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Partenaires de développement : Une conversation avec Dr. Jim Yong Kim — Président du Groupe de la Banque mondiale

  • Format FLV, 43,6 Mo, 4 m 14 s

Transcription

La Banque mondiale est, depuis tant d'années, ce que l'on appelle « la première institution de développement ». Nous accordons des prêts et donnons des subventions à hauteur d'environ 50 milliards de dollars par année. Nous avons 188 pays membres et, récemment, nous avons eu la chance de voir nos gouverneurs, qui sont les ministres des Finances et du Développement des 188 pays, convenir de deux objectifs.

Le premier est d'éliminer la pauvreté d'ici 2030. Il est incroyable de penser que nous faisons partie de la première génération de l'histoire ayant la chance d'éradiquer la pauvreté extrême en une génération. Le deuxième objectif est de stimuler la prospérité partagée. Cela veut dire que, chaque année, nous regarderons la situation des 40 % de personnes les plus pauvres dans toutes les sociétés par rapport à la croissance de leurs revenus. Autrement dit, est-ce que les 40 % de personnes les plus pauvres participent à la croissance économique et en profitent?

Lorsque nous regardons du côté des pays du Printemps arabe, nous constatons que, si le PIB d'un pays croît sans que la population y prenne part, la société devient instable. Quand nous parlons de prospérité partagée, nous parlons aussi de la prospérité qui est partagée avec les générations futures, alors nous nous attarderons beaucoup aux changements climatiques et à la viabilité. Mais la Banque mondiale est l'organisme dans le monde qui prend la responsabilité de continuer à faire le suivi des objectifs d'élimination de la pauvreté et de prospérité partagée, et de faire avancer les intervenants du monde entier à cet égard.

Le Canada a toujours été l'un des plus grands alliés du Groupe de la Banque mondiale. C'est l'un des membres fondateurs, et nous voyons le Canada comme l'un de nos plus importants partenaires : il figure toujours parmi les plus généreux donateurs et est un partenaire d'avant-garde. Nous savons que le Canada est un leader influent. Vous avez d'excellents groupes de réflexion, ici. Vous avez le Centre de recherches pour le développement international. Vous avez l'Institut Nord-Sud. L'ACDI est en soi une source de renseignements monumentale sur les aspects du développement qui fonctionnent ou qui ne fonctionnent pas. De divers points de vue, le Canada est donc l'un de nos plus importants partenaires, et c'est pourquoi je suis ici.

Vous savez, au fil des ans, j'ai appris à beaucoup mieux reconnaître l'importance du secteur privé. Je m'explique simplement. Si vous additionnez toute l'aide publique au développement du monde entier, vous arriverez à environ 125 milliards de dollars par année. Prenez maintenant un pays comme l'Inde, par exemple : 400 millions de personnes vivent encore dans l'extrême pauvreté. C'est l'un des pays qui nous permettra de déterminer si nous réussirons à éliminer la pauvreté.

Au cours des cinq prochaines années, l'Inde aura un déficit infrastructurel de 1 billion de dollars. Toute l'aide publique au développement ne peut donc même pas commencer à suffire aux besoins de ce seul pays. Alors, la question, selon moi, ce n'est pas de savoir si vous aimez le secteur privé ou si vous aimez le secteur public. Cela importe peu, car la question n'est pas là. La question, selon moi, c'est de savoir quelles sont vos aspirations pour les gens les plus pauvres. Parce que, si vous n'avez pas de très grandes aspirations, vous pouvez vous contenter du secteur public et de son aide publique au développement. Mais si votre but est d'éliminer la pauvreté, vous devez simplement trouver des moyens de mobiliser le secteur privé de façon à lui assurer des profits, mais aussi à créer des emplois, à générer une croissance économique et à ce qu'il soit le moteur – et selon moi le plus grand moteur – de l'éradication de la pauvreté et de la stimulation de la prospérité partagée.

J'aimerais juste dire – et je pèse mes mots – que nous sommes tellement reconnaissants envers la population canadienne, envers ce gouvernement et envers l'ACDI, parce que le Canada a été l'un des pays les plus généreux. Et j'aimerais également que toute la population canadienne sache que l'ACDI et le gouvernement canadien dépensent cet argent en fonction de données probantes, et qu'ils génèrent de grandes retombées. J'aimerais aussi vous remercier tous et toutes de continuer à soutenir la générosité du gouvernement canadien à l'égard de certains des pays les plus pauvres du monde.