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Faso Jigi : l'espoir d'un peuple

Paysan en train d'arroser son champ © ACDI-CIDA/Samuel Gervais
Appuyée par l'ACDI, l'organisation malienne Faso Jigi permet à des producteurs comme ce paysan du village de Kanabougou d'obtenir un revenu plus stable.
« On peut aujourd'hui se permettre de rêver… », confie, optimiste, le formateur Abdoulaye Sissouma, vantant les avancées de l'une des organisations paysannes les plus importantes au Mali : « Faso Jigi compte maintenant près de 5 000 membres regroupés en 134 coopératives qui produisent annuellement 28 000 tonnes de céréales, en commercialisent environ plus de 7 000 tonnes et profitent d'un chiffre d'affaires annuel de 1,4 milliard de FCFA (environ 3 millions de dollars canadiens) ! »

Faso Jigi est une organisation créée à la fin des années 1990 dans la dynamique de la libéralisation du marché céréalier au Mali qui, à l'époque, était confronté à d'énormes défis (distorsion des prix, accès difficile au crédit et faible pouvoir de négociation des producteurs face aux acheteurs). Actuellement, l'organisation permet à des producteurs de riz, de mil, de sorgho et de maïs d'accéder plus facilement au crédit agricole et d'obtenir un juste prix pour leurs produits, donc un revenu plus stable.

En bambara, langue parlée par près de 60 % de la population malienne, Faso Jigi signifie « l'espoir d'un peuple ». Des membres de l'organisation en offrent aussi une autre traduction : « L'espace où les gens peuvent compter sur eux-mêmes. »

Soutenus par l'Agence canadienne du développement international (ACDI), par l'intermédiaire du Projet d'appui à la commercialisation des céréales au Mali, et secondés par leurs homologues québécois de l'Union des producteurs agricoles ― Développement international (UPA-DI), les paysans des zones agricoles de Ségou contractent des emprunts garantis, profitent de taux d'intérêt plus avantageux, achètent à un meilleur prix leurs semences et leurs engrais, et peuvent enfin espérer gérer leurs propres affaires. « Faso Jigi est un regroupement fiable et de grande importance, se réjouit Issaka Dolo, contrôleur financier. L'équilibre pointe à l'horizon ! »

Cet horizon, c'est l'indépendance complète de Faso Jigi, son autonomie administrative, organisationnelle et financière, mais aussi son rayonnement partout au pays et son intégration à une stratégie nationale. Qui plus est, l'organisation jouit d'une réputation enviable : on vient de la Guinée, du Niger et du Burkina Faso pour s'en inspirer !

La filière échalote

Faso Jigi, un mouvement démocratique et respectueux à l'écoute de ses membres, accueille en son sein une douzaine de coopératives de productrices d'échalotes qui se sont associées afin d'assurer la mise en marché collective de leur récolte. Parce que ces femmes vivent des contraintes différentes de celles de leurs confrères (elles n'ont pas accès à la propriété de la terre et aux moyens de production, et se voient entre autres chargées de responsabilités familiales), elles ont uni leurs efforts, leur engrais et leur main-d'œuvre pour mener à bien leur entreprise.

Paysanne au champ © ACDI-CIDA/Samuel Gervais
Appuyée par l'ACDI, l'organisation malienne Faso Jigi permet à des producteurs comme cette paysanne du village de Kanabougou d'obtenir un revenu plus stable.
« Autrefois, chacune se débrouillait comme elle le pouvait et arrivait à peine à assurer la subsistance de ses enfants, explique Alimatou Touré, conseillère en matière d'égalité entre les sexes et en développement pour l'organisation. Aujourd'hui, leur production est maximisée, leurs pertes sont minimisées, leurs produits se vendent au marché, et elles peuvent même ramasser quelques sous ! »

Grâce à l'appui de l'ACDI et de l'UPA-DI, les maraîchères du petit village de Kanabougou, près de Ségou, peuvent désormais emmagasiner leurs échalotes dans des cases où l'on pourra les conserver de six à sept mois. Elles peuvent ainsi prolonger la durée de leur commerce et éviter d'avoir à écouler à perte les surplus.

Ainsi initiées à la dynamique organisationnelle et davantage en mesure de décider de leur destin, les femmes de Kanabougou et des alentours voient leur vie transformée. Autrefois timides et effacées, elles sont devenues solidaires et confiantes. Inspirées par l'une des leurs, qui a été élue au conseil d'administration de Faso Jigi lors de sa dernière assemblée générale annuelle, certaines rêvent même de devenir candidates. « Moi, j'y pense !, exprime avec enthousiasme une jeune villageoise. Nous savons que nous sommes appelées à devenir autonomes et nous allons continuer sur cette lancée ! »

Davantage sur la commercialisation des produits agricoles au Mali : Des récoltes obtiennent leur place au soleil !