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Former des professionnels de la santé de première ligne au Mali

Un étudiant manipule des instruments médicaux devant un groupe © ACID-CIDA/Samuel Gervais
L'ACDI soutient l'amélioration du système de santé malien par la formation des paramédicaux. Pendant leurs cours pratiques, des étudiantes et étudiants apprennent notamment la délicate manipulation d'instruments stériles.
L'ACDI aide le Mali à améliorer son système de santé en appuyant la formation de professionnels de la santé de première ligne. « C'est tout un défi à relever, mais la volonté des gens d'ici nous anime », dit Noëlla Gagnon, une conseillère canadienne en développement pédagogique. Lors de la première phase de ce projet financé par l'ACDI et mis en oeuvre par le Groupe de consultation du Centre de coopération internationale en santé et développement et le Cégep de Saint-Jérôme, trois écoles ont été fusionnées en un Institut national de formation en sciences de la santé (INFSS). Alors qu'autrefois les futurs infirmiers et infirmières, sages-femmes, techniciens et techniciennes en pharmacie et en laboratoire fréquentaient des écoles distinctes, ils sont maintenant regroupés avec les futurs techniciens et techniciennes en anesthésie, en ophtalmologie et en otorhinolaryngologie afin de profiter d'une formation cohérente et complète.

Ancienne infirmière québécoise, Noëlla Gagnon possède une longue expérience en gestion et en enseignement des soins infirmiers. Dans le cadre de ses fonctions à l'INFSS, elle a examiné 20 programmes différents, élaboré des guides d'enseignement théorique et pratique et instauré des stages en milieu clinique, des ateliers et des cours de formation pour les formateurs. « Ce n'est pas pour rien que le projet dure sept ans », plaisante‑t‑elle, tout de même confiante devant l'ampleur de la tâche.

Son collègue Claude Chayer est tout aussi motivé. Ce conseiller en développement organisationnel a cerné les besoins administratifs du nouvel institut, recommandé des méthodes de gestion des ressources humaines, développé des outils informatiques et élaboré une réglementation, des organigrammes et des descriptions de tâches. Son but : la gestion autonome de l'INFSS. « Nous comptons bien mettre en place des structures qui dureront, affirme‑t‑il. Nous visons la prise en charge de ces processus par les Maliens. »

En plus de rendre l'Institut autonome, les deux conseillers espèrent son rayonnement national, tout comme son secrétaire général, Amadou Sow : « Nous voulons étendre le leadership et la crédibilité de l'INFSS à l'ensemble du Mali. »

Lorsque le projet a démarré, les défis à relever étaient énormes. À quelques mètres d'une salle de classe bondée où le professeur enseignait la délicate manipulation d'instruments stériles, des poules se promenaient sur un campus sans poubelles. Le peu de matériel médical disponible et le manque d'hygiène s'avéraient d'importants obstacles, selon Mme Gagnon.

Aujourd'hui, il y a assez de classes et de matériel pour tous les étudiants, ce qui favorise leur apprentissage. L'Institut compte aussi une nouvelle bibliothèque, un centre de formation, un laboratoire informatique, un poste de soins infirmiers et une cantine.

Selon l'évaluation à mi-parcours effectuée en novembre 2008, l'INFSS dispose désormais des principaux outils et systèmes de gestion dont il a besoin pour appliquer une méthode de gestion axée sur les résultats. Sept de ses dix‑huit programmes d'enseignement (dont ceux en soins infirmiers et obstétriques, en radiologie, en assainissement et en hygiène) ont été modifiés pour intégrer une approche axée sur les compétences plutôt qu'une approche théorique. On a formé un groupe d'enseignants à la conception de programmes d'études. Les premiers étudiants à avoir profité de l'approche axée sur les compétences ont obtenu leur diplôme en juillet 2009.

L'ACDI a approuvé la deuxième phase du projet, qui s'étendra de 2010 à 2017, afin de poursuivre cet important travail consistant à mettre en place un centre efficace de formation en soins de santé et à fournir aux diplômés une formation axée sur les compétences. Selon l'évaluation menée en 2008, l'INFSS pourrait devenir un modèle non seulement pour le Mali mais pour l'ensemble de la région.

Ce projet est l'un des nombreux projets que finance l'ACDI en Afrique et qui visent à y renforcer les systèmes de santé et à faire avancer les Objectifs du Millénaire pour le développement. Il correspond au thème prioritaire de l'ACDI consistant à assurer l'avenir des enfants et des jeunes.