À Narsingdi (Bangladesh), Amena Akhter montre les livres qu'elle aura la chance de lire grâce au programme de lecture offert aux jeunes filles une fois par semaine au centre de lecture Kishorikendro.
À Haïti, une fillette de 12 ans et sa soeur de 10 ans passent leurs journées à travailler dans les champs avec leur mère. Le soleil des tropiques est brûlant et le travail est toujours difficile et épuisant. Les deux filles préféreraient être à l'école avec leurs frères, mais leur père leur a dit que les filles n'avaient pas besoin de s'instruire.
En Chine, un passant remarque sur le bas-côté d'une route de campagne un petit paquet de guenilles dont sortent des pleurs. Il le ramasse et regarde à l'intérieur. C'est une petite fille qui vient de naître. Le passant n'est pas étonné. En Chine, il arrive souvent que des parents abandonnent les filles à la naissance parce que la culture chinoise accorde la préférence aux garçons.
Bien qu'ils vivent aux antipodes et que les circonstances de la vie soient différentes, les fillettes haïtiennes et les petites Chinoises ont le même problème. Elles sont victimes de discrimination sexuelle.
Qu'est-ce que la discrimination fondée sur le sexe?
La discrimination fondée sur le sexe fait en sorte que les filles et les femmes n'ont pas les mêmes chances que les garçons et les hommes sur le plan des études, de la carrière, de l'influence politique et de l'avancement économique. De plus, lorsque les femmes accomplissent les mêmes tâches rémunérées que les hommes, il arrive souvent qu'elles soient moins payées qu'eux et que les avantages liés à leur travail soient moins nombreux. Même dans les pays industrialisés et bien développés comme le Canada, la rémunération des femmes se compare en moyenne à 77 % de celle des hommes. Dans les pays en développement, cette proportion est plus faible : 73 %.
La regrettée Charlotte Whitton, première femme mairesse d'Ottawa, capitale du Canada, avait sans doute trouvé la meilleure formule pour décrire la situation : « Quoi que fassent les femmes, elles doivent faire deux fois mieux que les hommes pour qu'on pense qu'elles sont à moitié aussi bonnes… »
Équité et égalité : quelle est la différence ?
L'équité entre le sexes est le fait d'être juste envers les femmes et les hommes. Afin d'assurer cette équité, il faut souvent adopter des mesures qui compensent les désavantages historiques et sociaux qui ont empêché les femmes et les hommes de profiter de chances égales. L'équité mène à l'égalité. »
La discrimination fondée sur le sexe existe partout, même dans les pays comme le Canada qui ont des lois contre la discrimination et adhèrent à des accords internationaux favorisant l'égalité entre les sexes.
La majorité de la communauté internationale appuie en principe plusieurs accords qui garantissent l'égalité entre les sexes :
La Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée le 10 décembre 1948, dit : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits »
La Conférence mondiale de Vienne sur les droits de l'homme a mis l'accent sur l'inégalité entre les sexes et déclaré clairement que les droits de la femme faisaient partie des droits de l'homme.
La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, adoptée en 1979, définit la discrimination contre les femmes et propose un programme d'action visant à éliminer cette discrimination.
Charte canadienne des droits et libertés
15. (1) La loi ne fait acception de personne et s'applique également à tous, et tous ont droit à la même protection et au même bénéfice de la loi, indépendamment de toute discrimination, notamment des discriminations fondées sur la race, l'origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, le sexe, l'âge ou les déficiences mentales ou physiques.
(2) Le paragraphe (1) n'a pas pour effet d'interdire les lois, programmes ou activités destinés à améliorer la situation d'individus ou de groupes défavorisés, notamment du fait de leur race, de leur origine nationale ou ethnique, de leur couleur, de leur religion, de leur sexe, de leur âge ou de leurs déficiences mentales ou physiques. (Référence)
Pourquoi la discrimination sexuelle existe-t-elle ?
Il y a probablement autant de raisons à la discrimination fondée sur le sexe qu'il y a de personnes qui la pratiquent. Les causes profondes ont des origines culturelles, la culture étant ce qui détermine dans chaque société la façon « dont les choses se font » et la conception qui justifie ces comportements. Les attentes au sujet des attributs des femmes et des hommes, des comportements qu'ils doivent adopter et des relations entre eux - essentiellement des notions liées au genre - sont modelées par la culture.
Dans la plupart des sociétés, il se dégage des tendances claires dans la définition du « travail des femmes » et du « travail des hommes », aussi bien au foyer que dans la société, et dans la justification culturelle de cette répartition. Les tendances et les justifications varient d'une société à l'autre et évoluent avec le temps.
Si les relations entre les sexes varient d'une société à l'autre, la tendance générale veut que les femmes aient moins d'autonomie personnelle, moins de ressources à leur disposition et une influence limitée dans la prise des décisions qui modèlent leur société et leur propre vie.
Dans les faits, l'égalité entre les sexes veut dire simplement que les hommes et les femmes peuvent exercer leurs droits et réaliser leur plein potentiel humain, sans égard à leur sexe.
Pourquoi s'opposer à la discrimination entre les sexes?
Les femmes ont une énorme influence sur le bien-être de leur famille et de leur société. Lorsqu'un pays éduque aussi bien ses filles que ses garçons, la productivité économique augmente, les taux de mortalité maternelle et infantile diminuent et les perspectives de la génération suivante en matière de santé et d'éducation s'améliorent. Refuser ou négliger d'instruire les femmes, c'est perpétuer le cycle de la pauvreté, ce qui est reconnu dans les Objectifs du Millénaire pour le développement de l'ONU, ensemble d'objectifs qui définissent les améliorations à apporter dans tous les domaines du développement humain d'ici 2015 et qui aideront le monde à se rapprocher de l'idéal d'une vie meilleure.
L'égalité entre les sexes est au nombre des Objectifs du Millénaire pour le développement, car tous les autres objectifs en dépendent : assurer l'éducation primaire pour tous, réduire l'extrême pauvreté et la faim, améliorer la santé maternelle, réduire la mortalité des enfants, combattre le VIH/sida et d'autres maladies, assurer un environnement durable et mettre en place un partenariat mondial pour le développement.
En Afrique subsaharienne, région où 58 p. cent des personnes infectées par le VIH/sida sont des femmes, des projets comme le Centre communautaire Bauze pour jeunes en Zambie offrent une éducation et un appui liés au VIH/sida.
Que fait le Canada?
Le gouvernement du Canada appuie les Objectifs du Millénaire pour le développement, et, par l'intermédiaire de l'ACDI, il collabore aussi avec des organisations non gouvernementales (ONG) et des institutions non gouvernementales pour lutter contre la discrimination fondée sur le sexe et améliorer la vie des femmes et des filles dans le monde entier.
Un exemple digne de mention est une étude innovatrice réalisée par une ONG indienne, Sakshi, sur les préjugés à l'égard des femmes dans le système de justice en Inde. L'étude, soutenue financièrement par l'ACDI, a mis en lumière des conceptions erronées très répandues chez les juges au sujet des femmes victimes de violence. L'étude a déclenché un mouvement de réforme dans toute l'Asie du Sud. D'autres organisations réalisent des travaux semblables, comme Proshika Kendra, au Bangladesh, et Women's Voice, au Sénégal.
Autre exemple : l'ACDI appuie la Banque Grameen dans ses programmes de microprêts d'une cinquantaine de dollars aux très pauvres, dont la plupart sont des femmes. Ce microcrédit, en plus d'une formation en techniques commerciales de base, les aide à démarrer de petites entreprises. Les participantes relèvent ainsi le niveau de vie de leur famille et leur statut social et acquièrent des connaissances et la confiance nécessaire pour jouer des rôles plus dynamiques dans les activités sociales et politiques. Il importe de signaler que 98 % des microprêts sont remboursés au complet.
Pendant le régime des Talibans, en Afghanistan, l'ACDI a financé des « écoles parallèles » qui ont continué d'instruire les filles. Les enseignants et les familles étaient sévèrement punis s'ils étaient surpris. Aujourd'hui, l'ACDI et Care Canada offrent l'éducation primaire dans plus d'une centaine d'écoles publiques en Afghanistan, dispensent des cours aux enseignants, procurent des fournitures scolaires et construisent des salles de classe.
S'informer davantage. Visiter les sites de l'ACDI consacrés à l'égalité entre les sexes ou lire des publications comme Gender Equality and the Millennium Development Goals (en anglais seulement), sur le site de la Banque mondiale.
Parler à vos parents, enseignants et amis des différences qui existent dans les conditions de vie des garçons et des filles, des hommes et des femmes. Organiser un débat en classe sur la question.
Parler à vos grands-mères et leur demander comment leur vie a changé depuis l'époque où elles étaient petites filles. Ou leur demander quels changements elles auraient souhaités.
Vous exprimer sur le sujet. Écrire un article pour le journal de l'école ou une lettre au rédacteur du quotidien local ou d'un hebdomadaire.
Organiser une campagne de financement pour aider un refuge local qui accueille les femmes maltraitées et leurs enfants. Ou contribuer à une des organisations que le Canada appuie pour aider des femmes à l'étranger.