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Lutter contre le sida côte à côte

Un homme séropositif et son épouse © ACDI-CIDA/Jean-François LeBlanc
Alberto Manhique et son épouse Laurinda se sentent mieux grâce aux antirétroviraux et aux soins à domicile fournis par une organisation mozambicaine financée par l'ACDI.
Il est maigre comme un clou, marche avec précaution à l'aide d'un bâton et parle d'une voix rauque. « Avant, je ne pouvais pas me rendre de la hutte jusqu'aux latrines, déclare Alberto Manhique, qui vit à Xai-Xai, dans le sud du Mozambique. Mais maintenant je me sens mieux. »

M. Manhique prend des antirétroviraux ― et ceux-ci sont efficaces. Son épouse Laurinda en prend également. Elle a été dépistée positive pour le VIH après que son mari soit tombé malade, mais elle se sent bien.

Les Manhique, qui ont quatre enfants, bénéficient de l'aide d'une organisation locale nommée Lado-Lado, ce qui signifie « côte à côte » en portugais.
Lado-Lado, qui fournit des soins à domicile aux personnes atteintes du VIH/sida, a été créée en 2000 et comptait alors 16 volontaires; ils sont maintenant au nombre de 76.

« L'aide canadienne nous a permis de prodiguer des soins à domicile, affirme Natércia Duvane, coordonnatrice de Lado-Lado. Avec l'aide d'une infirmière, nos volontaires aident à offrir des soins aux malades qui ont d'abord été examinés dans une clinique. Les malades vont seulement à l'hôpital en cas de complications. »

Parfois, les volontaires de Lado-Lado sont les seuls à vouloir visiter les personnes vivant avec le sida. Le caractère honteux attribué à la maladie fait que les amis et les voisins ont tendance à éviter les malades. « Le seul appui que je reçois vient de ma famille et de cette organisation dont les volontaires sont venus me voir à plusieurs reprises », déclare M. Manhique.

Grâce au financement de l'Agence canadienne de développement international (ACDI), les volontaires de Lado-Lado ont apporté un soutien à 85 personnes du district en fournissant divers services : ils offrent un appui psychologique, ils montrent aux membres de la famille comment prendre soin de leurs proches malades et ils déterminent quand une personne doit aller à l'hôpital.

L'organisation possède un champ de trois hectares sur lequel les volontaires font pousser du maïs et des haricots afin de nourrir les malades. Le développement de ces cultures représente aussi un objectif pour les personnes atteintes du sida. Lorsque les antirétroviraux commencent à agir, certaines personnes se sentent assez bien pour s'occuper des cultures. Cela leur permet de sortir de la maison, de faire de l'activité physique et de se sentir utiles.

Les volontaires que recrute Mme Duvane obtiennent des résultats. Elle se souvient d'une femme qui se trouvait à un stade avancé d'une maladie liée au sida et qui a commencé à recevoir un traitement antirétroviral ― et la visite devolontaires de Lado-Lado. « Elle ne pouvait plus marcher. Elle ne pouvait plus rien faire, affirme Mme Duvane. Grâce aux efforts de nos volontaires, la santé de la dame s'est améliorée et elle s'est ensuite jointe à notre organisation en tant que volontaire très dévouée. Lorsqu'elle visite les malades à domicile, elle peut leur parler de sa propre expérience et leur raconter comment elle en est arrivée là. »

Lado-Lado a donné le même genre d'espoir à Alberto Manhique. « L'avenir, c'est de travailler et de vivre avec ma femme et mes enfants, dit-il. Tout ce que je souhaite, c'est aider ma famille. »

Ce projet fait partie des initiatives financées par l'ACDI visant à renforcer le système de santé du Mozambique afin que tous les citoyens, quel que soit l'endroit où ils habitent, aient accès à des services de santé de qualité, y compris à des programmes de prévention et de traitement du VIH/sida. Ces projets contribuent également aux progrès du Mozambique en vue d'atteindre trois (le quatrième, le cinquième et le sixième) des Objectifs du Millénaire pour le développement, soit ceux qui visent à réduire la mortalité infantile, à réduire la mortalité maternelle ainsi qu'à enrayer la propagation du VIH/sida et à inverser la tendance actuelle à cet égard.


Le VIH/sida au Mozambique
  • Au total, 11,5 % de la population adulte au Mozambique est porteuse du VIH.
  • Les femmes sont touchées par le VIH de façon disproportionnée : les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont trois fois plus susceptibles d'être séropositives que les hommes du même âge.
  • Le sida est responsable de 27 % des décès chez les adultes.
  • Le Conseil national de lutte contre le sida du Mozambique a été créé en 2000. L'ACDI finance le Conseil et des partenaires mozambicains dans leur lutte contre le VIH/sida.


L'ACDI obtient des résultats
  • Grâce au soutien des donateurs, le gouvernement du Mozambique a fait passer le nombre de postes sanitaires qui offrent des traitements afin de prévenir la transmission du VIH de la mère à l'enfant de 96 en 2005 à 832 en 2009.
  • En 2005, moins de 20 000 personnes par année recevaient un traitement contre le VIH/sida (thérapie antirétrovirale). En 2009, grâce au soutien de l'ACDI et d'autres donateurs, ce nombre s'élevait à presque 157 000.