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Au Pérou, la résolution des conflits favorise la croissance économique

© Defensoría del Pueblo
Le Canada appuie le Bureau de l’ombudsman (Defensoría del Pueblo) péruvien, dont on voit ici une agente qui renseigne un citoyen sur ses droits et sur les services publics auxquels il a droit, dans un des bureaux du Defensoría del Pueblo.

Durant les années 1980 et 1990, les conflits armés ont marqué la vie de tous les jours des habitants de l'Ayacucho (Ayacuchanos en espagnol), en particulier celle des populations autochtones. Les Ayacuchanosne se sont pas encore tout à fait remis des vingt ans de conflit, ni des inégalités qui caractérisent l'histoire du Pérou depuis longtemps. C'est la raison pour laquelle l'Ayacucho demeure l'une des régions les plus pauvres du Pérou : en 2012, plus de la moitié de la population vivait dans la pauvreté. Cependant, les Ayacuchanos profitent de la forte croissance économique du Pérou pour créer un mode de vie fondé sur la stabilité économique afin d'assurer un meilleur avenir à leurs enfants.

Riche en ressources naturelles, l'Ayacucho reçoit 36,59 millions de dollars par année grâce aux taxes versées par les sociétés extractives établies dans la région (en particulier dans le secteur des mines). Dans tout le pays, cette industrie crée des emplois et soutient la croissance économique locale; elle représente plus de 67 % (plus de 20 milliards de dollars américains) des exportations péruviennes à l'étranger, dont au Canada. En plus de cette longue histoire d'inégalités et de répartition inégale de la richesse, les projets des secteurs des mines et de l'énergie peuvent également devenir des sources de conflits et de malentendus dans la région. Même si toutes les sociétés connaissent des conflits (entre voisins, entre collectivités, entre régions), le maintien de la stabilité sociale et la promotion du développement économique reposent sur la capacité de gérer et de résoudre ces conflits.

L'un des objectifs canadiens du développement au Pérou est de contribuer à la réduction de la pauvreté et de l'inégalité grâce au développement durable des ressources naturelles du pays, dont celles de la région d'Ayacucho. Grâce à l'appui aux programmes de développement social et économique qui s'adressent aux populations vulnérables du Pérou, les Péruviens sont mieux en mesure de profiter du cycle de croissance économique actuel et d'améliorer leur niveau de vie. Par ailleurs, les collectivités sont mieux informées sur l'exercice leurs droits, connaissent mieux les rouages de l'administration péruvienne et sont plus aptes à répondre aux besoins du marché local du travail.

Avec le Projet de prévention des conflits liés à l'utilisation des ressources naturelles, annoncé par le premier ministre Harper, le Canada appuie le Bureau national du dialogue et de la durabilité qui vient d'être établi au Pérou pour aider le gouvernement du pays à jouer un rôle proactif afin de faire des conflits des perspectives de croissance économique. Le Canada aide également le Bureau de l’ombudsman du Pérou (Defensoría del Pueblo en espagnol) à établir des bureaux dans tout le pays, dont un dans la région de l'Ayacucho, pour répondre aux demandes de renseignements et traiter les plaintes des citoyens au sujet des services dispensés par les institutions publiques. Ces efforts apportent un complément à l'appui du Canada à l'Initiative régionale andine, qui vise à promouvoir le dialogue entre le gouvernement, le secteur privé et la société civile, ainsi que l'adoption des meilleures pratiques en matière de responsabilité sociale des entreprises.

Dans l'ensemble, le Canada a offert de la formation à environ 14 500 personnes, en majorité des fonctionnaires, sur les signes précurseurs de conflits, sur la résolution des conflits et la médiation et sur la réduction de la violence dans les conflits sociaux. Cette formation comporte un volet de travail avec des personnes comme Paby Cáceres Vargas, à qui on apprend à bien documenter les conflits au Pérou et à promouvoir des solutions basées sur des faits, qui respectent des droits des Péruviens.

Grâce à son fonds commun multidonateurs, auquel contribuent la Belgique et l'Espagne, le Canada aide le Bureau de l'ombudsman à traiter directement environ 100 000 plaintes présentées chaque année par des citoyens du Pérou, dont des femmes et des autochtones. Le personnel du Bureau de l'ombudsman visite environ 700 districts, en particulier ceux des régions les plus pauvres du pays, pour régler les plaintes portant sur les services gouvernementaux et renseigner environ 130 000 personnes par année sur leurs droits. Le Canada appuie le Bureau de l'ombudsman depuis 1996.

En aidant les fonctionnaires à apprendre à répondre aux besoins et aux préoccupations des populations locales, les institutions publiques respectées comme le Bureau de l'ombudsman et le Bureau national du dialogue sont mieux en mesure d'expliquer les préoccupations des pauvres aux décideurs des administrations des régions et du pays. Ces projets relèvent de l'engagement général du Canada à favoriser une croissance économique durable dans les pays comme le Pérou.