Le Canada apporte un aide au développement à l'Afrique du Sud depuis 1979. Avant les élections nationales démocratiques tenues en avril 1994, cette aide, qui était fondée sur des initiatives axées sur les collectivités et les ressources humaines, était acheminée par l'entremise d'organisations multilatérales et d'organisations non gouvernementales canadiennes et sud-africaines. Après les élections, le Canada a mis en place un programme d'aide bilatérale, ou de pays à pays, pour l'Afrique du Sud.
Les habitants de Polokwane, en Afrique du Sud, utilisent leurs talents en couture afin de recueillir des fonds pour soutenir les personnes atteintes du VIH/sida dans leur collectivité.
Le Cadre de programmation de l'ACDI pour l'Afrique du Sud traduit un consensus entre l'Agence et le Trésor national de l'Afrique du Sud (en anglais seulement) quant au bien-fondé et aux possibilités, pour l'ACDI, d'appuyer le renforcement des capacités en vue d'améliorer la prestation des services aux citoyens les plus défavorisés d'Afrique du Sud. L'établissement de partenariats avec des organisations de la société civile, des organisations non gouvernementales, des institutions d'éducation et le secteur privé a pour effet d'accroître la capacité des institutions et des organisations locales de participer à un dialogue fructueux avec le gouvernement et de défendre leurs causes.
L'amélioration des services vise quatre secteurs :
VIH/sida - Réduire et stabiliser l'incidence et l'impact du VIH/sida, en mettant l'accent sur la prévention; le traitement, les soins et le soutien; les droits légaux et les droits humains; le suivi, la recherche et l'évaluation.
Gouvernance - Améliorer l'accès aux services sociaux, en appuyant la mise en place de principes démocratiques, de pratiques de bonne gouvernance et de politiques de réformes juridiques, et en accroissant la capacité de l'Afrique du Sud d'offrir des services aux citoyens démunis et vulnérables.
Développement rural - Améliorer l'accès des petits exploitants agricoles aux services techniques et organisationnels, en offrant de l'expertise et de la formation, étant donné que les zones rurales ont été plus particulièrement défavorisées sous le régime de l'apartheid.
Coopération régionale - Appuyer les initiatives d'Afrique du Sud qui contribuent à la stabilité et à la coopération régionales, en appuyant les transferts de compétences (axés sur la demande et mutuellement avantageux) entre l'Afrique du Sud et les pays voisins, afin d'éviter l'instabilité politique, les conflits, l'extrême pauvreté, les crises humanitaires et les migrations massives.
L'assistance technique fournie par l'intermédiaire de la Fondation Abri International a permis d'apporter des améliorations novatrices au programme de subventions au logement social et aux mécanismes de mise en oeuvre du Département du logement de la province de Gauteng. Le projet a également permis de créer des groupes de ressources techniques, lesquels aident à orienter et à renforcer la politique de l'Afrique du Sud sur le logement qui a été rendue publique récemment.
Grâce au Fonds d'intervention d'urgence pour le VIH/sida, on a amélioré la capacité des organisations et du gouvernement d'intégrer la question de l'égalité entre les sexes dans leurs initiatives et de mettre en oeuvre les plans stratégique et opérationnel de l'Afrique du Sud en matière de lutte contre le VIH/sida.
Depuis les élections de 1994 qui ont mis fin à l'apartheid et qui visaient à créer une société multiculturelle équitable, l'Afrique du Sud est devenue un pays qui jouit d'une solide démocratie, d'une force économique, de réalisations sur le plan social et d'un développement avancé.
Depuis la transition vers la démocratie, nombre d'aspects de la vie en Afrique du Sud se sont améliorés. Le gouvernement s'est fermement engagé à réduire l'inégalité et la pauvreté.
Pourtant, on observe toujours des disparités au niveau du développement humain, que ce soit pour la répartition du revenu, l'emploi ou l'accès aux services essentiels comme la santé, l'éducation et l'eau. La pauvreté et les disparités, qu'a exacerbées la pandémie de VIH/sida, menacent les gains acquis et la stabilité démocratique en Afrique du Sud.
L'épidémie de VIH/sida
L'Afrique du Sud compte le plus grand nombre de personnes vivant avec le VIH/sida. À la fin de 2003, 21,5 % de la population adulte, soit 5,3 millions de personnes, était infectée par le virus. Par conséquent :
On prévoit que l'espérance de vie chutera pour passer de 60 ans à 40 ans d'ici 2008. Quelque 370 000 adultes et enfants sont morts du sida en 2003.
Le secteur de l'éducation perd ses meilleures ressources humaines. En 2004, 4 000 enseignants sont morts du sida; 85 % d'entre eux avaient moins de 45 ans. Près de 45 000 enseignants sur 356 000 sont séropositifs.
On estime que 26 % des travailleurs sont séropositifs. L'Afrique du Sud devra donc composer avec une population active réduite, plus jeune et moins expérimentée.
On estime que 1 100 000 enfants ont perdu leur mère, leur père ou les deux parents au sida.
Les femmes risquent davantage d'être infectées en raison de facteurs psychologiques, sociaux et économiques.
En 2004, 29,5 % des femmes qui ont consulté pour passer des examens prénatals ont été diagnostiquées séropositives.