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Un élève rassasié apprend mieux — Un moyen efficace d’attirer les filles à l’école au Mali

© ACDI-CIDA/Pierre St-Jacques
Jeune fille africaine dans une classe d'école.
Sans le programme de cantines scolaires, Mariam Walet Mohamed, 11 ans, pourrait être déjà mariée. Ses parents étant très pauvres, ils ont de la difficulté à nourrir leurs dix enfants. S'ils ont permis à Mariam de continuer à fréquenter l'école de Kidal (Mali), c'est parce qu'elle y reçoit un repas complet par jour.

La formule du Programme d'alimentation scolaire du Programme alimentaire mondial (PAM) est bien simple : attirer les enfants affamés à l'école en leur offrant à manger. Un élève au ventre vide n'a pas l'énergie et la motivation d'apprendre. Mais offrez-lui un bon repas et le voilà aussitôt plus alerte, plus performant.

Appliquée depuis quatre décennies, la formule du PAM a fait ses preuves : dès qu'une école offre des repas midi gratuits, la fréquentation scolaire et l'assiduité augmentent. Des études le démontrent indéniablement : les cantines scolaires font augmenter les taux de réussite, stimulent la scolarisation primaire et l'achèvement du cycle.

Au Mali, ces repas du PAM sont constitués de mil et de légumineuses achetés localement ainsi que d'huile végétale importée. Les parents fournissent les cuisinières, le bois de cuisson et les condiments.

« Les dons exemplaires du Canada au programme Des vivres pour l'éducation au Mali sont en train de changer la vie de milliers de jeunes femmes et de jeunes filles…La contribution du Canada se fera encore sentir dans 30 ans, quand les jeunes filles que nous encourageons à aller à l'école aujourd'hui auront fondé leur propre famille. »

James Morris, ancien Directeur exécutif - Programme alimentaire mondial

Dans les familles démunies, envoyer les filles à l'école représente un luxe, puisqu'on se prive ainsi d'une paire de bras. Pour réduire cet écart entre la scolarisation des filles et celle des garçons, le PAM a développé une approche novatrice : offrir des rations sèches à emporter, incitant les parents à scolariser leurs filles au lieu de les mettre au travail. Ainsi, une famille dont la fille fréquente l'école à 80 % durant l'année scolaire, recevra huit litres d'huile par trimestre. « Ça encourage les parents à envoyer leurs filles à l'école », explique Fatimata Sow, chef d'unité, Programme du PAM-Mali.

Institué en 1999 au Mali, le Programme d'alimentation scolaire a donné des résultats appréciables. En 2009, il rejoint 142 781 enfants dans 721 écoles partout au pays. Les taux de scolarisation et les taux de rétention ont augmenté substantiellement. Le nombre de filles inscrites à l'école s'est accru de 25 %. Dans un pays où on a longtemps considéré que le fait d'éduquer une fille était une perte de temps et d'argent, cette augmentation est une preuve tangible de l'évolution des mentalités.

Au cours de la seule année 2009, le Canada a contribué au succès des programmes d'alimentation en milieu scolaire du PAM dans sept pays africains en aidant plus d'un million et demi d'enfants à avoir accès à l'éducation, à se nourrir et à obtenir de bons résultats scolaires :

Nombre d'enfants ayant reçu des repas en 2009 :

  Filles Garçons Filles recevant des rations pour emporter Total par pays
Éthiopie 261 541 220 250 77 947 559 738
Ghana 54 555 78 819 27 506 160 880
Mali 67 108 61 749 13 924 142 781
Mozambique 99 889 88 876 188 765
Niger 76 359 49 623 10 100 136 082
Sénégal 96 385 89 851 186 236
Tanzanie 109 017 104 735 213 752
Total 764 854 693 903 129 477 1 588 234