Définition du système de santé
Les ressources humaines pour la santé
La recherche sur les systèmes de santé
Des partenariats mondiaux pour la santé
Définition du système de santé
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Des moustiquaires de lit ont été installés pour protéger les mères dans la nouvelle maternité financée par l'ACDI à l'hôpital desservant le quartier ouest de Bongo du Ghana.
Le système de santé réunit toutes les organisations, institutions et ressources qui interviennent en matière de santé et qui fournissent des soins formels (médecins, cliniques, hôpitaux et pharmacies), des soins informels (guérisseurs traditionnels, travailleurs communautaires) ainsi que d'autres services, comme la recherche. En outre, un système de santé comporte des politiques et des règlements, ainsi que des services connexes non liés aux soins de santé, comme la sécurité des aliments et la sécurité au travail, et des routes et véhicules fiables pour le transport des fournitures médicales - soit tout ce qui contribue à promouvoir ou à protéger la santé.
Les objectifs du système de santé
Il y a trois grands objectifs :
- préserver ou améliorer la santé de la population;
- fournir des services qui répondent aux attentes légitimes (médicales et autres) du public;
- veiller à ce que tous les ménages aient accès à leur juste part des services publics et qu'ils soient protégés aussi bien les uns que les autres contre les risques de problèmes financiers.
On peut dire que le premier objectif est « l'objectif déterminant »; les autres objectifs touchent aussi d'autres systèmes publics tels que l'éducation.
Les fonctions essentielles
Le système de santé assume quatre fonctions essentielles. La première fonction, c'est-à-dire la prestation de services de santé, repose sur les trois autres.
- Prestation de services de santé : Fournir des services de santé, qu'il s'agisse de soins de santé personnels (diagnostic, réadaptation, etc.) ou de services comme l'éducation de masse et l'hygiène.
- Fourniture et gestion des ressources : Fournir les ressources nécessaires pour faire fonctionner le système (personnel médical, installations, médicaments, matériel, connaissances).
- Financement : Percevoir des recettes et affecter des ressources financières aux différentes activités.
- Administration : Uniformiser les règles du jeu grâce à une administration avisée (organisation, établissement des priorités, mesure du rendement, promotion, élaboration de politiques et de règlements, protection des consommateurs).
Les composantes du système de santé
Bien que le système de santé soit géré différemment d'un pays à l'autre, il compte généralement sept composantes.
1. Structure organisationnelle
Il s'agit du plan directeur général du système. Celui-ci porte sur des questions comme la centralisation ou la décentralisation des services et de la prise de décisions, ainsi que sur les trois niveaux de soins :
- Soins primaires - premier point de contact (travailleurs des services d'approche, cliniques de santé éloignées).
- Soins secondaires - premier niveau d'aiguillage (hôpitaux de district ou de sous-district).
- Soins tertiaires - deuxième niveau d'aiguillage (grands hôpitaux spécialisés, habituellement situés dans des centres urbains).
2. Prestation des services
La prestation des services de soins de santé varie en fonction de ce qui suit :
- les fournisseurs privés (à but tant lucratif que non lucratif) par rapport aux fournisseurs publics;
- l'importance et la portée de la médecine traditionnelle ou des soins informels;
- le degré de satisfaction des attentes du public (respect, choix et qualité, participation de la collectivité).
3. Ressources humaines pour la santé
L'
Organisation mondiale de la santé (OMS) définit les ressources humaines pour la santé comme étant l'effectif de tous les individus qui sont engagés dans la promotion, la protection et l'amélioration de la santé de la population. Cela renvoie tant à la formation qu'à la gestion des travailleurs de la santé, et fait intervenir des questions comme la taille, la composition, la répartition, les compétences, le maintien en fonction et le renouvellement du personnel de la santé.
4. Financement et systèmes d'assurance
Il s'agit ici du niveau des dépenses du gouvernement pour le système de santé, de la part du gouvernement quant aux dépenses totales en santé, et de la fiabilité des sources de financement externes, y compris les donateurs, ainsi que des questions comme les frais d'utilisation et les régimes d'assurance-maladie.
5. Systèmes d'information sur la santé
Il est essentiel de disposer de systèmes efficaces et fiables pour recueillir et analyser les données; la prise de décisions fondée sur des preuves repose sur ces systèmes. Les données sur la santé, ce sont entre autres les statistiques sur l'état civil (naissances, décès), les dossiers des patients, les données sur la lutte contre les maladies et les sondages auprès des ménages.
6. Achats, logistique et systèmes d'approvisionnement
Les pays doivent pouvoir accéder facilement aux médicaments, aux fournitures et au matériel essentiels. Cela suppose des politiques et des prévisions appropriées, des systèmes d'achat et de distribution efficients et la saine gestion des stocks, entre autres.
7. Recherche sur les systèmes de santé
Les pays doivent pouvoir compter sur une recherche efficace pour cerner les faiblesses de leurs systèmes de santé et les corriger. La recherche sur les systèmes de santé permet de fournir aux décideurs, aux défenseurs des politiques et aux gestionnaires des services de santé l'information dont ils ont besoin pour faire en sorte que leurs stratégies, leurs programmes et leurs services contribuent à supprimer les obstacles et, au bout du compte, à améliorer les résultats sur le plan de la santé. Il est essentiel de créer une capacité de recherche au sein des systèmes de santé afin que ceux-ci répondent aux besoins changeants de la population en matière de soins de santé.
Les ressources humaines pour la santé
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Les ressources humaines pour la santé sont l'une des sept composantes des systèmes de santé. Elles englobent toutes les personnes qui veillent à promouvoir, à protéger et à améliorer la santé de la population. Il s'agit entre autres des travailleurs médicaux au sein des systèmes de santé publics et privés (à but lucratif et non lucratif) qui font du travail clinique, ainsi que des personnes qui travaillent dans les domaines de la santé publique et de la recherche. Les ressources humaines pour la santé englobent également les travailleurs non médicaux qui assurent la gestion et le soutien.
Selon les données de l'OMS, 57 pays sont confrontés à une grave pénurie de travailleurs de la santé, soit un déficit mondial équivalant à 2,4 millions de médecins, d'infirmières et de sages-femmes. L'Afrique subsaharienne et l'Asie du Sud-Est sont les régions les plus durement touchées. Pour chaque infirmière ou médecin qualifié, on compte au moins trois travailleurs de la santé, dont les travailleurs « invisibles » au sein des ménages, les guérisseurs traditionnels et une multitude de travailleurs de la santé qui ne possèdent pas de compétences formelles.
Les ressources humaines : une composante essentielle des systèmes de santé
Le système de santé doit pouvoir compter sur un nombre adéquat de travailleurs de la santé qui soient au bon endroit au bon moment et qui possèdent les compétences, les connaissances et la motivation nécessaires pour promouvoir la santé et prévenir les maladies.
Il n'existe pas de formule universelle pour obtenir l'éventail de compétences voulu. Pour que le système fonctionne, il faut tenir compte de nombreux facteurs lors de la planification des ressources humaines. Voici quelques-uns de ces facteurs :
- l'incidence des maladies, ainsi que les politiques gouvernementales, sur les services essentiels, afin de prévenir et de guérir ces maladies;
- la problématique homme-femme (c'est-à-dire garantir l'accès des travailleuses de la santé dans les régions où la culture et la religion limitent la mobilité des femmes);
- un accès égal pour les populations rurales et les populations marginalisées.
Les enjeux et les défis
- Rareté des ressources En Amérique du Nord, on dénombre près d'une dizaine de professionnels de la santé (médecins, infirmières et sages-femmes) pour 1 000 personnes; en Afrique subsaharienne toutefois, le ratio n'est que de 0,8 pour 1 000. Le ratio minimal nécessaire pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement a été établi à 2,5 pour 1 000.
- Répartition inéquitable des ressources Souvent, l'effectif en santé est inéquitablement réparti entre les régions. Pour améliorer la situation, il importe d'attirer des travailleurs de la santé dans les collectivités rurales et marginalisées et de les maintenir en poste.
- Éventail de compétences Il faut une bonne répartition et un juste équilibre entre les travailleurs de première ligne et le personnel professionnel, et faire en sorte que le personnel qui dispense les soins de santé primaires puisse répondre aux besoins de la population et que les travailleurs reçoivent une formation dans les domaines comme la promotion de la santé et la lutte contre le VIH/sida.
- Migration Des travailleurs de la santé qualifiés continuent de migrer de pays en développement vers des pays développés, et ce, pour diverses raisons, entre autres pour jouir de meilleures conditions de travail, pour gagner un revenu plus élevé et pour élargir les possibilités offertes à leurs enfants. En outre, compte tenu du vieillissement de la population et de l'évolution démographique, les pays plus riches continuent d'avoir besoin de travailleurs de la santé qualifiés. Certains pays en développement élaborent aujourd'hui des stratégies novatrices pour favoriser le maintien en fonctions des travailleurs et encourager les travailleurs qui ont émigré à retourner dans leur pays.
-
Problématique homme-femme Les femmes forment 80 % de l'effectif mondial en santé. La plupart d'entre elles travaillent dans le secteur informel et fournissent par exemple des soins à la famille. Souvent, leur travail est sous-évalué et non rémunéré. Les travailleuses de la santé sont également confrontées aux réalités suivantes :
- la discrimination ou le manque de respect de la part de leurs collègues masculins;
- la recherche d'un équilibre entre le travail et les responsabilités familiales;
- les contraintes culturelles relatives aux soins appropriés aux femmes;
- les menaces physiques;
- le harcèlement sexuel;
- le travail dans des régions éloignées, loin de leurs familles.
- Impact du VIH Compte tenu du nombre croissant de patients et de cas complexes, les travailleurs de la santé doivent faire face à des défis sur le plan professionnel qui les épuisent mentalement et physiquement. Comme ils se trouvent sur la première ligne pour ce qui est du dépistage et du traitement du VIH/sida, ces travailleurs risquent davantage de contracter le virus. Face à l'épidémie de VIH/sida, les gestionnaires doivent constamment concilier les besoins du système de santé et des questions comme l'érosion des effectifs, l'absentéisme, la charge de travail, la formation, ainsi que le déploiement et le maintien en fonction des travailleurs de la santé.
La recherche sur les systèmes de santé
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La recherche sur les systèmes de santé est l'une des sept composantes des systèmes de santé. Elle permet de fournir aux décideurs, aux défenseurs des politiques et aux gestionnaires des services de santé les renseignements et les preuves dont ils ont besoin pour s'assurer que leurs programmes et leurs services contribuent à améliorer la santé.
Alors que les dépenses pour la recherche biomédicale dans le monde totalisent 60 milliards de dollars américains chaque année, les fonds pour la recherche sur les politiques et les systèmes de santé qui ne font pas partie des budgets des institutions ne représentent que 140 millions de dollars américains. De cette somme, une petite portion seulement est dépensée dans les pays en développement. C'est pourquoi la recherche sur les systèmes de santé doit être axée sur la demande et, par conséquent, directement liée à la politique des gouvernements en matière de santé. Les résultats de la recherche peuvent permettre de cerner les lacunes et les anomalies et de recenser les pratiques efficaces. La recherche permet également de définir les répercussions des politiques et des programmes sur les différents groupes de la population
et de mettre en lumière les inégalités. La recherche, le suivi et l'évaluation sont aussi des éléments essentiels à l'accroissement de la responsabilisation.
Les investissements dans la recherche sur la santé donnent des résultats
L'un des premiers objectifs de l'approche de l'ACDI pour la programmation dans le secteur de la santé est de favoriser le développement de systèmes de santé viables, surtout en Afrique. Le Projet d'interventions essentielles en santé en Tanzanie (PIEST) est l'un des meilleurs exemples de la façon dont une telle approche génère des résultats. Le projet a été financé par l'ACDI et mis en oeuvre par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) entre 1997 et 2004.
Ce projet a permis d'aider deux districts de la Tanzanie à élaborer une approche fondée sur des preuves aux fins de la planification en matière de santé. Au lieu de se baser sur les hypothèses nationales au sujet des priorités en santé, les districts ont défini les priorités locales en la matière et réparti leurs budgets d'après ces priorités. Le projet a permis de montrer qu'en dépensant l'argent de manière plus judicieuse, en fonction des besoins les plus grands, il est possible de générer d'importantes retombées sur la santé. En fait, le projet a permis de réduire de près de 50 % les taux de mortalité juvénile dans les deux districts.
Le 7 novembre 2005, l'ACDI a annoncé qu'elle verserait 7 millions de dollars à la République-Unie de Tanzanie pour élargir le PIEST au moyen d'une autre initiative, soit le
Projet de mise en oeuvre zonale des interventions essentielles en santé en Tanzanie (ZoRo). On met actuellement en oeuvre, dans les autres districts du pays, les interventions essentielles qui ont été conçues et mises à l'essai dans le cadre du PIEST pour renforcer le système de santé.
L'investissement de l'ACDI dans le projet ZoRo s'ajoute au financement d'autres donateurs afin d'aider le gouvernement tanzanien à mettre en oeuvre le projet. Cette approche harmonisée du financement est conforme à la
Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide (PDF, 1,5 Mo, 14 pages), laquelle invite les donateurs à dégager un certain nombre d'engagements, dont la prise en charge locale; l'alignement de l'aide sur les politiques, les priorités et les systèmes des pays; l'harmonisation des initiatives; l'élaboration de cadres axés sur les résultats; la gestion et la responsabilité mutuelle. Le projet ZoRo est un bon exemple d'alignement du soutien de l'ACDI sur un projet piloté par un pays, pour aider ce dernier à mettre en place un système de santé qui répond aux besoins de la population.
Des partenariats mondiaux pour la santé
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De plus en plus de donateurs collaborent entre eux pour renforcer les systèmes de santé dans le cadre de partenariats mondiaux. Ces partenariats peuvent prendre la forme, entre autres, de mécanismes de financement, comme l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI), ou de regroupements axés sur la sensibilisation, comme le Partenariat Halte à la tuberculose. Ils apportent les ressources et les stratégies nécessaires pour aider les pays à atteindre, au moyen d'une intensification des programmes, les Objectifs du Millénaire pour le développement qui sont liés à la santé.
Pour que ces partenariats soient réellement efficaces, il faut toutefois que les pays en développement disposent de solides systèmes de santé. Si les systèmes de santé sont déficients (pénurie d'effectifs, dépenses non judicieuses, absence de stratégies nationales, etc.), cela mine toute initiative qui aurait pour but d'intensifier la prévention, le traitement et l'éradication des maladies.
Le renforcement des systèmes de santé
Les partenariats mondiaux pour la santé (PMS) peuvent à l'occasion exercer des pressions additionnelles sur les systèmes de santé des pays en développement. Chaque partenariat comporte ses propres priorités et ses propres exigences redditionnelles, ce qui peut avoir pour effet d'accabler des gouvernements qui ont déjà de la difficulté à gérer avec efficacité leurs systèmes de santé. L'Initiative sur les systèmes de santé en Afrique favorisera une plus grande harmonisation des efforts que déploient les pays africains et les PMS pour trouver des façons de mieux aligner les activités sur les politiques et sur les systèmes nationaux. Cela permettra de mieux coordonner les initiatives et d'optimiser les ressources déjà limitées.
Voici trois exemples qui illustrent de quelle façon des donateurs et des partenariats mondiaux pour la santé ont commencé à renforcer les systèmes de santé :
- Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme apporte un soutien considérable à une diversité d'activités qui contribuent à renforcer les systèmes de santé en augmentant la portée des interventions reconnues pour lutter contre les trois maladies ciblées. Lorsqu'ils sont investis de façon stratégique, les fonds destinés à des maladies précises peuvent contribuer à améliorer l'ensemble des services de soins de santé primaires. Ces investissements prennent différentes formes : formation, infrastructures, suivi, évaluation et soutien administratif.
- Entre 2006 et 2010, l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI) (en anglais seulement) investira 500 millions de dollars américains dans le but d'améliorer les systèmes de santé. Des études ont montré que l'amélioration de ces systèmes influe sur l'étendue de la couverture de vaccination. Les fonds consentis par l'Alliance mondiale seront axés sur le renforcement des effectifs en santé, de la logistique des approvisionnements et de la gestion locale.
- Le Partenariat Halte à la tuberculose (en anglais seulement) a créé un groupe de travail chargé d'examiner la façon d'améliorer les systèmes de santé et d'accroître l'incidence de son action sur la lutte contre la tuberculose. Trois options sont à l'étude : travailler avec les pays sur la façon de définir et de promouvoir les priorités en matière d'assistance technique; collaborer avec des donateurs internationaux à des initiatives sur le renforcement des systèmes de santé afin de surmonter les obstacles qui sont propres aux pays; faire en sorte que la programmation du Partenariat Halte à la tuberculose soit alignée sur les programmes et sur les politiques des pays, ainsi que sur les initiatives des donateurs.
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