Aux yeux de la communauté internationale, l'année 2008 est importante à bien des égards. Nous sommes à mi-parcours avant l'échéance fixée pour le respect des Objectifs du Millénaire pour le Développement et de la Déclaration de Paris. Ensemble, nous avons réalisé certains progrès importants, mais il nous reste beaucoup à faire si nous voulons atteindre nos objectifs.
Nous reconnaissons qu'il est non seulement nécessaire de renouveler notre engagement mais aussi de renforcer nos interventions. Prendre un engagement ne suffit pas. Il faut agir pour obtenir des résultats. De plus, le succès repose sur la participation de tous les partenaires du développement. Nous vous assurons que le gouvernement du Canada fera sa part.
La priorité de développement du gouvernement canadien est la réduction de la pauvreté. La reddition de comptes et l'efficacité de l'aide seront le sceau du programme de l'Agence canadienne de développement internationale (ACDI). Notre approche permettra de renforcer l'efficacité de notre programme d'aide en améliorant la concentration, l'efficacité et les résultats ciblés. À titre de membre de la communauté internationale, nous ne pouvons, seuls, réussir à accroître la concentration et l'efficacité. Afin de fortifier la cohésion et la coordination, nous devons améliorer le dialogue entre toutes les parties, y compris la société civile et les fournisseurs d'aide qui ne font pas partie du Comité d'aide au développement (CAD). C'est pourquoi le Canada est fier d'avoir apporté son appui, comme plus de 100 autres donateurs et pays partenaires, à la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide en 2005. Ensemble, la Déclaration de Paris et le Plan d'action d'Accra nous donnent à tous l'occasion de redoubler d'efforts.
Notre expérience dans des États fragiles montre de quelle manière l'harmonisation et l'action commune en appui à un programme de développement pris en charge par le gouvernement local et la population peuvent produire des résultats tangibles. Un plan, la Stratégie de développement national de l'Afghanistan, est soutenu par un mécanisme de financement coordonné, le Fonds d'affectation spéciale pour la reconstruction de l'Afghanistan. Il a jeté les bases qui ont permis aux donateurs d'harmoniser l'aide avec les priorités des Afghans et de coordonner les initiatives de renforcement des capacités selon les besoins définis par le pays. Il permet aussi aux donateurs de travailler ensemble grâce à des ententes communes, des missions conjointes et un travail d'analyse collectif. Cette approche de collaboration n'est pas unique à l'Afghanistan. Le Canada a aussi travaillé avec des gouvernements, d'autres donateurs et des organisations de la société civile en Tanzanie, au Ghana et au Vietnam. De nombreux autres partenaires participent à ces initiatives afin d'exploiter pleinement le potentiel de cette approche pour réduire la pauvreté.
Une gouvernance saine, y compris la prise en charge démocratique des plans et des priorités en matière de développement, est un facteur clé qui permet de réduire la pauvreté et d'obtenir des résultats durables à long terme. Un gouvernement devient plus efficace lorsqu'il rend des comptes, fait la promotion de la primauté du droit et respecte les droits de la personne fondamentaux. En faisant participer ses citoyens grâce à des organes représentatifs, à la société civile, les médias et le secteur privé, la viabilité à long terme des résultats peut être atteinte. Le Canada soutiendra les efforts de ses partenaires afin de consolider la gouvernance et la prise en charge démocratiques.
En tant que membre de la communauté internationale, le Canada fait appel à tous les intervenants du développement afin de joindre nos efforts pour une aide plus efficace. Pour accélérer l'atteinte des objectifs en matière de développement, tous doivent prendre part à la discussion. Nos partenariats doivent être plus coordonnés et inclusifs. Ils doivent mettre à profit la contribution de tous les partenaires du développement, dont les fournisseurs d'aide qui ne font pas partie du CAD et les organisations de la société civile. En favorisant une aide plus cohésive, efficace et responsable, nous verrons des résultats durables en matière de développement. Dans ce contexte complexe, nous devons unir nos efforts afin de maximiser les ressources, de réduire les chevauchements et d'éviter la distorsion des priorités.
La reddition de comptes est au coeur de tout ce que nous faisons en tant que gouvernements. Dans le contexte du développement international, nous devons rendre des comptes à nos citoyens et à ceux des pays partenaires. L'amélioration des systèmes de gestion des dépenses publiques et des fonctions de contrôle et d'évaluation doit contribuer à la prise de décisions éclairées relativement à l'élaboration de politiques et au budget, de même qu'au suivi des progrès et des résultats obtenus.
Nous devons tirer profit de l'occasion offerte par le Plan d'action d'Accra de renforcer l'efficacité de l'aide et de réaliser des résultats qui améliorent clairement la vie des citoyens des pays partenaires. Notre crédibilité en tant que communauté en dépend. Un engagement réitéré, un meilleur fondement pour une prise en charge nationale réelle de même qu'un partenariat élargi - qui accueille la société civile et les fournisseurs d'aide qui ne font pas partie du CAD - permettront de faire un grand pas vers l'efficacité du développement.
Notre capacité de faire une différence réelle à l'égard de la réduction de la pauvreté en dépend.