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Progrès à l’horizon — Moins de décès chez les mères et les bébés au Mali

Jeune femme portant un enfant sur son dos © ACDI-CIDA/Pierre St-Jacques
Un meilleur accès à des soins obstétricaux d'urgence de meilleure qualité a contribué à une réduction importante des décès maternels au Mali, ce qui donne espoir aux mères et à leurs bébés pour un futur remplit de possibilités.
L'accouchement de Tacko se présentait mal. La sage-femme du village avait vite constaté que la tête du bébé était trop grosse pour le bassin de la mère. Tacko a donc été transportée en charrette de son village jusqu'au centre de santé du district de Kayes, une région isolée du Mali. Sur place, un médecin a effectué une césarienne : la mère et son bébé ont survécu.

Ce qui semble une simple intervention de routine n'a cependant rien de banal au Mali, où le taux de mortalité maternelle est l'un des plus élevés au monde. Si Tacko a eu la vie sauve, c'est grâce à un programme de réduction de la mortalité maternelle mis sur pied en 2003 à Kayes. Le but de ce programme est d'améliorer l'accès et la qualité des soins pour les urgences obstétricales. Les progrès accomplis en quelques années sontremarquables.

Avec l'appui financier et technique du Canada, une procédure de référence-évacuation a été renforcée, permettant aux femmes d'être transportées au centre de santé de district le plus proche. Le renforcement du système de radio-communication entre les centres de santé de première ligne et les centres de district ainsi que l'achat d'ambulances, a réduit les délais de traitement. Un élément de grande importance quand on sait qu'en cas de complications lors d'un accouchement la rapidité d'intervention est cruciale.

À Kayes, les différents acteurs du système collaborent bien ensemble et bénéficient d'un solide appui politique. Par exemple, le gouvernement a réduit le coût des interventions d'urgence lors des accouchements. De plus, les césariennes sont gratuites depuis 2005. L'accès des femmes à ces soins s'est donc grandement amélioré, ce qui a un effet direct sur les statistiques de mortalité maternelle.

En plus d'un meilleur accès aux soins obstétricaux d'urgence, la qualité de ces soins a aussi augmenté. L'accompagnement technique canadien auprès de la direction régionale de la santé, du personnel médical et paramédical (infirmières, sages-femmes, etc.) a en effet permis de renforcer les capacités.Ces équipes médicales ont aussi amélioré leur analyse des causes des décès maternels et néonatals. Mieux comprendre les causes des décès permet de corriger les insuffisances du système et de sauver la vie d'autres femmes. Ainsi, la qualité des services s'est améliorée et, en quelques années, le nombre de césariennes a triplé. Auparavant, une femme sur sept mourait en situation d'urgence obstétricale tandis que maintenant ce chiffre a baissé à une femme sur vingt-cinq.

Une meilleure conscience de l'importance de la qualité des soins a suscité chez le personnel un autre changement important : l'écoute. Comme le souligne le Dr Sékou Dramé, directeur régional de la santé de Kayes : « Petit à petit, les équipes développent une capacité d'écoute des populations pour tenir compte de leurs avis. Avant, on pensait que nous seuls disposions du savoir. Ces femmes n'ont pas été à l'école, mais elles ont un vécu. Elles deviennent de plus en plus exigeantes vis-à-vis de la qualité des services. Si on a des mères qui nous talonnent, ça nous permet de nous remettre en cause. C'est un éveil des consciences ». Ce changement d'attitude du personnel médical augure bien pour la santé des femmes au Mali.


De nouvelles stratégies pour améliorer les résultats de développement


À l'issue de dizaines d'années d'expérience qui leur ont appris à distinguer ce qui est productif de ce qui ne l'est pas dans le domaine de l'aide internationale, le Canada et ses partenaires mondiaux gèrent de plus en plus leurs programmes de développement en vue d'améliorer leurs résultats. La stratégie la plus logique est d'aider les pays en développement à exercer leur leadership et à prendre en charge le succès de leur développement, de choisir les partenaires, les biens et les services en fonction de leur efficacité et de leur expertise plutôt que de leur nationalité, de bâtir et d'utiliser les institutions de ces pays dans une optique de développement durable, et de coordonner les initiatives des divers donateurs.

Rendre l'aide plus efficace, c'est aussi choisir les activités où il faut concentrer ses efforts. Aucun donateur, y compris le Canada, ne peut être partout et faire tout en même temps.

Les contributions dans le domaine de la santé au Mali, où le Canada est le troisième donateur en importance, constituent un exemple de ce que le Canada considère comme une concentration logique des initiatives. Le Mali est l'un des pays les plus pauvres du monde, et son gouvernement a fait la preuve de sa volonté de lutter contre la pauvreté. Les Canadiens collaborent avec les Maliens depuis plus de trois décennies pour éradiquer la cécité des rivières et l'infestation par le ver de Guinée, prévenir et traiter le VIH/SIDA, accroître la sécurité alimentaire et améliorer la nutrition et, aujourd'hui, renforcer le système de santé et former des professionnels de la santé.

Ces initiatives aident des personnes comme Tacko à vivre plus longtemps et en meilleure santé. C'est ce que nous appelons des résultats!

Résultats atteints avec l'aide du Canada (en date de décembre 2010)

Grâce à l'appui financier et à l'assistance technique aux directions régionales de la santé et du développement social, les taux de tous les indicateurs de santé de la reproduction se sont améliorés dans la région de Kayes depuis le début du projet (Appui au Plan décennal de développement sanitaire et social):
  • le taux d'accouchement assisté est passé de 30 % en 2003 à 56 % en 2010
  • le taux de la première consultation prénatale est passé de 48 % à 81 % durant la même période