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Julian Fantino : Pourquoi fusionner l'ACDI et le ministère des Affaires étrangères

Le mardi 26 mars 2013

Le Canada est un voisin compatissant. Nous sommes réputés pour venir en aide à ceux qui subissent les effets nocifs des périodes cycliques de sécheresse, d'une piètre gouvernance ou d'un séisme. Depuis des décennies, l'Agence canadienne de développement international investit des deniers publics dans les pays en développement, et cela a débouché sur des progrès importants en matière de développement humain dans des secteurs comme les soins de santé de base et l'éducation. Nous sommes aussi venus en aide à certaines des populations les plus vulnérables du monde lors de graves crises humanitaires, notamment après le catastrophique séisme en Haïti en 2010 et pendant la crise qui sévit actuellement en Syrie. Voilà des résultats dont les Canadiens peuvent être très fiers.

Le gouvernement Harper est fier du bilan de ses réalisations à cet égard. Nous sommes restés fidèles à notre engagement d'investir l'argent des contribuables canadiens de façon prudente, avec transparence et de manière responsable. Le premier ministre Harper est demeuré ferme dans sa résolution d'appuyer des initiatives de développement qui donnent des résultats concrets, comme il l'a témoigné par son leadership au G8 dans l'Initiative de Muskoka visant à prévenir le décès des nouveau-nés et à améliorer la santé des mères dans les pays en développement. Grâce à cette initiative, plus de 1,5 million d'enfants en Éthiopie ont reçu un traitement contre les effets de la malnutrition et plus de 2,7 millions d'enfants au Mozambique ont été vaccinés contre la rougeole, pour ne nommer que ces deux réalisations importantes.

D'autres investissements canadiens dans des activités de développement ont donné des résultats tout aussi considérables. L'an dernier, nous avons rendu l'éducation accessible à plus de deux millions d'enfants dans diverses régions autour du globe. Dans des pays comme l'Afghanistan, grâce à notre aide, plus de 80 p. 100 des filles sont maintenant inscrites à l'école. Sous le régime taliban, l'éducation primaire était pratiquement interdite aux filles. Nous avons aussi contribué à la vaccination de plus de neuf millions d'enfants contre la polio, et nous continuons à participer activement aux dernières luttes du combat visant à reléguer cette maladie invalidante aux oubliettes de l'histoire. Nous faisons ce travail non seulement parce qu'il incarne le meilleur des valeurs canadiennes, mais aussi parce qu'il s'attaque aux racines de l'insécurité qui, si elles ne sont pas contrôlées, peuvent déstabiliser notre pays et notre économie.

En faisant le bilan des résultats d'initiatives distinctes et en s'en réjouissant, il ne faut pas perdre de vue les grandes tendances qui se manifestent à l'échelle du globe. Des pays qui recevaient jadis de l'aide du Canada, comme la Corée du Sud, l'Inde, la Chine et le Brésil, se trouvent maintenant à l'avant-garde de l'économie mondiale. En faisant prospérer leur économie, ils ont permis, en moins de quelques décennies, à des millions de personnes de sortir de la pauvreté. Chacun de ces pays s'est développé au point que maintenant, ils investissent aussi des deniers publics dans le développement international.

Parallèlement, la majeure partie des investissements canadiens dans les pays en développement ne sont plus canalisés par l'ACDI. Des fondations privées et des organismes non gouvernementaux assurent un appui important à des organismes de bienfaisance. Les vibrantes communautés ethniques vivant au Canada y contribuent aussi par voie de transferts de fonds. La Banque Mondiale estime que les Canadiens ont effectué des transferts de fonds de plus de 23 milliards de dollars au cours de la dernière année seulement. Les entreprises canadiennes observent les stratégies de croissance économique de l'Afrique, de l'Asie et des Amériques.

Notre gouvernement garde les yeux rivés sur ces tendances, et nous cherchons à nous appuyer sur celles-ci pour sortir un plus grand nombre de gens de la pauvreté et les amener vers la prospérité dans les pays en développement. Dans des pays comme le Ghana, la Mongolie et le Pérou, nous avons conclu avec le secteur privé des partenariats novateurs qui ont créé des possibilités d'emploi intéressantes pour les jeunes, assorties d'investissements rentables en matière d'acquisition des compétences et de développement des petites entreprises.

Je pense à Worknesh Wade, une fileuse de fils que j'ai rencontrée à Addis-Abeba, en Éthiopie. Grâce à des investissements en provenance du Canada, elle a reçu une formation de base en gestion d'entreprise et a pu accéder à des fonds de démarrage et à des chaînes d'approvisionnement ouvrant sur des marchés. En moins d'un an, d'une entreprise qui avait du mal à survivre, elle est devenue le fournisseur d'un produit de haute qualité à des créateurs de mode locaux et internationaux. Mais plus important encore, elle est maintenant le gagne-pain de sa famille; elle a acheté une maison et a pu investir dans son entreprise. De telles réussites ne sont pas seulement d'heureux moments. Elles représentent des investissements à long terme dans notre propre prospérité. Lorsque nous amenons des individus, des familles et des pays vers la prospérité, nous jetons les bases de relations mutuellement avantageuses dans l'avenir.

Le gouvernement Harper est voué au noble mandat de la réduction de la pauvreté dans les pays en développement. C'est pourquoi nous voulons inscrire cet important mandat dans la loi et maintenir un budget considérable pour le développement. Nous voulons aussi maintenir notre capacité de répondre aux crises humanitaires en temps opportun. Tout comme notre décision de mobiliser les fonds et l'expertise du secteur privé pour maximiser les investissements canadiens en matière de développement, la fusion de l'ACDI et du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, annoncée dans le Plan d'action économique du Canada de 2013, n'est pas une mesure révolutionnaire, mais plutôt une évolution normale.

Julian Fantino
Ministre de la Coopération internationale