Des femmes en sécurité dans l'abri du CEPROSI en Bolivie
Maria (un pseudonyme) a décidé de quitter pour de bon l'homme auquel elle était mariée depuis dix ans parce qu'elle a réalisé que « la vie que je menais n'était pas une vie ». Meurtrie, déprimée, à la recherche d'un lieu sûr où elle pourrait rester avec ses trois enfants, elle a trouvé le Centro de Promoción y Salud Integral (centre de promotion et de santé intégrale - CEPROSI) en périphérie de La Paz, ce qui lui a peut-être sauvé la vie.
Selon Luisa Alipaz, l'administratrice du CEPROSI, « en Bolivie, six femmes sur dix sont victimes de violence familiale, et elles n'ont nulle part où aller si elles décident de quitter leur mari ou leur partenaire. Les refuges où les femmes peuvent se rendre avec leurs enfants sont essentiels, mais difficiles à trouver. »
Grâce à l'appui de l'ACDI, le refuge du CEPROSI a été entièrement rénové et peut maintenant offrir ses services aux femmes et à leurs enfants. Au cours de leur séjour de trois mois au CEPROSI, les femmes entreprennent un processus de guérison physique et psychologique. Elles ont accès à des médecins, à des avocats et à des travailleurs sociaux; elles regagnent un peu de leur estime de soi et commencent à planifier la vie qu'elles mèneront après avoir quitté le refuge. « Ce genre d'assistance est absolument essentiel puisque plusieurs femmes n'ont pas la volonté de vivre après être demeurées plusieurs années dans une relation violente », précise Mme Alipaz.
Des enfants dans la garderie au CEPROSI en Bolivie.
Comme l'explique Maria : « J'ai ici toute l'aide dont j'ai besoin. Je n'ai jamais eu autant de soutien. Ici, je bénéficie de l'affection et de l'amour de personnes qui ne font même pas partie de ma famille - elles m'ont toutefois accueillie comme si j'étais leur soeur. » Le centre offre également une aide et un soutien aux enfants, puisqu'ils sont également victimes de violence, qu'il s'agisse de violence physique ou de violence psychologique.
Lorsqu'elle est arrivée au refuge, Maria a été examinée par un médecin légiste qui devait établir l'ampleur des sévices qu'elle avait subis (infligés par son mari lorsqu'elle a quitté son domicile pour la dernière fois). Au cours de son séjour de six semaines, elle a également reçu un soutien psychologique qui l'a aidée à regagner son estime de soi et à reprendre confiance en elle, en plus de recevoir des conseils juridiques pour pouvoir engager une poursuite judiciaire contre son mari.
« Je crois que si je n'avais pas trouvé le CEPROSI, sans toute cette aide qu'ils m'ont accordée, je serais retournée chez moi - mais c'est un chez-moi où j'étais battue et où je n'avais aucun droit. J'ai réalisé que mes droits y étaient bafoués. » Maria est maintenant prête à tourner la page. Au CEPROSI, elle a également découvert qu'elle peut subvenir à ses propres besoins et à ceux de ses enfants en travaillant comme préposée au nettoyage. Elle a appris à vivre en femme indépendante.
Mme Alipaz affirme que, grâce au soutien du Canada à des programmes tels que le CEPROSI, « l'administration municipale et le gouvernement départemental sont très intéressés à soutenir les centres tels que le CEPROSI, parce qu'ils constatent les résultats obtenus. L'une des plus importantes répercussions de l'appui de l'ACDI est le fait que, à présent, le gouvernement prendra ce refuge comme exemple et en établira d'autres. »
En Bolivie, l'ACDI se consacre à des projets qui font la promotion de l'équité entre les femmes et les hommes depuis 1994. Un autre projet à Riberalta, dans le Nord de la Bolivie, accroît la sensibilisation de la collectivité à propos de l'incidence de la violence faite aux femmes à domicile, au travail, à l'école ou dans la rue et permet aux femmes d'obtenir l'aide juridique et sociale dont elles ont besoin pour se libérer de la violence familiale. L'ACDI collabore également avec le gouvernement de Bolivie pour faire en sorte que de nouvelles politiques publiques soient adoptées pour promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes.