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Davantage de fillettes maliennes en classe

Écoliers et écolières écoutant leur professeur © ACDI-CIDA/Samuel Gervais
L'ACDI s'est engagée à appuyer la réforme du système scolaire au Mali. Ces écoliers et écolières fréquentent la petite école communautaire de Sébénikoro, une banlieue de Bamako.
Dans la petite école communautaire de Sébénikoro, une banlieue de Bamako, 562 élèves de 5 ans à 12 ans se partagent 7 salles de classe. Heureusement, ils sont très disciplinés ! Les yeux rivés sur le tableau noir ou sur leurs manuels scolaires, ils écoutent leurs maîtres et répètent leurs leçons.

De ces 562 élèves, 320 sont des fillettes. Alors qu'au Mali le fait d'envoyer une fille à l'école est souvent considéré comme une perte de temps et d'argent, ce grand nombre d'inscriptions féminines peut étonner. « Il nous faut combattre les mythes, explique Modibo Diané, directeur de l'école. Les fillettes ne servent pas qu'à s'occuper de leurs petits frères ou à faire la lessive ! »

À l'école de Sébénikoro, les fillettes sont non seulement recrutées avec détermination, mais elles sont aussi soigneusement encadrées. « Nous leur offrons même des cours de rattrapage scolaire gratuits ! », se félicite le directeur avant de déplorer qu'encore peu d'écolières se rendent jusqu'au lycée.

« Nous sommes conscients de l'importance de la scolarisation des fillettes, assure Siaka Keita, président du comité de gestion scolaire. Faire fonctionner une école sans elles, ce serait comme marcher sur une seule jambe. »

Écoliers et écolières absorbés par leur lecture © ACDI-CIDA/Samuel Gervai
Appuyée par l'ACDI, l'organisation malienne Faso Jigi permet à des producteurs comme cette paysanne du village de Kanabougou d'obtenir un revenu plus stable.
Pour que le système d'éducation du Mali marche sur deux jambes, l'Agence canadienne de développement international (ACDI), par l'intermédiaire du projet Appui à l'amélioration de la qualité de l'enseignement fondamental, assiste le ministère de l'Éducation nationale malien en vue de contribuer à l'amélioration des conditions d'apprentissage des élèves. Cet objectif sera atteint notamment en s'assurant qu'ils possèdent des manuels scolaires de qualité et en quantité suffisante et en améliorant les compétences et les conditions de travail des enseignants.

Le ministère s'est engagé à prendre en compte l'aspect de l'égalité entre les sexes dans toutes les composantes du projet. Il a promis de favoriser un plus grand accès des filles à l'éducation, d'éliminer tous les stéréotypes sexistes dans les contenus d'enseignement et d'augmenter le pourcentage de femmes enseignantes.

C'est ce dernier aspect qui semble contrarier les administrateurs de l'école de Sébénikoro, où tous les maîtres sont des hommes. « Alors que les hommes sont toujours disponibles, explique Siaka Keita, les femmes ont trop à faire à la maison pour occuper le métier exigeant d'institutrice. » Cette réalité est déplorée par Maria Trigueiro, coordonnatrice du Fonds genre et développement pour l'ACDI : « Les écolières ont besoin d'une présence féminine, d'un modèle d'autorité qui soit autre chose que maman ou épouse. »