
La Bolivie est l'un des pays les plus pauvres d'Amérique latine. Le Canada, par l'entremise de l'ACDI, aide ce pays à renforcer ses pratiques de bonne gouvernance, à réformer ses institutions publiques, à instaurer une meilleure réglementation pour les secteurs économiques stratégiques et à réduire la pauvreté.
Représentant plus de 50 % des revenus annuels du gouvernement et des exportations, l'industrie du pétrole et du gaz (des hydrocarbures) est l'un des principaux moteurs de l'économie de la Bolivie. Les efforts que déploie le Canada depuis 1994 pour aider la Bolivie à développer son secteur des hydrocarbures portent fruit.
Grâce aux projets de l'ACDI, des organismes gouvernementaux boliviens ont reçu de la formation ainsi qu'une assistance technique leur permettant de surveiller et de gérer l'industrie pétrolière, notamment un soutien pour la création d'organismes de réglementation, de lignes directrices opérationnelles, d'une législation nationale et de normes environnementales. L'adoption de procédures et de normes acceptées sur la scène internationale s'est soldée par une augmentation de la production et des exportations d'hydrocarbures.
« Les conseillers canadiens ont aidé la Bolivie à mettre en œuvre un cadre de réglementation et des lois qui ont débouché sur de vastes investissements dans des activités d'exploration et de développement de grande envergure », explique le spécialiste de l'industrie Tony Galisheff. Depuis, le nombre de réserves de gaz naturel découvertes a décuplé en Bolivie; on y a d'ailleurs recensé 3 des 50 gisements les plus importants au monde. »
Les capacités de la Bolivie à traiter avec les entreprises étrangères ont aussi été renforcées. « Avec l'aide du Canada, nous avons pu élaborer une structure tarifaire pour les entreprises qui transportent du pétrole et du gaz naturel, a indiqué Gonzalo Castro, ancien officiel du ministère des Hydrocarbures et de l'Énergie. Nous avons appris des techniques d'arbitrage et comment soumettre des sociétés internationales à des vérifications réglementaires. Nous possédons maintenant les compétences techniques et les connaissances nécessaires pour négocier avec des équipes internationales. »
En mettant son savoir-faire à la disposition de la Bolivie, le Canada a permis à celle-ci d'augmenter les recettes fiscales qu'elle tire des entreprises pétrolières et gazières. Avec l'aide de l'Agence du revenu du Canada, le projet de l'ACDI a permis de créer une unité spécialisée chargée de recueillir et de gérer les impôts payés par ces entreprises.
« Les Boliviens en ont assez de l'évasion fiscale et de la corruption, affirme Waldo Cerutto, gestionnaire de l'unité spécialisée. Le projet de l'ACDI a fait en sorte que la population a désormais plus confiance en la capacité du gouvernement à percevoir et à distribuer de façon juste les taxes sur le pétrole et le gaz. Avant, on se faisait huer, maintenant on se fait féliciter. L'amélioration de la perception des taxes est à l'origine d'une stabilité économique accrue, qui elle contribue à la stabilité politique de la Bolivie. »
Le gouvernement bolivien a ainsi quadruplé ses recettes fiscales provenant du secteur des hydrocarbures : de 546 millions de dollars américains en 2004, elles sont passées à 2 milliards de dollars américain en 2007. L'essentiel de ce surplus sert à financer des initiatives visant l'égalité sociale - cliniques, écoles, routes et programmes de création d'emplois - en faveur des pauvres.
Grâce à deux autres projets de l'ACDI, certaines communautés indigènes jouent maintenant un rôle plus actif dans le développement pétrolier et gazier dans la région. Des équipes techniques indigènes planifient les opérations et en font le suivi, évaluent l'impact environnemental et négocient des compensations justes pour leurs collectivités.
Le projet de l'ACDI a aussi permis d'ouvrir les portes de l'industrie pétrolière aux professionnelles. Dans le cadre de programmes d'orientation professionnelle donnés dans les écoles secondaires et d'internats universitaires, les femmes abattent les barrières qui les empêchaient d'avoir accès à des emplois dans le secteur des hydrocarbures.
Lorsque Martha Saucedo a quitté l'école secondaire de La Paz, personne ne croyait qu'elle deviendrait ingénieure pétrolière. « Mon père m'a demandé pourquoi j'avais choisi un domaine typiquement masculin plutôt qu'un domaine comme l'enseignement, qui convient plus aux femmes ». Après un internat d'un an, financé par l'ACDI, Martha, employée à temps plein au ministère des Hydrocarbures et de l'Énergie, est maintenant responsable de faire le suivi des opérations exécutées dans les champs pétrolifères de Bolivie, et elle parraine d'autres jeunes femmes qui aspirent à travailler dans ce domaine.
Gonzalo Castro conclut : « Le Canada a grandement contribué au développement de l'industrie pétrolière et gazière de la Bolivie. Nous avons beaucoup appris grâce à son expérience et à son savoir-faire. »