Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre d'une magnitude de 7,0 sur l'échelle de Richter frappe Haïti. Le bilan s'élève à plus de 220 000 morts, 310 000 blessées et 2,1 millions de personnes déplacées.
Le séisme a entraîné la destruction de 80 % des édifices de la ville de Léogâne, située à l'ouest de Port-au-Prince.
Devant un désastre d'une telle ampleur, le Canada, avec d'autres bailleurs de fonds, décide d'appuyer un projet de gestion des débris à Léogâne. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), en collaboration avec la mairie de Léogâne et d'autres partenaires, met de l'avant le projet.
Georges Tadros, directeur du projet de gestion des débris, PNUD : « Mon nom est Georges Tadros, je suis le directeur de projet de gestion des débris à Léogâne.
Ce projet a été financé en première étape par le gouvernement du Canada, l'ACDI, suite au tremblement de terre. »
« L'idée qu'on avait en tête avec la mairie, c'est qu'on voulait vraiment se concentrer sur la relance économique de la région et que les débris devenaient le moyen et pas le but. Dans ce sens-là, la création d'emplois, qu'on a créés avec nos partenaires, et l'appui en matériel mécanique pour dégager la ville, a permis de capitaliser les gens les plus pauvres, qui ont eu la chance alors de repartir un petit commerce, de recommencer à reprendre leur vie un tout petit peu. »
Jean-Louis Guston, co-directeur du projet de gestion des débris, Mairie de Léogâne : « Avec l'appui de ce projet, l'appui du PNUD, ce financement a permis à ces gens, premièrement de débarrasser les débris de leur propriété et permettre à ces gens aussi de regagner chez eux et pour un peu et déblayer les sites, je dis, les sites et les camps de fortune. »
« Et la deuxième chose aussi, ça a permis à ce que la vie reprenne à l'intérieur de la ville de Léogâne et à l'intérieur des zones avoisinantes de Léogâne. »
Georges Tadros : « Nous, qu'est-ce qu'on va faire, une fois que les débris sont emmenés au site de Ça Ira, qui est le site de recyclage et le site de décharge, on va les broyer, on va les trier, on va utiliser un partie pour la finition extérieure des maisons, mais la plupart des débris on va les utiliser pour faire du remblayage, et l'autre part, aussi, on va faire des adoquins qu'on va essayer de revendre à des commerçants pour qu'eux puissent créer des emplois puis créer du commerce à l'intérieur de la ville. »
Jean-Patrick Lafleur Oliguerre, Collectif pour le développement de Ça Ira : « Ce projet est important pour nous depuis qu'il a été implanté dans Ça Ira. »
« Aujourd'hui, avec le PNUD et grâce au financement du Canada, nous pouvons bénéficier de ce projet. Le projet permet aux gens de Ça Ira d'envoyer leurs enfants à l'école, de manger... Il y a des gens qui sont même arrivés à économiser et à investir. »
Phil Maanulwa, chef de mission, IEDA Relief : « Ce qui est important pour nous c'est plutôt voir que c'est Haïtiens et Haïtiennes qui prennent responsabilité, c'est eux en fait qui prennent la charge de leur propre reconstruction. »
« Ce qui m'a beaucoup encouragé, c'est que plutôt les Haïtiens se la sont appropriée, ils ne l'ont pas vue comme un problème canadien ou d'organisations étrangères ou d'autres personnes mais plutôt leur propre problème et, à mon avis, ça nous encourage. »
« Puis on est en train de voir que, de jour en jour, il y a, comment dirais-je, un plus qu'on est en train d'apporter auquel exactement le peuple canadien devrait être très fier de ce travail. »
Georges Tadros : « La réponse, je trouve que nos partenaires, incluant la mairie, s'est assurée qu'une bonne participation des femmes, et je pense en moyenne sur le projet de Léogâne de débris, on est environ 55% de femmes qui participent dans le projet, comparativement aux hommes. »
Phil Maanulwa : « Je dois dire que le projet et l'impact visible, autant de maisons par exemple qui ont été nettoyées, c'est à dire ces maisons qui représentaient un danger, aujourd'hui sont maintenant des sites habitables. On a vu dans certaines maisons nettoyées avec les débris on peut maintenant installer les shelters et aussi être en mesure d'associer d'autres programmes. »
Rose Perpetua Augustin : « J'étais au chômage lorsqu'IEDA est venu déblayer ma maison et je ne me suis pas inscrite pour travailler. Mais lorsque j'ai pu revenir habiter ici, je me suis inscrite et j'ai demandé du travail pour subvenir à mes besoins et ceux de ma fille. IEDA m'a donné l'occasion de travailler pour eux. »
« Il y a plein de jeunes dans le quartier qui sont au chômage. IEDA est venu, leur a donné du travail et certains on démarré un commerce avec l'argent qu'ils ont reçu. C'est très bon pour moi car j'élève ma fille seule et grâce à ce travail, elle pourra aller à l'école en septembre. »
Willys Geffrard, gestionnaire de projet, CRWRC Disaster Response : « Le sous-emploi ici est colossal. Donc, donner du travail à des gens, même pour une journée, même pour une semaine, même... disons, pour chaque deux semaines, c'est très important. Donc, je pense que la dimension la plus importante, aussi, ce n'est pas pour minimiser les autres, mais donner du travail à des gens, des femmes aussi [...] et connecter avec la communauté dans une façon sérieuse, si vous voulez, engagée, c'est ce qui fait notre fierté ici. »
Suzanne Desrosiers : « Ce projet aide beaucoup les gens. En travaillant, les gens gagnent de l'argent et cela leur permet de s'occuper de leurs familles, d'envoyer leurs enfants à l'école, d'acheter de la nourriture ou des choses dont ils ont besoin. Cela les aide. »
Georges Tadros : « Le travail n'est pas fini encore, il y a beaucoup de travail à faire, il y a presque encore 1,5 million de mètres cubes de débris à enlever, la zone de Léogâne et les trois sections communales, c'est vraiment vaste, on va essayer, maintenant que la ville est presque nettoyée à 75 %, de commencer à sortir un peu plus dans les zones communales et voir comment on peut relancer dans toute la région. »
Suzanne Desrosiers : « Quand les gens n'ont rien à faire, ils sont découragés, mais grâce à ce travail, ça leur donne de l'espoir. Ça leur donne de l'espoir. »