Au début de 2003, le Canada s'est joint à l'effort international en vue de fournir une aide humanitaire à l'Irak ainsi qu'à la reconstruction du pays, et il a engagé pour ce faire un montant d'une valeur maximale de 300 millions de dollars (2003-2010). Le programme de reconstruction de l'Agence canadienne de développement international (ACDI) a pour but d'aider l'Irak à devenir un pays stable, autonome et prospère, doté d'un gouvernement démocratique représentatif du peuple, respectueux des droits de la personne et de l'égalité entre les sexes. L'aide canadienne met l'accent sur les priorités suivantes :
aider l'Irak à rebâtir ses assises sociales et économiques;
aider l'Irak à créer des structures de gouvernance et de sécurité efficaces, qui garantiront le respect des droits de la personne et la primauté du droit et favoriseront l'égalité entre les sexes;
promouvoir le développement démocratique régional.
Un million d'enfants de moins de cinq ans dans le sud et le centre de l'Irak souffrent de malnutrition chronique. Les programmes d'éducation pour les mères aideront à résoudre le problème.
À ce jour, 204 des 300 millions de dollars ont été versés (43 millions de dollars en 2005-2006). Le Canada est grandement en faveur d'une approche multilatérale en Irak, ainsi qu'en témoigne notre contribution significative acheminée par l'intermédiaire d'institutions multilatérales, sa position à titre de quatrième donateur en importance au Fonds international pour la reconstruction de l'Irak (FIRI) et son rôle à titre de président du FIRI. En plus de combler les besoins humanitaires les plus pressants, l'aide multilatérale canadienne a contribué à améliorer l'éducation et les services de santé, à promouvoir les droits de la personne et à mettre au point le processus électoral de l'Irak. Bien que l'appui du multilatéralisme et la présidence du FIRI demeurent au cœur de la position du Canada en Irak, nous
continuons de mener à bien un solide programme d'aide bilatérale. Ce dernier met l'accent sur un nombre d'initiatives portant sur la formation des corps policiers irakiens; le soutien du référendum constitutionnel et des élections qui s'ensuivront dans le cadre de la Mission internationale sur les élections en Irak; le renforcement des capacités des organisations non gouvernementales ainsi que l'aide en matière de gouvernance à l'intention d'institutions irakiennes ciblées.
Au cours des années à venir, le Canada axera davantage ses activités sur les priorités de sa politique étrangère relative aux États fragiles, son aide portant davantage sur la gouvernance et les droits humains, notamment les droits des femmes. En mettant l'accent sur la gouvernance, nous espérons aider l'Irak à être davantage en mesure de tirer le meilleur parti de l'aide et d'atteindre les objectifs énoncés dans sa Stratégie nationale de développement.
Les Irakiens souffrent d'un manque d'eau potable, situation qui entraîne souvent des maladies, surtout chez les enfants. La contribution du Canada aide à fournir de l'eau potable aux villes irakiennes où l'eau a été coupée en raison du conflit.
Le financement de l'ACDI étant centré sur ses priorités de programme, des résultats favorables ont été obtenus dans un grand nombre de domaines, notamment en fournissant un soutien essentiel en vue de consolider l'éducation de base; en mettant en place des services de soins aux mères et aux enfants à Kerbala; en remettant en état les systèmes d'aqueduc et d'égout; en améliorant les capacités institutionnelles des organisations non gouvernementales irakiennes, en assurant la formation de milliers de policiers; en aidant la société civile irakienne à mener à bien des activités de sensibilisation aux droits humains qui contribuent à promouvoir et à défendre ces droits.
En raison des répercussions de la guerre de 2003 en Irak, aggravées par celles résultant de huit années de guerre avec l'Iran (1980-1988), de la guerre du Golfe (1990-1991) et des sanctions imposées par le Conseil de sécurité des Nations Unies contre l'ancien régime, l'Irak est aux prises avec d'immenses défis sociaux, économiques et politiques. Ainsi que le précise sa Stratégie nationale de développement de 2005, le nouveau gouvernement démocratique de l'Irak veut tout mettre en oeuvre pour favoriser la prospérité du pays en visant d'abord et avant tout à stimuler la croissance économique; à revitaliser le secteur privé; à améliorer la qualité de vie de sa population, entre autres par des améliorations dans les domaines de l'éducation et de la santé; à consolider la bonne gouvernance et à accroître la
sécurité.