Gouvernement du Canada

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Métier : réparateur de livres

© ACDI-CIDA
Une écolière de la région rurale de Kayes, au Mali, montre fièrement son manuel de géométrie.
Pas facile d'apprendre dans un livre tout abîmé et auquel il manque des pages ! C'est pourtant la triste réalité des jeunes du Mali. Comme 92 % de la population vit avec moins de deux dollars par jour, l'achat de manuels scolaires neufs représente une dépense considérable pour les familles où l'équilibre budgétaire est facilement mis en péril.

Le gouvernement malien reconnaît les conséquences fâcheuses du manque de manuels scolaires en bon état. Il n'a pas la capacité financière de pouvoir acheter régulièrement de nouveaux manuels pour les écoles primaires du pays. Cependant, grâce au Canada, une solution alternative s'offre désormais à l'achat de livres neufs : la réparation des manuels existants. C'est ainsi que l'Agence canadienne de développement international (ACDI) a financé, au cours des dernières années, la mise en oeuvre d'un projet pilote en développement des capacités en réparation de livres scolaires. Ce projet, qui s'inscrivait dans le Plan d'action du ministre malien de l'Éducation, a été mené avec l'appui du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick à Dieppe.

C'est la région de Kayes, dans l'ouest du Mali, que l'ACDI a retenue comme partenaire pour ce projet. Cette région était toute désignée puisqu'elle figurait parmi les plus structurées au plan de la décentralisation de la gestion de l'éducation. L'objectif de ce projet était de créer un nouveau métier de réparateur de manuels scolaires et visait à outiller les artisans pour qu'ils soient en mesure d'offrir des services de réparation de manuels aux écoles à la grandeur de son territoire.

Un homme répare un livre © ACDI-CIDA
Un réparateur de manuels peut réparer de 300 à 350 manuels par mois.
Au Mali, la durée de vie normale d'un manuel scolaire est habituellement de trois ans. « Il faut bien comprendre les conditions particulières dans lesquelles ces livres sont utilisés. À titre d'exemple, la colle dont on se sert pour fixer les pages ne résiste pas à la grande chaleur du climat sahélien. Elle fond ! On doit donc trouver des solutions durables pour renforcer les livres endommagés. L'entreposage pose également un problème. Des livres mal entreposés ou qui sont rongés par les termites ont une durée de vie précaire. Parfois, les manuels sont dans un tel état de délabrement que nos réparateurs doivent rassembler plusieurs manuels pour en fabriquer un seul », explique Modibo Diarra, conseiller technique du projet.

Un artisan peut réparer de 300 à 350 manuels par mois. Quatre techniques sont utilisées par les réparateurs: la couture-surjet, la reliure allemande, la technique combinée couture-surjet et reliure allemande - technique plus solide et inventée au Mali - et l'agrafe. Selon la technique choisie par le client, le réparateur demandera de 300 à 400 FCFA (de 0,75 $ à 1 $CAN) par livre. « Les réparateurs sont indépendants et voyagent d'école en école avec leur boîte à outils. Ils peuvent exercer leur métier partout, sur la route, dans leur atelier, s'ils en ont un, ou à la maison », ajoute M. Diarra.

On estime que ces manuels scolaires reconditionnés auront un effet bénéfique sur la scolarité des écoliers maliens de la région de Kayes. En plus de contribuer à la réduction des charges parentales, ces manuels achetés à moindre coût permettront d'améliorer la qualité de l'enseignement ainsi que de l'apprentissage, puisqu'un plus grand nombre d'élèves disposeront d'un livre en bon état. « On sait que le livre joue un rôle central dans l'acte d'apprendre. C'est un enjeu important dans l'amélioration de l'enseignement fondamental au Mali. Lorsque chaque enfant a son propre livre, il est en mesure de suivre les instructions du maître en classe et il peut étudier à la maison », précise M. Diarra.

En plus de favoriser le nouveau métier d'expert en réparation de livres qui peut être exercé tant par les femmes que les hommes, l'ACDI, par l'entremise du projet, fait un pas de plus vers l'atteinte du deuxième Objectif du Millénaire pour le développement : assurer l'éducation primaire pour tous. Donner la possibilité d'acheter des livres à moindre coût contribue à augmenter l'accessibilité de l'éducation, ainsi que la rétention des élèves à l'école dans un pays où six enfants maliens sur dix ne terminent pas leurs études primaires.