Notes pour une allocution prononcée par l'honorable Beverley J. Oda ministre de la coopération internationale au Centre Munk d'études internationales
Le 20 mai 2009
Toronto (Ontario)
Présentation de Janice Gross Stein, directrice du Centre Munk d'études internationales de l'Université de Toronto.
Je vous remercie Janice de cette aimable présentation.
Il y a quelques années, un économiste de renom, William Easterly, écrivait que deux tragédies frappaient les pauvres de la terre.
La première est tristement célèbre : l'extrême pauvreté dans laquelle vivent des milliards de personnes dans le monde.
Une vie de potentiel gaspillé, jour après jour, dans la violence et la misère.
La vie de millions d'hommes, de femmes et d'enfants, d'une année à l'autre, qui est fauchée par des maladies que l'on peut prévenir.
La seconde tragédie tient au fait que l'Occident a dépensé 2,3 billions de dollars en aide étrangère au cours d'une cinquantaine d'années, et n'a toujours pas réussi à fournir des médicaments qui ne coûtent que douze cents l'unité à des enfants pour réduire de moitié les mortalités attribuables au paludisme ou de distribuer des moustiquaires de lit d'à peine quatre dollars chacun à des familles démunies.
Mon propos aujourd'hui porte sur les mesures que prendra le Canada pour jouer un rôle de chef de file dans le monde afin de mettre fin à cette seconde tragédie découlant d'une aide inefficace, en vue de mettre fin à la première tragédie, l'extrême pauvreté.
Je ne vous parlerai pas d'un plan en vue d'accroître l'afflux d'aide, bien que le Canada ait sans conteste fait plus que sa part en la matière.
Ce que j'ai à dire n'a pas pour but de plaire à des rocks stars irlandais.
Je vous expliquerai tout simplement les moyens que nous allons prendre pour améliorer l'aide canadienne.
Les mesures que nous prendrons pour accroître le plus possible l'efficacité de notre aide, pour venir en aide réellement aux personnes démunies dans le monde.
Assurer une plus grande efficacité de l'aide a toujours été fort important, et l'est encore plus dans la conjoncture de la crise économique qui sévit à l'heure actuelle.
Jusqu'à présent, la crise économique et financière qui prévaut dans le monde a eu peu d'incidences sur le monde en développement.
Selon les projections du Fonds monétaire international par contre, les perspectives économiques des pays en développement s'assombrissent rapidement.
Cela compromettra les importants gains acquis au cours de la dernière décennie.
Si nous ne passons pas à l'action rapidement et intelligemment, des maladies que l'on peut prévenir feront un plus grand nombre de victimes parmi les enfants; plusieurs devront quitter l'école; les plus vulnérables souffriront des dommages permanents de la malnutrition et de la maladie; et des millions de personnes perdront leur emploi.
Selon les plus récentes prévisions, le marasme économique non seulement empêchera les pauvres de sortir de la misère, mais il risque également de faire sombrer 53 millions de personnes de plus dans la pauvreté.
La Banque mondiale estime qu'une quarantaine de pays à faible revenu sont « hautement vulnérables » puisqu'ils seront sans doute aux prises avec la diminution de la demande et la baisse des prix de leurs marchandises, en plus de la réduction de l'investissement étranger direct.
De toute évidence, l'aide étrangère fera partie de la solution pour atténuer l'incidence de la crise économique dans le monde en développement.
Et je peux vous assurer que le Canada continuera de faire sa part pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin.
Permettez-moi de vous fournir quelques exemples.
Notre gouvernement est sur la bonne voie pour doubler son aide internationale, grâce à un budget annuel prévu de 5 milliards de dollars d'ici 2010-2011.
De plus, nous avons réussi à respecter notre engagement envers le G8 de doubler notre aide à l'Afrique, dont le total s'élève à 2,1 milliards de dollars cette année.
Par ailleurs, nous avons pris des engagements pour appuyer le développement dans les Amériques, en Europe de l'Est, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, y compris en Afghanistan.
Ce qui est plus important encore, le Canada respecte ses engagements, ce qui malheureusement n'est pas le cas de tous les pays.
Lorsque ce gouvernement s'engage, il passe à l'action.
Or, la crise économique a également pour effet que les contribuables canadiens, plus que jamais, s'attendent que l'on tire le meilleur parti de leurs impôts.
Ils veulent s'assurer que, si l'on consacre davantage de leur argent à l'aide internationale, ce financement transforme réellement la vie des gens qui en ont besoin.
Ils veulent des retombées réelles et des résultats clairs.
Quels sont les facteurs clés pour améliorer l'aide - pour en accroître l'efficacité?
Viser l'efficience, pour optimiser chaque dollar consacré à l'aide;
Cibler les activités et en établir l'ordre de priorité pour en maximiser l'impact et les résultats;
Assurer une plus grande transparence et responsabilisation, afin de renseigner les Canadiens sur les changements qu'apportent l'argent des contribuables dans le monde en développement.
Lorsque le premier ministre m'a nommée ministre de la Coopération internationale en 2007, il m'a confié le mandat de veiller à la bonne marche de nos activités afin d'améliorer notre aide.
Dans les budgets fédéraux et les discours du Trône indiquant la voie à suivre, notre gouvernement s'est clairement engagé à tout mettre en oeuvre pour que l'aide internationale canadienne soit plus efficiente, plus ciblée et plus responsable.
Sachant clairement où me diriger, j'ai fait d'une plus grande efficacité de l'aide ma principale priorité.
Je veux m'assurer que notre aide améliore réellement les conditions des gens qui vivent dans la pauvreté.
Permettez-moi maintenant de vous exposer la voie dans laquelle nous nous engageons pour accroître l'efficacité de l'aide canadienne.
Je vous expliquerai en premier lieu de quelle manière nous tirons le maximum de l'argent de nos contribuables par une plus grande efficience.
Pendant des dizaines d'années, il était courant que les pays donateurs consentent une aide en imposant des conditions.
L'aide liée était autant une façon se s'aider soi-même que de venir en aide aux personnes aux prises avec la pauvreté.
L'année dernière encore, la moitié de l'aide alimentaire canadienne devait être achetée au Canada.
Et plus du tiers d'autres types d'aide de notre pays étaient liés à l'achat de biens et de services de fournisseurs canadiens.
Ce gouvernement est fier de l'agriculture canadienne. Or parfois, acheter de la nourriture sur place aurait coûté moins cher que de l'expédier à l'autre bout de la planète depuis le Canada.
Parfois, l'expertise locale aurait tout aussi bien fait l'affaire que celle fournie au Canada, mais à un coût moindre.
En liant l'aide, on en obtenait moins pour notre argent.
De fait, selon les estimations de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l'aide liée augmente de quelque 30 % les prix imposés inutilement aux pays en développement - et de 35 % dans le cas de l'aide alimentaire.
Cette situation était fort injuste pour eux, et n'a rien à voir avec l'efficience à laquelle s'attend de nous la population canadienne.
C'est pourquoi en avril 2008, j'ai annoncé que l'aide alimentaire canadienne serait immédiatement totalement déliée.
Au lieu d'expédier de la nourriture, nous fournissons désormais de l'argent à des organismes tels que le Programme alimentaire mondial, qui ensuite achète la nourriture la plus indiquée aux meilleurs prix dans les régions les plus près des populations affamées.
La directrice générale du Programme alimentaire mondial, Josette Sheeran, a remercié l'ensemble de la population canadienne pour cette mesure et a affirmé que le gouvernement du Canada compte parmi ses partenaires les plus sûrs et les plus novateurs aux avant-postes de la lutte contre la faim.
Nous donnons suite à nos engagements, et nous obtenons des résultats concrets.
Dans la même veine, j'ai également annoncé en septembre dernier que nous délierons totalement notre aide d'ici 2012-2013.
Cette directive s'étendra à tous les biens et services nécessaires à nos activités d'aide internationale, et non pas seulement à l'aide alimentaire.
Les mesures que nous prenons pour accroître l'efficience de notre aide ne se résument pas uniquement à des questions de financement.
Dans le cadre de nos propres activités, nous envoyons 15 % de nos employés de l'administration centrale de l'ACDI sur le terrain, en leur confiant davantage de responsabilités et en leur accordant une plus grande latitude.
Ainsi, notre personnel sera en relation plus étroite avec nos partenaires sur le terrain, en plus d'être davantage en mesure d'évaluer les besoins locaux et de prendre par conséquent des mesures plus efficaces, dans les meilleurs délais.
L'on évite par ailleurs de concocter des plans grandioses à Ottawa pour au lieu mettre au point localement des solutions réalistes.
Cela signifie que notre aide permettra d'obtenir de meilleurs résultats et sera plus efficace.
Être plus efficace signifie également concentrer nos ressources pour obtenir le plus grand impact possible.
Ce qui m'apporte à parler de notre deuxième principe de l'efficacité de l'aide : cibler davantage l'aide.
Pendant bien trop longtemps, l'aide bilatérale du Canada - laquelle représente actuellement 53 % du budget global de l'aide de l'ACDI - était tellement dispersée entre un trop grand nombre de pays et de thèmes qu'il était difficile de déterminer si elle faisait une différence en fin de compte.
Ce n'est plus le cas maintenant.
En février, j'ai annoncé que l'ACDI investirait 80 % de ses ressources bilatérales dans 20 pays ciblés.
Nous avons choisi ces 20 pays à la lumière de leurs besoins réels, de leur capacité à bénéficier de cette aide et de la mesure dans laquelle ils répondent aux priorités de la politique étrangère canadienne.
Pour s'assurer d'être constants, tout changement à la liste des 20 pays devra désormais être approuvé par le Cabinet.
Autrement dit, les priorités de l'ACDI seront stratégiques et à long terme, et non pas dictées par les manchettes de l'heure.
Ainsi que je l'ai précisé par le passé, d'autres pays continueront de bénéficier d'une aide canadienne, de diverses façons : par exemple par des activités d'aide humanitaire et celles de la Direction générale du partenariat canadien, qui appuie les travaux d'organisations non gouvernementales (ONG) dans de nombreux pays.
La différence maintenant, c'est que notre aide sera beaucoup plus ciblée qu'auparavant.
Et puisqu'il serait impossible de tenter de combler tous les besoins d'un pays par nos seuls moyens, nous devons également envisager le thème sur lequel doit porter notre aide.
Jusqu'à tout dernièrement, nos efforts étaient littéralement dispersés entre des douzaines d'activités différentes, reproduisant ainsi le modèle de décennies de pratiques politiques et bureaucratiques, tant à l'intérieur du Canada qu'au sein des agences multilatérales.
En étant aussi maigrement réparti, notre financement n'a pas eu autant de retombées qu'il aurait pu ou qu'il aurait dû avoir.
Nous devons cibler notre aide en fonction de certains thèmes, tout comme nous l'avons fait par le choix de certains pays.
Je vais donc vous faire part aujourd'hui des prochaines mesures que nous prendrons pour mieux cibler l'aide canadienne.
Nous avons retenu trois thèmes prioritaires qui guideront le travail futur de l'ACDI : accroître la sécurité alimentaire, stimuler une croissance économique viable et assurer aux enfants et aux jeunes un avenir meilleur.
Ces dernières années, la crise alimentaire a retenu l'attention du monde entier.
Selon les estimations de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le nombre de personnes souffrant de malnutrition dans le monde a augmenté de 75 millions en 2007 et de 40 millions en 2008, en raison surtout des prix plus élevés des aliments.
Trois tiers des 963 millions de personnes aux prises avec la malnutrition et la faim dans le monde vivent en Asie; une personne sur trois en Afrique subsaharienne souffre continuellement de la faim et, en raison de la hausse des prix des aliments, le nombre de personnes affamées en Amérique latine et dans les Caraïbes a augmenté à 51 millions.
Malgré la stabilisation des prix des aliments dernièrement, ceux-ci demeurent élevés et continueront sans doute de fluctuer.
De plus, les causes de la crise alimentaire - y compris le peu d'investissements dans la production agricole et l'importance accordée aux exportations - ne sont pas disparues.
Cela est grave parce que la Banque mondiale estime que la croissance du PIB dans le secteur agricole contribue à accroître de deux à quatre fois plus les revenus des pauvres que la croissance du PIB dans d'autres secteurs de l'économie.
La facilité d'accès à la nourriture est un besoin humain fondamental.
À défaut d'un approvisionnement en nourriture, le développement est impossible.
C'est pourquoi l'ACDI accorde une si grande priorité aux activités visant à améliorer l'accès à une nourriture saine et nutritive, aussi bien par l'amendement de sols agricoles que par l'initiation à des techniques agricoles écologiquement responsables ou la distribution de micronutriments.
En raison du rôle de premier plan de la croissance économique pour vaincre la pauvreté ainsi que des risques associés à la crise économique actuelle, notre deuxième priorité thématique consiste à stimuler une croissance économique viable.
La croissance économique est le meilleur moyen d'aider les gens à s'affranchir de façon permanente de la pauvreté, ainsi qu'en témoignent quantité d'exemples dans des pays asiatiques, latino-américains et africains.
Nous appuierons des projets qui visent à accroître le taux de croissance d'une économie, notamment par l'intermédiaire du secteur privé, à qui sont attribuables neuf emplois sur dix dans les pays en développement.
La formation professionnelle, le microcrédit et le bon fonctionnement des structures du marché contribuent tous à favoriser la croissance économique, tout comme les mesures visant à atténuer le plus possible les incidences environnementales de cette croissance.
Par les activités s'inscrivant dans le cadre de notre troisième thème prioritaire - assurer aux enfants et aux jeunes un avenir meilleur -nous affrontons l'une des tragédies les plus épouvantables de notre époque : le décès de dix millions d'enfants chaque année, victimes de maladies que l'on peut prévenir.
Dix millions d'enfants ne perdraient pas la vie, chaque année, si seulement ils avaient eu accès à des médicaments qui ne coûtent que 12 cents l'unité ou à des moustiquaires de lit d'à peine quatre dollars chacun.
Notre gouvernement a grandement contribué à empêcher une augmentation du nombre de décès d'enfants chaque année.
Nous avons contribué 105 millions de dollars à l'Initiative pour sauver un million de vies, pilotée par le Canada, pour maintenir les enfants en santé.
La vaccination contre la polio est au nombre de nos projets de premier plan en Afghanistan et notre objectif est de l'éradiquer d'ici la fin de 2009.
Nous avons consenti un financement de plus de 700 millions de dollars au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et de 200 millions au partenariat Halte à la tuberculose pour offrir encore plus de traitements contre la tuberculose que jamais auparavant.
Mais nous devons faire plus… Et nous ferons davantage.
Garder les enfants en vie n'est qu'une partie de l'équation; nous voulons également qu'ils grandissent et s'épanouissent.
Il est vrai que le taux de mortalité infantile a diminué de 30 % dans les pays en développement depuis 1990, mais de nos jours encore, près de 10 millions de jeunes enfants meurent chaque année dans ces pays, dont 40 % sont des nouveau-nés.
Nous prendrons des mesures visant à améliorer la santé des femmes et nous fournirons aux enfants une éducation et une formation de base de qualité afin qu'il puissent prendre part à l'essor de leur milieu.
De telles mesures sont tout particulièrement importantes en ce moment, puisque 67 pays connaissent un tsunami de la jeunesse, comme on l'appelle parfois, c'est-à-dire que jusqu'à 60 % de la population a moins de 30 ans.
D'ici 2020, quelques-uns des pays les plus pauvres du monde et, souvent, les plus politiquement instables - entre autres l'Afghanistan, le Pakistan et la Colombie - compteront les plus fortes populations de jeunes; par ailleurs, les enfants et les jeunes (de moins de 18 ans) composent actuellement plus de 50 % de la population totale de bien des pays en développement.
Ces trois thèmes seront au coeur des activités de mon ministère, l'ACDI. Globalement, le gouvernement affectera des sommes destinées à l'aide à des activités relevant de deux thèmes complémentaires. Ces thèmes de politique étrangère sont : promouvoir la démocratie et assurer la sécurité et la stabilité.
La démocratie n'est pas un luxe de richard, et non plus le produit inévitable de la croissance économique.
Il faut promouvoir activement la démocratie au sein des sociétés et, une fois qu'elle s'y est implantée, il faut la sauvegarder avec une vigilance sans faille.
La démocratie n'est pas une abstraction théorique ou une vanité occidentale.
La démocratie est un facteur essentiel du développement et les valeurs démocratiques sont fondamentales pour les Canadiens, qui s'inquiètent de plus en plus du nombre croissant de démocraties déchues ou en déroute dans le monde.
C'est pourquoi notre gouvernement s'est engagé à créer un nouvel organisme de promotion de la démocratie.
Nous le voyons bien en Afghanistan, il ne peut pas y avoir de développement sans sécurité et stabilité.
Un milliard de personnes les plus pauvres de la planète habitent actuellement dans des États où leurs tentatives pour améliorer leurs conditions de vie sont contrecarrées par l'activité criminelle, la violence, l'insécurité et la sédition.
Assurer la sécurité et la stabilité est de la plus haute importance, et les mesures prises par le Canada mettront à profit son esprit d'engagement et les leçons apprises dans des pays tels que l'Afghanistan, Haïti et le Soudan.
Nous visons à tout mettre en oeuvre pour que les besoins fondamentaux des gens soient comblés, tout en aidant les pays à acquérir leur autonomie gouvernementale.
Permettez-moi d'ajouter un dernier commentaire au sujet de nos priorités : il nous est impossible de donner suite à nos priorités bilatérales et thématiques tout en ignorant les questions associées à la gouvernance, à l'environnement et à l'égalité entre les hommes et les femmes.
Ces considérations cruciales ne seront plus jamais parquées dans des silos et mises en évidence de temps en temps pour des raisons politiques; désormais, elles feront partie intégrante de toutes nos activités.
Et évidemment nous poursuivrons nos travaux visant à promouvoir la liberté, les droits de la personne et la primauté du droit.
J'ai parlé des deux premiers principes de notre démarche visant une plus grande efficacité de l'aide : une plus grande efficience et une aide davantage ciblée.
J'aimerais terminer maintenant par quelques commentaires portant sur le dernier principe : la responsabilisation.
En 2006, le premier ministre Harper a instauré la Loi fédérale sur la responsabilité, afin que le gouvernement fédéral rende davantage des comptes à la population canadienne.
C'est dans cet esprit que nous sommes déterminés à renforcer la surveillance et l'évaluation de notre programme d'aide.
À titre d'exemple, nous retiendrons les services de vérificateurs indépendants pour mesurer les résultats obtenus.
Et nous invitons des gens de l'extérieur à siéger au Comité d'évaluation interne de l'ACDI.
La responsabilisation consiste également à bien renseigner les Canadiens.
Ainsi, en plus de soumettre notre rapport annuel au Parlement, j'ai demandé que l'ACDI produise dorénavant un rapport sur « Le développement axé sur les résultats », afin de montrer aux contribuables canadiens que leur aide contribue réellement à un monde meilleur.
Nous mettrons tout en oeuvre pour renseigner la population sur les résultats significatifs que nous avons obtenus, et nous ferons ouvertement part des revers qui contrecarrent parfois nos meilleures intentions.
Notre gouvernement conservateur a fait une promesse aux Canadiens.
Il s'est engagé à faire de l'aide internationale canadienne un programme plus efficient, mieux ciblé et plus responsable.
Bref : plus efficace.
Nous avons donné suite à cet engagement en déliant l'aide… en ciblant davantage nos activités bilatérales et thématiques… et en améliorant la responsabilisation.
Je suis bien consciente que ces mesures ne seront pas toutes nécessairement populaires.
Certains se plaindront parce que nous n'appuyons pas ce projet-ci ou ce projet-là.
Mais il faut bien le reconnaître, établir des priorités consiste à faire des choix.
Notre gouvernement est convaincu qu'il est important pour les Canadiens de venir en aide à l'Afghanistan, à Haïti et à des pays de l'Afrique et des Amériques, et que ceux-ci ont besoin de notre soutien.
Nous croyons qu'il est important pour les Canadiens que les gens aient suffisamment à manger et bénéficient d'un emploi, que tous les enfants du monde puissent vivre en santé et en sécurité et qu'ils ont grand besoin de notre aide.
Si quelqu'un a de meilleures idées, je suis à l'écoute.
Mais d'ici à ce que le Cabinet et moi-même puissent être convaincus qu'il y a mieux à faire, voilà ce que nous ferons et voilà les priorités que nous avons établies.
La première tragédie dans le monde en développement est la pauvreté dans laquelle vivent des milliards de personnes.
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles cela est ainsi, dont certaines remontent à plusieurs siècles passés.
Le Canada ne peut pas tout faire par lui-même pour mettre fin à cette tragédie.
Mais il est entièrement dans notre pouvoir de régler la seconde tragédie, celle d'une éventuelle inefficacité de l'aide canadienne.
En assurant l'efficacité de notre aide, nous pouvons jouer un rôle de chef de file dans le monde pour mettre fin à la seconde tragédie, et ainsi progresser beaucoup plus rapidement pour vaincre l'extrême pauvreté, la première tragédie.
L'aide peut - et doit - être améliorée.
Par une plus grande efficience et responsabilisation et en ciblant mieux les activités, nous l'améliorons déjà, dans le cadre d'une démarche inédite dans le domaine de l'aide canadienne.
Nous continuerons d'améliorer notre aide.
Voilà ce dont les pauvres du monde ont besoin, et c'est ce que les Canadiens nous demandent de faire.
Merci.