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Rassasiés et prêts à apprendre

Programmes alimentaires dans les écoles de l'Éthiopie
Acquisition de compétences de vie
Appui du Canada

Des enfants qui mangent © ACDI-CIDA/Patti Gower
Les élèves prennent chaque jour un repas chaud dans la cour de l'école.
Deux heures pour vous rendre à l'école et deux autres heures pour revenir à la maison… vous y pensez ? Les enfants d'une petite collectivité agricole de l'Éthiopie font pourtant le trajet tous les jours, le cœur joyeux, même s'ils doivent souvent peiner dans la boue durant la saison des pluies - brève mais intense - ou se déplacer sous un soleil brûlant. Ils font preuve d'une énergie incroyable.

Cela peut sembler un peu incongru dans un endroit comme le Tigray, une province ravagée par la sécheresse, au nord de l'Éthiopie, où la nourriture semble toujours manquer.

Mais voilà, cette école inculque aux élèves le goût du changement.

Les élèves de l'école Abrha We Atsbaha (nom de deux anciens empereurs chrétiens) ont une raison supplémentaire d'être ponctuels, d'être attentifs en classe et de ne pas décrocher : un repas bien chaud les attend.


Programmes alimentaires dans les écoles de l'Éthiopie


Grâce à l'appui du Canada, le Programme alimentaire mondial (PAM) (en anglais seulement) est en mesure d'offrir tous les jours une bouillie faite de maïs, de soya, de sel et d'huile végétale qui contient l'équivalent de 150 grammes de glucides et de protéines. Le programme alimentaire de l'école attire un si grand nombre d'enfants des collectivités environnantes (1 500 au total) qu'il a fallu créer deux horaires, soit une classe le matin et une autre l'après-midi. Pour ce qui est de l'eau potable, les enfants l'apportent de la maison.

Bien qu'il s'agisse d'une école publique (l'accès à l'école primaire - de la première à la huitième année - est gratuit en Éthiopie), la collectivité contribue au programme en fournissant des ressources que n'offre pas le gouvernement. Les membres de la collectivité prennent également des décisions sur ce qui se passe à l'école. Ils ont même commencé la construction d'une classe supplémentaire à la suite d'une récente collecte de fonds. De plus, ils rémunèrent le travail du cuisinier et paient le bois de chauffage qui sert à cuire les repas nutritifs des enfants. Lorsque les bidons d'huile et les contenants dans lesquels se trouve le mélange de maïs et de soya sont vides, l'école les vend pour amasser ainsi un peu plus d'argent.


Acquisition de compétences de vie


Les enfants, de la première à la neuvième année, apprennent le tigrinya (langue régionale), l'amharique (langue nationale) et l'anglais. Ils suivent également des cours de mathématiques, de sciences, de géographie, de civisme, de musique, de dessin, de biologie, de physique, de chimie et d'ébénisterie.

Dans ce pays où de 15 % à 20 % des personnes sont séropositives, la sensibilisation au sida a une place importante dans le programme d'études. Lorsque les cours débutent le matin et l'après-midi, les enseignants ne saluent pas les élèves en disant « bonjour », mais proposent plutôt une discussion de groupe d'environ cinq minutes sur le VIH/sida. On a également formé un « club » de sensibilisation au sida. Les élèves qui en font partie présentent des sketches et récitent des poèmes pour sensibiliser leurs pairs à l'importance de se protéger du virus et pour leur enseigner comment soigner avec respect les personnes atteintes de la maladie.

De plus, l'école compte un étang communautaire et un jardin, lequel représente une autre source de revenu en plus de servir de lieu d'enseignement des compétences de base en agriculture.

Au-dessus de la chaise du directeur de l'école on peut lire : « Prévois ta stratégie de travail et travaille à ta stratégie ». Devant tous les défis qu'il lui faut relever (on a besoin d'un plus grand nombre de classes, de matériel, de toilettes, de bureaux pour les enseignants, d'une source d'eau potable et d'une clôture pour protéger le jardin), le directeur ne peut qu'espérer recevoir les ressources qui lui permettront de mettre ses projets à exécution.

Entre-temps, les élèves peuvent concentrer leurs énergies à leurs études parce qu'ils sont rassasiés. Dans ce pays qui doit sa prospérité croissante à la terre, ces élèves acquièrent des compétences de vie essentielles qu'ils conserveront le reste de leurs jours, et ce, grâce à l'énergie que leur procure la bouillie quotidienne.


Appui du Canada


Le PAM est le plus important organisme international d'aide alimentaire. Il lutte contre la faim dans les pays en développement en fournissant des vivres et l'aide logistique nécessaire à ceux qui en ont besoin.

Au cours de la seule année 2009, le Canada a contribué au succès des programmes d'alimentation en milieu scolaire du PAM dans sept pays africains en aidant plus d'un million et demi d'enfants à avoir accès à l'éducation, à se nourrir et à obtenir de bons résultats scolaires :

Nombre d'enfants ayant reçu des repas en 2009 :

  Filles Garçons Filles recevant des rations pour emporter Total par pays
Éthiopie 261 541 220 250 77 947 559 738
Ghana 54 555 78 819 27 506 160 880
Mali 67 108 61 749 13 924 142 781
Mozambique 99 889 88 876 188 765
Niger 76 359 49 623 10 100 136 082
Sénégal 96 385 89 851 186 236
Tanzanie 109 017 104 735 213 752
Total 764 854 693 903 129 477 1 588 234