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Une nouvelle variété de riz pour Bintu

Une femme et un garçon récoltent du riz dans un champ © ADRAO
Bintu, comme la plupart des femmes vivant en Afrique de l'Ouest, est rizicultrice. Depuis des années, elle était déçue de la faiblesse des récoltes qu'elle obtenait sur sa petite parcelle de terre.

La variété asiatique de riz qu'elle cultivait, plus productive que le riz africain traditionnel, n'est cependant pas aussi résistante aux plantes nuisibles. Après une ou deux récoltes, Bintu était obligée de se déplacer pour défricher de nouvelles terres.

La faible fertilité du sol, la culture sur brûlis et le choix limité de variétés avaient enfermé Bintu dans un cercle vicieux de faible productivité, d'insécurité alimentaire et de revenus minimes qui la privaient de toute chance d'améliorer sa condition.

Pendant que Bintu s'acharnait au travail pour nourrir sa famille, des scientifiques cherchaient à développer une nouvelle variété de riz qui combinerait les meilleures caractéristiques de la variété africaine, qui serait capable de résister aux contraintes et aux maladies locales, et qui offrirait le rendement élevé des variétés asiatiques. L'Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l'Ouest (ADRAO) maintenant appelée Centre du riz pour l'Afrique, et appuyée par l'ACDI par l'entremise de ses programmes multilatéraux et mondiaux, fait partie des 16 centres agricoles internationaux du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale où des phytogénéticiens ont essayé, à partir de leur banque de gènes comptant les semences de plus de 1 500 variétés de riz africain, de croiser les deux espèces de riz. À l'aide d'une technique appelée « récupération d'embryons », ils ont réussi à surmonter la stérilité, problème qui a compliqué pendant de nombreuses années la recherche dans ce domaine.

La variété qui en résulte― le Nouveau riz pour l'Afrique ou NERICA ― a un cycle de croissance plus court, résiste aux plantes nuisibles et aux déprédateurs, tolère la sécheresse et a bon goût, critère important pour la population de l'Afrique de l'Ouest.

Quand le riz était un aliment de luxe, on le servait lors des cérémonies de mariage et des festivals; aujourd'hui, il contribue aux besoins en calories et en protéines des populations plus que toute autre céréale, et autant que toutes les plantes à racines et tubercules réunies. Compte tenu du taux d'accroissement démographique de 3 % par année, la demande de riz s'accroît plus rapidement qu'ailleurs dans le monde. Puisque la production locale ne permet plus de satisfaire la demande, les pays sont obligés d'utiliser leurs réserves limitées de devises étrangères pour importer de grandes quantités de riz.

Des recherches ont montré que dans certains environnements, des variétés de NERICA semblent être beaucoup plus productives que celles actuellement cultivées. Jim Sumberg, directeur de la recherche par intérim à l'ADRAO, affirme que la tâche consiste maintenant à déterminer dans quels environnements les différentes variétés de NERICA s'intègrent le mieux et quelle « technologies complémentaires » permettront d'exploiter leur plein potentiel. Selon lui, les NERICA peuvent véritablement contribuer à réduire l'écart entre production et demande et, de cette façon, à offrir à Bintu et à ses milliers de collègues riziculteurs de nouveaux moyens d'accroître leur sécurité alimentaire et leurs revenus.