Dans les collectivités indiennes du Guyana, beaucoup d'enseignants ne sont pas formés correctement parce que l'accès à l'instruction est difficile et que la qualité en est limitée. Jusqu'ici, les possibilités de perfectionnement étaient presque inexistantes. Dans un seul district, plus de 72 % des enseignants actuels n'étaient pas qualifiés, c'est-à-dire qu'ils n'avaient pas terminé leurs études secondaires et qu'ils n'avaient pas non plus de formation pédagogique. Évidemment, cela signifie également que les taux de succès des élèves restaient médiocres.
Grâce à un programme innovateur financé par l'ACDI et conçu en étroite collaboration avec le ministère guyanais de l'Éducation, des enseignants de régions éloignées du Guyana ont reçu la formation dont ils avaient besoin pour obtenir l'équivalent de leurs études secondaires, puis leur certificat pédagogique.
Plus de 1 380 enseignants et 1 256 gestionnaires de l'éducation ont perfectionné leurs compétences et leur formation. Cela signifie qu'ils sont mieux placés pour améliorer le faible rendement des élèves, d'accroître le pourcentage d'élèves qui terminent leurs études primaires en Guyana et de contribuer à l'atteinte de l'un des objectifs du Millénaire pour le développement qu'est l'éducation primaire pour tous.
Avec l'aide de l'entreprise québécoise CRC Sogema, le Collège guyanais de formation des enseignants a élaboré et fourni des modules de formation dans les matières principales : anglais, sciences appliquées, histoire, sciences humaines, géographie et mathématiques. Les modules comportaient des guides autodidactiques, des feuilles de travaux pratiques, des exercices et de la documentation pour aider les stagiaires à acquérir les connaissances et les compétences nécessaires. Ce matériel a été envoyé aux stagiaires par avion, par bateau et par camion. Les stagiaires étudiaient par eux-mêmes et, une fois par mois, se rendaient au Centre régional de ressources éducatives pour y recevoir un enseignement individuel. Il y avait de quatre à dix formateurs par matière. Il y avait également, dans chaque collectivité, des mentors chargés d'aider et d'encourager les stagiaires.
Jan Draper, directrice du programme sur le terrain, a dit que le programme de formation à distance a pris la forme d'une « spirale ascendante » en multipliant les possibilités à l'échelle locale, ce qui a accru par la suite le besoin de formation.
« L'appui apporté au programme a été fantastique a fait remarquer Mme Draper. Dans certains villages, des membres de la collectivité s'occupaient des classes lorsque les stagiaires faisaient leur randonnée mensuelle aux centres régionaux. »
En plus de travailler à temps plein, les enseignants ont également dû sacrifier du temps avec leurs familles pour se consacrer à leur formation : jusqu'à deux ans et demi pour le programme d'équivalence et deux autres années pour le certificat pédagogique.
Pourtant, le moral du groupe était fort, car, comme l'expliquait un participant enthousiaste, le programme « a apporté à notre communauté quelque chose qui était rare autrefois », c'est-à-dire la possibilité d'une vie meilleure sans quitter la communauté.
Des recherches ont démontré que les résultats scolaires des élèves ayant un enseignant qui a été formé par l'entremise de ce projet étaient plus élevés que dans les écoles éloignées. Dans certains cas, ces résultats étaient même supérieurs aux résultats obtenus à l'échelle nationale.
Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter le profil du projet dans la Banque de projets, la source d'information la plus exhaustive concernant les projets finances par l'ACDI.