un meilleur accès à de l'eau potable.
  • Dans les districts cibles, la durée moyenne du trajet à pied est passée de 120 minutes à 32 minutes.
  • La consommation d'eau dans les districts cibles a augmenté de 9,9 litres par jour à 15,4 litres.