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L'enregistrement des naissances en Tanzanie

La naissance marque le début d'une nouvelle vie. L'enregistrement de cet événement dans les dossiers du gouvernement d'un pays permet de consigner le nom de chaque enfant et sa date de naissance et d'ainsi reconnaître officiellement son existence. L'acte de naissance est le document prouvant que la naissance d'un enfant a bel et bien été enregistrée.

© UNICEF
Un jeune garçon regarde avec curiosité sa mère qui remplit les documents nécessaires pour enregistrer la naissance de ses enfants. Grâce au soutien du Canada, ces deux enfants tanzaniens recevront des actes de naissance qui serviront à prouver leur âge et à protéger leurs droits fondamentaux.

En décembre 2013, l'UNICEF a révélé qu'à l'échelle mondiale, jusqu'à 230 millions de naissances d'enfants n'avaient pas été enregistrées officiellement. Bon nombre de ces enfants vivent dans des pays en développement, dont la Tanzanie, qui se classe au deuxième rang des pays affichant le plus haut taux de naissances non enregistrées en Afrique de l'Est et centrale.

En avril 2012, plus de 90 % des enfants de moins de cinq ans vivant en Tanzanie continentale n'avaient pas d'acte de naissance. Sans ce document, ces enfants pourraient être privés de leurs droits fondamentaux et des protections élémentaires. Qu'est-ce que cela signifie pour eux au quotidien, en Tanzanie? Sans preuve de leur naissance, ces enfants pourraient ne pas avoir accès à l'éducation ni aux soins de santé, et être privés de droits importants reconnus par la loi. Ils sont aussi plus susceptibles de subir de mauvais traitements, de devoir se marier ou travailler à un jeune âge, ou encore de faire l'objet de poursuites en tant qu'adultes s'ils sont accusés d'avoir commis un crime. À plus long terme, ils ne sont pas autorisés à voter ni à s'inscrire pour obtenir un emploi ou toute forme d'aide sociale.

En Tanzanie, même si la loi oblige les parents à enregistrer la naissance de leur enfant, la réalité est tout autre. Les frais liés au long trajet devant être effectué pour enregistrer la naissance de l'enfant, et l'obligation de refaire ce trajet 90 jours plus tard pour aller chercher l'acte de naissance, sont autant de facteurs qui rendent ce processus difficile pour de nombreuses familles. En fait, un sondage mené en 2010 à l'échelle nationale a révélé que seulement 4,4 % des familles pauvres (comparativement à 56 % des familles ayant un revenu plus élevé) et 10 % des familles des régions rurales (comparativement à 44 % des familles des régions urbaines) enregistraient la naissance de leur enfant.

En juillet 2013, financée par Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada et aidée par le bureau national de l'UNICEF en Tanzanie, l'organisme Voluntary Services Overseas et l'entreprise TIGO, l'Agence d'enregistrement, d'insolvabilité et de tutelle (Registration, Insolvency and Trusteeship Agency ― RITA) de la Tanzanie a lancé la première campagne intensive d'enregistrement des naissances. Au cours des deux premiers mois du projet, plus de 100 000 enfants ont été enregistrés et ont reçu un acte de naissance. Ce premier succès a favorisé l'élaboration d'un objectif à long terme, soit d'atteindre d'ici 2015 un taux d'enregistrement des naissances supérieur à 50 % pour les enfants de moins de cinq ans, pour que 850 000 enfants puissent obtenir leur acte de naissance dans cinq des régions prioritaires de la Tanzanie (Mbeya, Mwanza, Geita, Shinyanga et Simiyu). Si cet objectif est atteint en 2015, un million d'enfants tanzaniens auront alors reçu un acte de naissance.

© UNICEF
Des mères tanzaniennes font la file pour enregistrer la naissance de leurs enfants. Grâce au soutien accordé par le Canada au programme d'enregistrement des naissances en Tanzanie, plus d'un million d'enfants obtiendront leur acte de naissance d'ici 2015.

Le projet a donné lieu à un processus simplifié. Ainsi, plutôt que de n'avoir qu'un registraire dans chaque district, on a formé des registraires adjoints dans les quartiers, les villages et les bureaux gouvernementaux locaux, de même que dans les hôpitaux et les cliniques afin d'enregistrer les enfants dès leur naissance ou au moment de leur vaccination. Les parents reçoivent ainsi l'acte au moment où ils enregistrent la naissance de leurs enfants. L'acte de naissance est maintenant gratuit pour les enfants de moins de cinq ans.

Tuli Mwankenja, une mère de deux enfants qui a obtenu des actes de naissance pour ces derniers dans la région de Mbeya, a précisé ce que cette possibilité représente pour sa famille : « Je n'aurais jamais cru que mes deux enfants auraient un jour un acte de naissance. C'est un miracle. Je suis très heureuse, car mes enfants pourront maintenant être inscrits à l'école primaire. Merci à tous ceux qui ont lancé ce projet ».

Le processus est également avantageux pour le gouvernement de la Tanzanie. En effet, de nouvelles technologies sont utilisées pour télécharger les données recueillies dans un système centralisé qui répertorie toutes les naissances enregistrées. Le gouvernement utilise ces renseignements pour déterminer le nombre d'enfants au pays, leur sexe et leur âge. Cette évaluation permet aux fonctionnaires de déterminer plus facilement les services essentiels qui doivent être offerts aux enfants et de suivre les progrès dans l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement.

Le gouvernement du Canada demeure résolu à améliorer la qualité de vie des enfants et des jeunes en Tanzanie. Le Canada et le gouvernement de la Tanzanie visent un but commun : veiller à ce que dans ce pays, chaque naissance soit enregistrée et chaque enfant soit le fier titulaire d'un acte de naissance.